Un conducteur de bus cocaïnomane a été condamné ce mardi 7 avril 2026 par le tribunal correctionnel de Nantes, en comparution immédiate, pour les « violences habituelles » qu’il avait infligées à sa compagne à Machecoul-Saint-Même (Loire-Atlantique) entre le 1er décembre 2025 et le 3 avril 2026, relate Presspepper.
Sa compagne avait en fait confié « à une voisine » avoir été « traitée comme une esclave sexuelle » par cet homme de 46 ans, a rapporté l’une de ses deux avocates : il avait par exemple « forcé » cette « chienne » à « dormir à côté ou dans la tanière du chien »…
«Ce qu’elle a vécu, c’est innommable »
Tous deux entretenaient « une relation de domination-soumission » : le prévenu avait « forcé » sa cliente à « se mettre à quatre pattes » pour la « sodomiser » avec « un manche à balai ».
« Cela lui faisait mal mais elle le prenait comme une forme de privilège », a expliqué l’avocate. L’homme faisait aussi « du chantage à la drogue » à cette toxicomane, selon le principe « une taffe pour une baise »…
«Les violences dont vous êtes saisis font partie d’un tout : ce qu’elle a vécu, c’est innommable », avait donc résumé l’avocate de la partie civile.
« C’est une honte que ce dossier se retrouve là, en comparution immédiate… C’est lunaire », s’était-elle exclamée pour qu’un juge d’instruction enquête sur les « viols » évoqués par sa cliente.
La victime pesait en effet « 41 kg il y a quelques mois » et, si elle était « tout le temps d’accord » pour avoir des rapports sexuels avec cet homme avec qui elle était en couple depuis septembre 2025, c’est parce qu’elle était « faible », de son propre aveu.
« Ce minuscule dossier pénal devra être étoffé », avait ajouté la seconde avocate de la partie civile.
« Il faut que je réapprenne ce qu’est un acte sexuel consenti »
Mais le tribunal correctionnel de Nantes avait finalement conservé le dossier dans son giron : les faits qui lui étaient soumis « revêtent bien une qualification délictuelle » et « ne sont pas susceptibles de revêtir une qualification criminelle ». Mais cela n’empêchera pas la victime de déposer ultérieurement une nouvelle plainte pour « viols », si elle le souhaite.
L’enquête avait ainsi démarré le 2 avril 2026 quand les gendarmes avaient été appelés chez les parents de la victime : elle s’était « réfugiée » chez eux après « une dispute » avec son compagnon.
Elle avait en effet reçu « un coup de marteau dans le coude » de la part du prévenu en voulant « se protéger le visage » : il disait vouloir la « tuer ».
Ces dernières violences étaient survenues dans un « contexte d’humiliation » et un « contexte de consommation de cocaïne mutuelle », a redit la présidente du tribunal correctionnel de Nantes à ses assesseurs.
« Je n’étais pas toujours d’accord mais il me faisait toujours la sodomie car il me disait que j’avais la chatte crasseuse », a témoigné la victime.
J’ai accepté car je l’avais trompé… J’acceptais aussi les coups de bâton, que je rangeais ensuite précisément. Je lui disais même où ils étaient, quand il les cherchait.
« Je ne suis pas blanche non plus : j’ai des problèmes de cocaïne et d’addiction au sexe », a-t-elle sangloté à la barre du tribunal correctionnel de Nantes. « Aujourd’hui, je veux juste éviter que mon fils n’apprenne que sa mère est morte sous les coups et la drogue… Il faut que je réapprenne ce qu’est un acte sexuel consenti : je ne sais même plus ce que c’est. »
Il a une « relation juste amicale sexuelle » avec ce « sac à foutre »
La victime s’est ainsi dit « amoureuse » du prévenu, avec qui la relation est « complexe ».
L’intéressé a pour sa part confirmé avoir filmé leurs ébats car « elle voulait mettre ça sur des sites internet pour faire des castings ou je-ne-sais-pas-quoi ».
« Je l’aime bien, la p’tite » avait-il ainsi confié lors de la procédure. « Je l’adore à la folie », s’est-il repris lors de son procès, même s’il a avec elle une « relation juste amicale sexuelle » et qu’il la traitait de « pute à coke » et de « sac à foutre ».
Cet ancien chauffeur-livreur ne touchait « pas trop » à la cocaïne mais plutôt « au cannabis » quand il s’était formé pour devenir conducteur de transports en commun.
Suite à un contrôle positif aux stupéfiants au volant de son bus, ce père d’un fils de 27 ans a été « mis à pied » par son employeur et va désormais chercher des « colis » aux Restos du cœur : il n’a plus de « droits » à l’assurance-chômage.
Sur le plan personnel, cet homme a vu sa mère « étranglée sous ses yeux » en 1988, quand il avait 8 ans, par un des « messieurs qui venaient à la maison » coucher avec cette « prostituée ». Sur le plan judiciaire, il avait jusqu’alors trois mentions sur son casier judiciaire, toutes en lien avec les stupéfiants.
« Sexualité exacerbée et mal maîtrisée »
Face à cette situation « sordide » et « glauque », le procureur de la République avait requis dix-huit mois de prison ferme, un maintien en détention et six mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans pour ces « faits particulièrement graves ».
Me Benoît Poquet, l’un des trois avocats du prévenu, avait demandé l’indulgence du tribunal pour cet homme à la « sexualité exacerbée et mal maîtrisée ».
« Il est rentré dans une tempête émotionnelle », avait complété Me Théo Barrière, l’un des deux autres avocats de la défense.
L’homme a finalement écopé de six mois de prison ferme à purger avec un bracelet électronique et de dix-huit mois avec sursis probatoire, avec obligation de travailler et de se soigner. Il sera inéligible pendant cinq ans et aura interdiction de recontacter la victime pendant trois ans, avec exécution provisoire, ce qui signifie que le jugement s’applique dès à présent, même s’il en faisait appel.
Les préjudices de cette dernière vont faire l’objet d’une expertise médico-légale : le montant de ses dommages et intérêts sera ainsi arrêté le 30 novembre 2027. Dans l’immédiat, la victime touchera une « provision » de 2000 €.
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