Huit grossesses, deux bébés congelés… Le procès d’Aurélia S., qui voulait "une sépulture" pour "ses poupées", s’ouvre à Avignon

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Le procès d’Aurélie Samperez s’ouvre ce jeudi 19 mars 2026 devant la cour d’assises de Vaucluse. Jusqu’au 27 mars, cette mère de famille de 43 ans devra répondre du meurtre de ses deux nouveau-nés, dont les corps avaient été retrouvés dans le congélateur de son domicile à Bédoin, en 2022.

C’est un ami de sa fille cadette, alors âgée de 16 ans, qui avait appelé la police, après que la jeune fille lui avait confié qu’un bébé se trouvait dans un congélateur de sa maison de Bédoin, un bourg de 3200 habitants au pied du Mont Ventoux. Aurélie S., mère au foyer quadragénaire, sera jugée à partir de jeudi par la Cour d’assises du Vaucluse pour homicide.

Aurélie S., qui a eu sept grossesses en tout, dont un accouchement sous X et un avortement, avait un suivi médical très erratique, voire inexistant pour certaines de ses grossesses. Et tout au long de l’enquête, assure son avocate Me Charlotte Brès, la mère « n’a pas changé de version » et nie toute intention infanticide : « le premier bébé est mort d’une chute dans les escaliers et le deuxième des suites d’un accouchement difficile, puisqu’elle avait fait un déni total de grossesse ».

« Elle voulait les garder près d’elle »

A 44 ans aujourd’hui, Aurélie S. ne s’explique pas son geste. Elle a dit aux enquêteurs avoir voulu « une sépulture » pour ses bébés, qu’elle appelle « les poupées ». « Sa seule explication c’est qu’elle voulait les garder près d’elle », poursuit son avocate, « elle a dit ‘je n’allais pas les donner aux cochons du Mont Ventoux' ».

Ainsi, le 1er décembre 2022, en perquisitionnant la maison de Mme S., sans emploi, et ses trois filles, les gendarmes avaient vu, rappelle Le Figaro, la mère de famille leur dire connaître la raison de leur venue et, les laisser entrer, indiquant la buanderie et le congélateur. Là, les militaires découvriront deux nouveau-nés de sexe féminin enveloppés dans un sac de courses, un drap beige et une couverture rose. Les constatations des médecins légistes ont révélé que le premier, né en mars 2018, avait vécu quelques jours et avait été nourri avant de décéder des suites d’un traumatisme crânien. Le deuxième nourrisson est mort très peu de temps après l’accouchement, selon l’autopsie, du fait d’une absence de soins à la naissance, et notamment que son cordon ombilical n’a pas été sectionné.

Elle a dit à ses filles qu’elle l’avait « donné à l’adoption »

Concernant le premier bébé mort, sa fille aînée a, elle, indiqué aux enquêteurs avoir assisté à l’accouchement, à domicile, et raconte que sa mère avait refusé d’appeler les pompiers. L’accusée a expliqué avoir fait une chute dans l’escalier en rentrant de courses avec le bébé dans les bras, quelques jours après sa naissance. Quand elle avait vu que le bébé ne pleurait pas, et ne respirait plus, elle l’avait mis au congélateur, et dit à ses filles qu’elle l’avait « donné à l’adoption ».

C’est dans la commune de Bédoin au pied du Mont Ventoux qu’ont été découverts les corps des deux bébés. Google Street View/Archives

Pour le deuxième bébé, elle a assuré ignorer totalement sa grossesse et avoir accouché un soir sur son canapé, toute seule. Un accouchement « difficile », avec « beaucoup de sang », selon ses mots. Sans expliquer pourquoi elle n’avait pas appelé les secours cette fois encore, elle a avoué avoir emmené le petit corps inanimé dans la buanderie, avant de le placer dans le congélateur, aux côtés du premier.

Sa seule explication c’est qu’elle voulait les garder près d’elle. Elle a dit ‘je n’allais pas les donner aux cochons du Mont Ventoux.

Violée par un cousin quand elle était petite

Elevée dans une famille « aimante » à l’éducation religieuse, et stricte, Aurélie S. a confié lors des expertises psychiatriques avoir été violée par un cousin quand elle était petite, puis avoir toujours vécu des relations amoureuses chaotiques, voire violentes. Me Jean-Marc Geiger, qui représente le père et une partie de la famille du premier nourrisson mort, à la suite d’une fracture du crâne, dénonce une femme qui « ne reconnaît rien du tout ». « Elle parle d’une mort accidentelle, elle a menti absolument sur tout », insiste-t-il.

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L’avocate des trois filles de Mme S., qui sont partie civile et dénoncent des violences à leur encontre, assure que ce dossier ne ressemble pas à d’autres affaires similaires car « elles ne viennent pas en soutien de leur mère, avec qui le lien est rompu ». Selon Me Delphine Galan Daymon, les trois filles « sont aussi concernées par les faits de nature criminelle ». Le procès à Avignon est prévu jusqu’au 27 mars.

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