Cinq nouveaux squelettes ont été exhumés des sous-sols d’une école dijonnaise, début mars. Avec une particularité qui interroge les archéologues : tous ces défunts ont été enterrés assis. Ils viennent s’ajouter aux 13 découverts il y a deux ans.
Le groupe scolaire Joséphine Baker ne s’attendait sûrement pas à cela, lorsqu’il a entamé des travaux de restructuration en 2024. Deux ans après dans la cour de cette école dijonnaise (Côte-d’Or), les archéologues de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) ont identifié deux corps supplémentaires.
Cette découverte porte à vingt le nombre de défunts retrouvés sur ce site depuis les années 1990, . Avec une particularité : tous ces corps ont été enterrés… Assis.
La piste du lieu de culte
Selon les archéologues, les ossements datent du second âge du Fer (entre – 400 et – 200 avant notre ère). Ils ont été retrouvés dans une série de sépultures gauloises, des fosses circulaires d’environ un mètre de diamètre espacées les unes des autres et placées sur une bande rectiligne de 25 mètres de long.
Pourquoi sont-ils inhumés assis ? L’INRAP n’a pas encore de réponse à cette question. « C’est une pratique plutôt rare », l’archéo-anthropologue à l’institut Annamaria Latron.
L’origine de ce rite demeure mystérieuse, bien que la piste d’un lieu de culte soit privilégiée. Annamaria Latron, archéo-anthropologue, rappelle la découverte à proximité d’animaux inhumés comme des humains, évoquant de possibles offrandes. Mais cette théorie doit encore être confirmée : l’INRAP n’est pas sûr que les animaux datent de la même époque que les défunts.
« Un site majeur »
Pour l’instant, treize corps sont à l’étude, « tous des individus de sexe masculin », précise Hervé Lagagnier, responsable des fouilles de l’institut. Une chose est sûre : il s’agit « d’un site majeur pour cette période, qui va nous apporter des informations très importantes sur ces pratiques », souligne le responsable des fouilles.
« Il n’est pas dit que l’on n’en trouve pas d’autres », précise les archéologues à propos des défunts, alors que les deux tiers de cette zone de 500 m² doivent encore être fouillés. Les recherches archéologiques vont durer jusqu’à début avril.




