Interdit par la préfecture du Calvados, le spectacle de Dieudonné a pourtant bien eu lieu dimanche 19 avril 2026 au Mesnil-Simon près de Lisieux. Une enquête menée par la gendarmerie de Mézidon-Vallée d’Auge a été ouverte pour déterminer les responsabilités. Derrière cet événement clandestin, humoriste, organisateur, propriétaire du terrain, spectateurs pourraient être poursuivis mais pas tous au même niveau. Explications.
Si la gendarmerie de Mézidon-Vallée d’Auge est chargée de l’enquête, c’est le parquet qui décidera des suites à donner : classement sans suite, mesure alternative ou poursuites judiciaires, notamment pour non-respect d’un arrêté préfectoral.
Organiser un spectacle interdit constitue une infraction pénale
Le fait d’organiser ou de maintenir un spectacle interdit, constitue en effet une infraction pénale. Il s’agit en général d’une contravention de 5e classe (article R. 610-5 du Code pénal, qui sanctionne le non-respect d’une décision de police). La peine encourue peut aller jusqu’à 1 500 € d’amende, portée à 3 000 € en cas de récidive. En pratique toutefois, le risque peut être plus élevé selon les circonstances.
D’autres qualifications peuvent en effet s’ajouter : organisation illégale d’un spectacle (selon le montage retenu), trouble à l’ordre public, voire mise en danger. Surtout, si le contenu du spectacle comporte des propos illicites (provocation à la haine, injure raciale…), des poursuites délictuelles peuvent être engagées. C’est précisément ce risque qui avait motivé l’arrêté d’interdiction pris par le préfet du Calvados le jeudi 16 avril.
Complicité possible pour le propriétaire du terrain
Le propriétaire du lieu où s’est tenue la représentation s’expose à un risque plus important qu’il n’y paraît. S’il est établi qu’il avait connaissance de l’interdiction, -ce que le contexte semble fortement suggérer, puisqu’il aurait proposé son terrain comme solution de repli suite à l’arrêté préfectoral- il pourrait être poursuivi comme complice (article 121-7 du Code pénal).
Il pourrait également être visé pour la mise à disposition d’un lieu en vue d’une manifestation interdite, voire pour participation à l’organisation illégale de l’événement.
Dans ce cas, les peines encourues peuvent être similaires à celles de l’organisateur, voire relever du régime délictuel en cas de requalification.
Risque limité pour les spectateurs
Du côté des spectateurs, la responsabilité pénale reste en principe limitée. Leur simple présence ne suffit pas nécessairement à caractériser une infraction, même s’ils avaient connaissance de l’interdiction.
Des verbalisations restent toutefois possibles dans certaines circonstances particulières, notamment en cas de trouble à l’ordre public ou de refus de se conformer aux injonctions des forces de l’ordre. En pratique, les poursuites à leur encontre demeurent rares.
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