"Il faut vraiment travailler sur le développement économique"

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Entretien avec Jérôme Boisson, conseiller départemental et nouveau maire de Villetelle qui vient d’être réélu à la présidence de Lunel Agglo. Relations avec le maire de Lunel, projets, piscine, ambitions… Il répond.

Pourquoi avez-vous décidé de vous représenter à la présidence de Lunel Agglo ?

Pour moi, c’était d’abord l’occasion d’assurer une continuité, ensuite parce que des élus m’ont conforté dans mon choix. Enfin, quand la question s’est posée, aucun autre vice-président m’a dit que le challenge pouvait l’intéresser, sinon, je me serais peut-être effacé.

Les encouragements de certains élus ont-ils fait la différence ?

Je pense que tout le monde aspirait aussi à une certaine stabilité et tranquillité parce qu’on a eu quand même un mandat compliqué avec le Covid, la perte de trois élus… Malgré cela, on est passé en Agglo, on fait une piscine… J’ai souvent dit qu’on s’en est sorti grâce aux techniciens de l’Agglo et à la solidarité entre élus. Au début, nous étions des connaissances, et avec certains, on est devenus des amis. Donc cette candidature était plutôt basée sur la confiance, ce n’était pas un choix de carrière.

Vous êtes maire d’une petite commune rurale de l’Agglo, Villetelle, pensez-vous que ça change la manière d’exercer le pouvoir ?

Villetelle est la 6e commune de l’Agglo sur les 14. Gérer une petite commune, ce n’est pas toujours facile et certainement, on a une autre vision de l’exercice de pouvoir, la proximité. En tout cas, je ne crois pas que ce soit un handicap, ça peut même être rassurant car moi, je suis présent à l’Agglo tous les jours, je partage mon temps entre l’Agglo et ma commune. Pour les techniciens, c’est rassurant, la prise de décision est très rapide. Après, sur l’exercice du pouvoir, j’ai la même philosophie que Pierre Soujol : un maire, une voix. Chaque commune existe.

« Plusieurs villes centre alentours ne sont pas à la présidence de leur intercommunalité »

N’y avait-il pas une certaine légitimité à ce que la ville-centre conserve la présidence de Lunel Agglo ?

Je crois que ce principe est fini. Autour de nous, plusieurs villes centre ne sont pas à la présidence de leur intercommunalité. Le maire de Montpezat, 1 200 habitants est président de Pays de Sommières : Stéphan Rossignol, maire de La Grande-Motte, 8 000 habitants, est président de Pays de l’Or ; et le maire de Saint-Laurent-d’Aigouze, 2 000 habitants a été élu face au maire du Grau-du-Roi.

Contrairement au mois de juillet, Paulette Gougeon ne s’est pas présentée à la présidence de l’Agglo ? Y a-t-il eu un accord entre vous ?

Non.Nous avons discuté. Paulette Gougeon a été maire pendant 6 mois. Elle a vu la charge de travail que ça demandait. Moi, je connaissais la charge de président d’Agglo. Notre échange s’est fait là-dessus. Puis, c’est presque venu naturellement. Il fallait qu’on travaille en bonne intelligence, et c’est le cas. Une fois par mois, avec certains services de l’Agglo et de la ville de Lunel, on a décidé de nous rencontrer pour échanger sur les problématiques communes.

Envisagez-vous une relation privilégiée avec Lunel, vlle-centre de l’Agglo ?

Non, j’aurai la même attention pour tout le monde sauf que le maire de Lunel est première vice-présidente en charge du développement économique et qu’il y a des sujets conséquents avec Lunel. L’Agglo a investi 30 M€ à Lunel, entre la piscine et la maison de l’économie. Donc, logiquement, on aura des échanges réguliers.

Estimez-vous nécessaire de mutualiser davantage de services entre Lunel et l’Agglo ?

Tout à fait. On a des pistes que je ne vais pas dévoiler mais certaines peuvent aller très vite. Pour autant, le principe ne sera pas de déshabiller Pierre pour habiller Paul. Les rapprochements iront dans le sens du service à la population.

Le mandat précédent a été marqué par la création de Lunel Agglo, le Scot, le PLH, un plan pluriannuel d’investissement, une piscine intercommunale… Quel est le programme du nouveau président ?

Déjà de continuer les projets qui sont en cours, puis de refaire un plan pluriannuel d’investissements et réécrire un projet de territoire avec les nouveaux élus. On a aussi des envies, comme peut-être une salle de spectacle. Enfin, une chose est majeure : le développement économique. On a beaucoup trop de c hommage sur notre territoire. Il faut vraiment qu’on travaille là-dessus. La zone d’activité du Dardaillon va sortir, on vient de racheter les derniers 10 ha. La commercialisation débutera fin 2027. Par ailleurs, de nouveaux maires sont prêts à modifier leur Plu à proximité de l’autoroute pour créer du développement économique.

« Les propos du CNL me blessent »

Envisagez-vous de transférer de nouvelles compétences à l’Agglo ?

On va surtout essayer de pérenniser, de solidifier celles qu’on a. Car il faut faire attention, on est dans une période difficile.

Le choix de la DSP pour la future piscine est-il révocable ?

