Ils sont venus à Versailles (Yvelines) en famille le vendredi 24 avril 2026. Pas pour visiter le château, mais pour réaliser un cambriolage. On retrouvait là un père de famille, âgé de 45 ans, ses deux enfants de 28 et 14 ans, et ses deux petits-enfants de 12 et 11 ans.
Pourquoi cette famille, qui réside à Méru (Oise), a-t-elle loué une belle voiture allemande, à 450 € la semaine, et effectué plus d’une heure de route pour réaliser son méfait ?
Les justifications qui ont été données lors de l’audience du lundi 27 avril 2026 au tribunal de Versailles ont toutes été plus vaseuses les unes que les autres.
Pour aider une tante malade
Les deux prévenus ont assuré qu’ils avaient urgemment besoin de 5 000 € pour aider une tante en Serbie qui devait se faire opérer du cœur.
Après avoir tenté au préalable de récolter des fonds devant une église de Méru, sans succès, on leur aurait conseillé de se rendre à Versailles pour faire la même chose.
Ce qu’ils ont fait. À la variante près qu’au moment de quitter la ville préfecture, vers 18 h, ils ont constaté qu’une famille semblait partir en vacances. Ils se sont alors dit que cela pourrait être une bonne idée d’aller faire un tour à l’intérieur de leur pavillon.
Pour pénétrer dans la maison, ils n’y sont pas allés de main morte, forçant notamment une fenêtre.
Une jeune fille de 18 ans était dans le pavillon
Mais il y avait une chose que les cambrioleurs n’avaient pas prévue. Il restait une jeune fille, tout juste majeure (18 ans et quelques mois), à l’intérieur de la maison. Elle était en train de prendre sa douche quand elle a entendu plusieurs personnes et un inquiétant brouhaha chez elle. Prise de panique, elle s’est enfermée dans la pièce et a immédiatement appelé la police.
En arrivant sur place, les forces de l’ordre ont trouvé deux enfants en train de faire une courte échelle pour passer au-dessus du grillage. Le plus jeune, 11 ans, avait 400 € sur lui. Sa sœur, 12 ans, avait un tournevis en sa possession.
Dans la maison, tout a été fouillé, des bijoux (montres et gourmettes) ont disparu (ils ont été restitués aux victimes par la suite). Visiblement, les cinq membres de la famille ont participé activement au cambriolage même si le plus âgé indique que les enfants sont restés dans le jardin.
« J’avais donné 300 € à mon petit-fils en coupures de 20 €. C’était pour qu’il s’achète une trottinette. »
Beaucoup de mensonges et quelques excuses
Au milieu de leurs explications, toutes plus improbables les unes que les autres, les mis en cause ont glissé, les larmes aux yeux, quelques excuses aux membres de la famille cambriolée qui étaient présents à l’audience
« Excusez-nous, on ne savait pas qu’une jeune fille était présente dans la maison. Ce qui est arrivé est un accident. On a fait ça sur un coup de tête. Je suis sous le choc. On est prêt à vous indemniser. »
L’avocate de la partie civile a de son côté insisté sur le traumatisme causé chez la jeune majeure qui a, durant quelques minutes, craint le pire. « Depuis les faits, elle met deux heures à s’endormir. Elle ne peut plus aller nulle part sans son téléphone pour être sûre de pouvoir appeler la police. »
« On a le sentiment d’avoir été violé dans notre domicile, il y a de la crainte », ajoute son père.
« On est là sur un processus criminel »
Au moment de commencer ses réquisitions, la procureure de la République rappelle en préambule qu’un vol avec l’aide d’un mineur de moins de 13 ans est passible d’une peine de dix ans de prison.
« Leurs explications, comme celle de la tante malade en Serbie, ce n’est que du déclaratif. On est là sur un processus criminel : ils sont partis de Méru vers Versailles pour commettre un cambriolage. Il y a là tous les éléments pour entrer en voie de condamnation. »
Pour les deux prévenus, elle requiert une peine de deux ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt. Et une interdiction de fréquenter le territoire français pour les dix prochaines années.
Le tribunal abonde dans le même sens en prononçant une peine de deux ans de prison, avec maintien en détention, et une interdiction définitive du territoire national.
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