Hausse des prix du carburant : "4 centimes de remise, le gouvernement se fout de nous"… Les agriculteurs prêts à se mobiliser à nouveau

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La Coordination rurale se dit prête à se mobiliser si aucune aide supplémentaire sur le gasoil non routier n’est annoncée. La Confédération paysanne, elle, annonce des actions le 17 avril pour protester contre les traités de libre-échange signés par l’Union Européenne.

La signature du traité de libre-échange entre l’Union Européenne et les pays du Mercorsur avait servi de carburant à leur mécontentement en fin d’année 2025. Les agriculteurs avaient investi des ronds-points, bloqué des autoroutes, fait remonter leurs revendications en tracteurs jusque dans la capitale, face à l’Assemblée nationale. Le mercredi 21 janvier, les députés européens avaient voté pour la suspension de cet accord commercial, reportant son application à plus tard et assombrissant considérablement son avenir.

Flambée des engrais azotés

Fort de cette victoire, le monde agricole était retourné dans ses fermes. Le voilà aujourd’hui frappé de plein fouet par la hausse du prix du gasoil, au même titre que de nombreuses branches professionnelles. À bas bruit, on sent la colère se reformer face à la faiblesse des mesures d’aides annoncées par le gouvernement. Au point de ressortir très vite les tracteurs et les barricades ?

« Le tarif du gasoil cristallise la colère, confirme Laurent Crouzet, coprésident de la Coordination rurale 34. L’état se fout de nous en nous exonérant de droit d’accise sur le gasoil non routier : 4 centimes de remise, c’est une misère alors que le prix est monté à 1,24 € le litre. Il a plus que doublé en un mois. Alors oui, il y aura très certainement des actions. Pour l’instant on se concerte, beaucoup de collègues ont encore pas mal de boulot, de tailles à finir. Mais je crois que si ça continue, on va ressortir les tracteurs. » Quand la crise s’installe durablement dans un secteur, c’est toute l’économie satellite de la filière qui est éclaboussée. « La crise en Iran a un impact fort, nous le ressentons aussi, confirme Martin Magne, directeur du développement du groupe Magne, basé à Florensac, spécialisé dans l’agrofourniture et qui emploie 230 salariés dans tout le Languedoc-Roussillon via cinq sociétés. On distribue énormément dans la région et nous avions peu de stock de gasoil. »

Le GNR a plus que doublé. Si ça continue, on va ressortir les tracteurs.

Une filière qui va aussi ressentir durement la hausse du prix des engrais. « 30 % du marché mondial transite par le détroit d’Ormuz, explique Martin Magne. Les engrais contiennent aussi beaucoup d’azote, corrélé au prix du gaz et donc en forte hausse. Certains exploitants ont déjà traité leurs parcelles avec des stocks achetés l’an dernier mais d’autres ont pu retarder l’achat et l’application par souci de trésorerie. Ceux-là vont se trouver impactés plus vite. Ils seront peut-être obligés de faire autre chose, un traitement foliaire par exemple, mais ce n’est pas la même qualité d’apport. »

Actions le 17 avril devant les maisons de l’Europe

Du côté de la Confédération paysanne, on se focalise moins sur le tarif du carburant. « Nos agriculteurs, sur de plus petites exploitations, tournées vers des modes de production plus raisonnables et écologiques, sont moins impactés à ce niveau, précise Nicolas Vitou, un des référents de la section héraultaise. En revanche nous continuons à nous mobiliser contre les différents traités de libre-échange alors que l’UE vient d’en signer un autre avec l’Australie. Notre position est claire : le libre-échange c’est non ! Il faut réguler être pragmatique par rapport à ce que la France peut produire et surtout imposer des clauses miroir. »

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Le syndicat annonce une grande mobilisation à ce sujet à partir du vendredi 17 avril dans la région : « Nous allons cibler les maisons de l’Europe, à Perpignan, Nîmes, Montpellier avec comme demande de rencontrer des responsables pour faire remonter nos messages. Nous ouvrirons certainement le bal dans l’Hérault. »

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