« Dealers stop, passer votre chemin ». C’est l’affiche placardée pendant plusieurs semaines sur une porte de la rue Garengeot à Vitré (Ille-et-Vilaine). Elle est à l’initiative d’un commerçant de la rue qui dit avoir constaté du trafic de drogue et de la consommation de stupéfiants dans ce quartier du centre-ville.
« Faire leurs petites affaires »
Début mars 2026, ce commerçant qui souhaite rester anonyme a placardé l’affiche sur la porte d’un bâtiment lui appartenant. Ce dernier est situé au numéro 19 de la rue.
« On avait repéré depuis pas mal de temps qu’il y avait des allées et venues par cette porte dans la journée, de gens qui n’avaient pas à la franchir. La porte est toujours fermée la nuit, mais la journée il y avait un passage assez inhabituel », témoigne ce Vitréen.
Les choses se sont précisées quand les portes de placards des parties communes ont été ouvertes. « On a retrouvé des centaines de mégots de cigarettes non consommées. Les filtres avaient été arrachés », ajoute-t-il.
Pour ce commerçant, le constat est clair. « On est face à des gens qui se servaient de la cage d’escalier pour faire leurs petites affaires. » Interpellé par la situation, il a donc décidé de placarder une affiche avec un message destiné aux dealers qui opéreraient dans le quartier.
« En mettant cette affiche, je me suis demandé qui allait réagir en premier. Et c’est la presse », s’étonne le Vitréen qui aurait espéré un contact de la mairie, de la police municipale ou de la gendarmerie.
Elle est bien visible l’affiche. Enfin, quand on passe à côté, on peut difficilement la louper…
Sauf depuis quelques jours, car elle a été retirée. Et ce n’est pas à l’initiative du commerçant.
Trafic et consommation de stupéfiants dans le quartier ?
Si ce dernier dit l’avoir mise pour faire fuir des dealers présumés et alerter les autorités, c’est aussi parce qu’il dit avoir constaté du trafic de drogue et de la consommation de stupéfiants depuis « plusieurs mois » dans le quartier.
« Par deux fois, j’ai vu des personnes sur le parking en face du Gastos. C’était carrément des gens qui se faisaient livrer des petits produits qu’ils ont consommés dans le parking. Ils sont en voiture et ils ne descendent même pas. Ils se mettent dans le parking, ils entrouvrent leur fenêtre et puis il y a quelqu’un qui passe. En 10 secondes, ils se font remettre une petite enveloppe et puis ils repartent. »
Un fait qui aurait été constaté en pleine journée selon lui. « Ils ne cachent même plus », s’étonne le Vitréen.
Contacté, le bar Le Gastos n’a pas souhaité s’exprimer à ce sujet.
« La consommation est de moins en moins cachée. Certains sont complètement décomplexés par rapport à ça », affirment d’autres commerçants qui souhaitent eux aussi rester anonymes.
Si « la police municipale et la gendarmerie passent régulièrement », ils disent ne pas avoir constaté de trafic dans la rue.
Reste que le sujet ne manque pas d’alimenter les discussions des commerçants du quartier.
« Pour la cage d’escalier, il s’agit d’une personne qui consommait du shit à l’intérieur. Il en consommait ailleurs dans la rue », note le gérant du coiffeur-barbier, le salon situé juste à côté de la porte où l’affichette était placardée.
Le patron refuse qu’un amalgame soit fait avec les jeunes qui peuvent parfois se rendre ou attendre devant son salon ouvert en 2024.
« Il ne faut pas faire du délit de faciès. Nous n’avons rien à voir avec cette histoire. Nous sommes simplement ici pour travailler », ajoute Aymen.
Interrogé, le maire Pierre Léonardi confie avoir été « interpellé sur le sujet ». Le dossier est également suivi par la police municipale.
Sollicitée, la gendarmerie n’avait pas répondu à nos sollicitations au moment de la publication de cet article.
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