Héritière du démontage du McDonald’s, Attac se relance dans le Sud-Aveyron

admin
Par
admin
4 min de lecture

Face à la montée des inégalités et de l’extrême droite, le mouvement Attac renaît dans le Sud-Aveyron, vingt-cinq ans après son essor à Millau.

Après plusieurs années de sommeil, Attac s’apprête à renaître à Millau et dans le Sud-Aveyron. Fondée en 1998 sous l’acronyme d’Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne, l’association milite pour une société plus juste, tant sur le plan fiscal que social et écologique.

Dans le sillage du démontage du McDonald’s de Millau, l’association a marqué l’histoire locale dès 1999, s’affirmant comme le symbole de résistance à l’ultralibéralisme et à la mondialisation financière. Des groupes actifs avaient alors essaimé à Rodez, Villefranche, Decazeville ou encore Saint-Affrique, avant que l’élan ne s’essouffle avec le temps.

Aujourd’hui, face au contexte marqué par la montée des inégalités, de l’autoritarisme et de l’extrême droite, les adhérents aveyronnais estiment que le moment est venu de relancer le débat citoyen et l’action collective. Pourquoi aujourd’hui ? « L’étau se resserre et nous estimons que l’année qui vient sera déterminante », résume Cathy Jouve, membre active du mouvement qui entend réaffirmer ses valeurs : paix, démocratie, justice fiscale et écologique.

Moins actif ces dernières années, Attac Sud-Aveyron souhaite reprendre le flambeau en animant échanges et actions autonomes, tout en s’appuyant sur le réseau départemental existant.

Une conférence pour comprendre et agir

Pour marquer cette relance, Attac Sud-Aveyron organise une conférence-débat ce mardi 28 avril à 20 h à la Maison de la Région, avec l’historienne Ludivine Bantigny. Spécialiste de l’histoire contemporaine, auteure de nombreux ouvrages sur le féminisme, la Commune de Paris ou le Front populaire, elle interviendra sur le thème : « Connaître l’extrême droite pour mieux la combattre ».

L’objectif est double : éclairer le public sur les mécanismes historiques et actuels de l’extrême droite, « ses mensonges et ses projets de régression sociale », mais aussi mobiliser autour d’alternatives solidaires. « Combattre l’extrême droite, c’est aussi proposer un projet de société fondé sur la solidarité, l’égalité et la dignité », souligne Sara Melki. Une conférence qui s’inscrit comme un catalyseur pour la relance du mouvement dans le Sud-Aveyron.

Attac : un mouvement toujours d’actualité

Avec près de 8 000 adhérents en France et une centaine de groupes locaux, Attac continue de produire des analyses, des expertises et d’organiser des actions à toutes les échelles. Son approche, fondée sur l’éducation populaire entend décrypter les enjeux économiques et sociaux.

En Aveyron, la relance s’inscrit ainsi dans cette dynamique, avec la volonté de recréer du lien, de stimuler le débat et de porter des alternatives face aux crises actuelles. Comme le rappelle Christian Barbut, l’une des figures locales. « La taxe Tobin, symbole de la lutte pour une finance plus juste, a été abandonnée, alors que les inégalités explosent. Il est temps de remettre ces combats au cœur de l’action citoyenne. »

Ludivine Bantigny, une historienne engagée

Ludivine Bantigny est maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l’université de Rouen-Normandie. Spécialiste de la Commune de Paris, du Front populaire et des mouvements sociaux, elle a également enseigné en lycée et collège. Auteure prolifique, ses travaux portent sur le féminisme, les luttes pour l’égalité et les résistances face à l’oppression. Dans ses derniers ouvrages, elle explore les moyens de comprendre et contrer l’extrême droite, en s’appuyant sur l’histoire pour éclairer les enjeux présents. Son engagement citoyen en fait une voix précieuse pour décrypter les défis politiques et sociaux contemporains.

Source link

Partager cet article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

parcontre.fr