Un homme de 34 ans a été condamné à trois ans de prison ferme lundi 20 avril 2026 pour avoir provoqué un grave accident avec délit de fuite sur la commune de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).
Les faits remontent à un peu moins d’un an, mais le suspect, qui avait quitté la cité navale après l’accident, n’a été interpellé que le mercredi 15 avril 2026 au Havre (Seine-Maritime), à la faveur d’un contrôle routier.
Dans la nuit du 26 au 27 avril 2025, vers 2 h 20 du matin, un jeune homme de 19 ans rentrait d’une soirée « PlayStation » à trottinette électrique quand, sur l’avenue de Villeneuve, il a été violemment percuté par une voiture.
Laquelle venait de se déporter sur sa voie « pour éviter un ralentisseur ».
Un choc aux graves conséquences pour la victime, touchée à la tête, dont le pronostic vital a été un temps engagé.
Le chauffard ne s’est pas arrêté mais a laissé des débris sur place.
Le véhicule, une Renault Clio gris clair, a été retrouvé dans la matinée, sur un parking du quartier de la Bouletterie, pare-chocs cassé et impact sur le pare-brise.
« J’ai percuté quelque chose »
Entendu par les enquêteurs, la propriétaire explique avoir prêté sa voiture à son compagnon au cours d’une fête arrosée pour qu’il puisse se changer avant d’aller en boîte de nuit.
Il lui aurait par la suite raconté avoir percuté « quelque chose », des propos confirmés par une amie commune.
Recherché par la police, le trentenaire, par ailleurs non titulaire du permis de conduire et condamné à trois reprises pour des délits routiers, a pris la fuite, projetant même, toujours selon sa conjointe, de prendre l’avion pour l’Égypte, son pays d’origine.
Présenté en comparution immédiate lundi 20 avril 2026, à l’issue de sa garde à vue, devant le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire, le mis en cause conteste sa responsabilité.
Dans sa version, confuse et peu audible, il semble incriminer deux jeunes filles dont il ne connaît que les prénoms qui l’auraient conduit avec la Clio jusqu’au domicile de son cousin pour qu’il récupère des vêtements.
En sortant, il aurait « vu les pompiers et la trottinette à terre ».
« Cela ne correspond absolument pas aux éléments du dossier », rétorque, dubitatif, le président du tribunal correctionnel.
« Pendant ce temps, il s’amusait en boîte de nuit »
« Pourquoi avoir quitté Saint-Nazaire précipitamment si vous n’avez rien à voir avec cet accident ? »
« Si un automobiliste n’avait pas vu le jeune homme gémir et même agoniser à terre, l’issue aurait pu être fatale », rappelle Me Loarec, pour la partie civile.
« Lui, pendant ce temps, il s’amusait en boîte de nuit. »
Après deux mois de séjour en réanimation au CHU de Nantes, la victime conserve encore des séquelles, entre maux de tête et troubles du langage.
Le procureur balaie la version « bien peu circonstanciée et incohérente » du prévenu :
« Il n’y a aucun doute sur le fait qu’il était bien le conducteur. »
Le représentant du parquet pointe son comportement « désinvolte, le mot est faible » et le fait qu’il n’a pu se méprendre sur la nature de l’accident.
« Les voisins, fenêtres fermées, ont entendu comme un bruit d’explosion. Et pourtant, il n’a rien dit. Il est allé danser, rigoler, comme si de rien n’était », tance-t-il.
Un dossier « pas si clair que ça »
« Le dossier n’est pas si clair que ça », estime, pour la défense, Me Guillerminet :
« Aucune preuve, que des spéculations, des déclarations par ailleurs contradictoires. Je ne conteste pas le choc, mais l’expert n’expose qu’une hypothèse, c’est tout. »
Les juges ont suivi les réquisitions : 3 ans de prison ferme, avec maintien en détention.
À l’issue de la détention, le trentenaire sera interdit de territoire français pendant trois ans.
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