Ce choix a été voté à 82 % des élus. Respectons la démocratie. Cette DSP a été utilisée à des fins politiques pendant la campagne des municipales, je le regrette même si tous les candidats contre la DSP ont été battus. Quand j’entends le Cercle des nageurs de Lunel dire qu’on veut le tuer avec cette DSP, ça me blesse. à Aqualuna, ils disposaient de 400 m2 de bassins et ils avaient 750 nageurs. Aujourd’hui, on propose 1200 m2, des systèmes technique et des plots spécifiques pour la compétition. Par ailleurs, chaque club aura un local. Le bassin est aussi adapté à une activité supplémentaire comme le water-polo. On pourra avoir des écrans géants.

Les clubs sont inquiets sur les coûts que va générer, pour eux, la DSP.Comment pouvez-vous les rassurer ?

On a eu un procès d’intention disant que les lignes d’eau vont coûter 40 €. C’est faux. Pour maîtriser la DSP, on a fixé le maximum à 40 € mais les propositions peuvent être à 5,10 ou 15 €. Concernant le coût pour les clubs, je pense qu’il serait malvenu qu’un gamin du CE2 de Villetelle qui va à la piscine paie son entrée alors que celui qui fait de la compétition au CNL ne la paie pas. C’est injuste car tout le monde ne fait pas de compétition. Par ailleurs, j’ai été président d’un club de sport, j’ai toujours remercié les collectivités de nous fournir des équipements magnifiques, de nous donner une subvention. Mais s’il manquait de l’argent, je ne me retournais pas forcément vers les collectivités, je cherchais aussi des partenaires.

Donc la DSP n’est pas révocable…

Non car la DSP est une coquille vide. Elle sera encadrée et discutée avec un expert. Aujourd’hui, sept entreprises ont répondu. c’est à partir des propositions qui vont être faites par cette mise en concurrence que le président et les vice-présidents choisiront ce que paiera le grand public et les clubs.

« On sera prêt à discuter avec l’Agglo du Pays de l’Or »

Lunel va payer 730 000 € à l’Agglo par an, au titre du transfert de charges de la piscine.Ce montant peut-il être revu à la baisse ?

C’est quelque chose d’ajustable. Mais au départ, l’évaluation de la commission chargée de ce transfert était de 850 000 €, l’Agglo a déjà consenti à descendre à 730 000 €. Maintenant on doit finaliser un accord avec Lunel et les propositions du futur délégataire pourront entrer en ligne de compte. C’est pour ça qu’il faut qu’on ait de très bonnes relations avec la ville de Lunel, pour vraiment discuter.

En termes d’évolution territoriale, seriez-vous favorable à une fusion avec Pays de l’Or ?

On n’est fermé à rien. Notre territoire évolue, on ne doit pas se replier sur nous-mêmes et avec Pays de l’Or, nous entretenons de très bonnes relations avec l’Agglo du Pays de l’Or, on est ensemble dans de très nombreuses structures. Donc, si on devait avoir un rapprochement avec une collectivité, il serait logique que ce soit avec Pays de l’Or. C’est certainement une question qui se posera et si ça se passe sous mon mandat, je dirai, pourquoi pas, discutons.

Vous avez décidé de maintenir Lunel-Viel, 3e commune de l’Agglo hors de l’exécutif, pourquoi ?

Il faut dissocier Lunel-Viel et le maire de Lunel-Viel que j’ai rencontré. Je sais ce qu’il pense de moi, maintenant il sait ce que je pense de lui, au moins c’est clair. Après, ce n’est pas ma décision mais les vice-présidents ne veulent plus qu’il siège à leur côté tant qu’il y a une procédure. Car il y a quand même un précédent. Il y a quatre procès au pénal en cours qui sont de son chef, deux contre l’Agglo, et deux contre deux vice-présidents. Le pacte de confiance a été cassé avec Fabrice Fenoy mais pas avec Lunel-Viel. C’est la raison pour laquelle, pour que Lunel-Viel soit représenté au bureau de l’Agglo, nous avons proposé à Fabrice Fenoy que quelqu’un de sa majorité représente la commune. Il nous a répondu que la seule personne qui peut représenter Lunel-Viel, c’est lui.

Votre ex-premier vice-président, Stéphane Dalle siège avec 2 autres élus à l’Agglo, font-ils partie de la majorité ?

Je n’ai pas eu de contact avec eux. On verra au fur et à mesure des projets, s’ils sont avec nous. Mais si Stéphane Dalle souhaite mettre en œuvre sur le territoire son projet sur le bien vieillir, je serai un soutien.

Vous êtes président de l’Office du tourisme du Pays de Lunel, le resterez-vous ?

Non. Ce n’est pas moi qui décide de mon successeur, il y aura une élection mais à l’Agglo, Corinne Poléri, notre vice-présidente en charge du tourisme sera candidate. Il y a sept élus et cinq membres issus de la société civile qui trancheront.

La présidence de l’EPTB Vidourle est vacante depuis la défaite de Pierre Martinez à Sommières. Vous êtes délégué à l’EPTB. Serez-vous candidat à la présidence ?

On m’a demandé d’être président de plein de choses. Je ne prendrai aucune présidence nulle part. J’ai rencontré des élus gardois et j’ai proposé une coprésidence d’un élu du Gard et d’un élu de Marsillargues ou de Lunel car beaucoup de travaux vont être conduits dans la plaine héraultaise du Vidourle.

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