Incendie à Crans-Montana : "Tirer du positif du drame dans lequel a péri Cyane", sa maman, Astrid Panine, lance une action sur les réseaux sociaux

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Astrid Panine, installée à Sète, est la maman de Cyane, jeune femme qui a perdu la vie dans l’incendie dramatique de Crans-Montana, dans la nuit du nouvel an 2026. Elle lance "L’opération papillon" comme un large appel au respect, le 18 avril. Ce jour-là, Cyane aurait dû fêter ses 25 ans.

Vous organisez ce que vous appelez « L’opération papillon » (#operationpapillonC), à partir du 18 avril. En quoi consiste cette démarche ?

L’idée était de faire quelque chose du drame qui s’est déroulé à Crans-Montana, dans lequel a péri Cyane. En faire une chose positive autant que possible, ne pas rester dans le buzz médiatique de tristesse, de colère. Je voulais adresser mes pensées à tous ces blessés qui continuent de souffrir de ce drame, car pour beaucoup ce n’est pas fini. Après les blessures physiques, il reste les blessures psychologiques.

Le temps était venu, pour vous, de lancer cet appel ?

Le 1er janvier restera à jamais gravé comme le jour à rappeler en mémoire des victimes du drame de Crans-Montana. Cette nouvelle date du 18 avril, je veux en faire la date de la transformation. Rappeler que lorsque la chenille meurt, naît le papillon. Je veux faire de ce jour une renaissance. J’y associe le mot de respect, qui m’est venu comme une évidence.

Vous faites comprendre que cette histoire, depuis son point de départ, en a manqué ?

En tout cas, lorsque la sécurité ou l’intégrité des personnes n’est pas respectée, cela peut entraîner des conséquences lourdes. Je veux éveiller les consciences au respect. Oui, cette histoire a manqué de respect au niveau des consignes de sécurité. Il y a une procédure en cours, mais il est évident que des choses n’ont pas été respectées en amont du drame.

« Ces dernières semaines, je ne cesse de penser à ces vies brisées. Elles ne peuvent l’être pour rien »

Dans votre appel, vous précisez qu’il n’est pas question d’accuser, ni de juger…

Effectivement, je ne veux pas que ma démarche serve à tomber dans l’accusation ni le jugement. Je veux juste éveiller afin que ces drames ne se reproduisent plus. Le point de départ, c’est Crans-Montana. Mais je veux élargir. Ces dernières semaines, je ne cesse de penser à ces vies brisées. Elles ne peuvent l’être pour rien. J’ai choisi de donner du sens à ce drame, je cherche à le transcender. Pour ne jamais oublier ceux qui sont partis.

Concrètement, quelle forme va prendre cet appel ?

Sur les réseaux sociaux, avec le hashtag #operationpapillonC, j’invite tous les gens à partir du 18 avril et pendant une semaine, à faire une photo ou une vidéo d’un moment qui capte une action bienveillante, de soutien, ou simplement un moment de partage heureux. Pour ma part, je ferai une vidéo au moment d’une course, à Montpellier. Des jeunes vont courir avec un t-shirt en hommage à Cyane. Je veux montrer que le respect peut créer des choses extraordinaires. Ce peut même être un geste plus confidentiel ou personnel, une chanson, une lettre, une création artistique… Si cela fonctionne, pourquoi ne pas imaginer d’autres événements autour du respect ? Je le fais également pour sa meilleure amie qui a été victime du drame. J’aimerais aussi que ça la porte.

« Récemment, il y a eu les mêmes faits au Brésil, en Allemagne… Il faut que les consciences s’éveillent. »

Avez-vous la crainte que ce drame, tout comme Cyane, tombe dans l’oubli ?

Oui, parce qu’à un moment, on passe à autre chose. C’est la vie. Moi, je ne veux pas qu’on oublie. Récemment, il y a eu les mêmes faits au Brésil, en Allemagne… Il faut que les consciences s’éveillent. Les interdictions et les contrôles sont indispensables. Le temps est maintenant venu de faire autre chose de ce drame. On a été abasourdi. Moi-même, j’ai tourné en rond, je me suis demandé quoi faire. Et puis, je me suis dit qu’on ne pouvait pas rester sur quelque chose de glauque.

Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?

Ce sont les montagnes russes. Un jour je sors, un autre je ne peux pas. Lancer cet appel, c’est aussi me booster, ne pas rester sur la douleur. Cela a valeur de reconstruction. Si je reste dans la douleur, je ne m’en sortirai jamais. Et si je peux aider les autres, je le ferai. Cela me tient énormément à cœur.

« Les personnes inculpées doivent prendre leurs responsabilités et prendre conscience de ce qui s’est passé »

L’enquête sur les circonstances exactes de l’incendie se poursuit. Qu’attendez-vous de cette procédure ?

Ce que je sais, c’est que tout n’est pas encore sorti, notamment des témoignages lourds sur les circonstances du drame. Les auditions ne sont pas terminées. Moi, j’ai choisi de laisser libre cours aux choses. J’observe. J’attends. Ce que j’espère, c’est qu’il y ait un éveil des personnes responsables. Les personnes inculpées doivent prendre leurs responsabilités et prendre conscience de ce qui s’est passé. Ce n’est pas à moi de juger. Je n’en ai ni les compétences, ni l’envie. Reconnaître, cela apaisera beaucoup de monde.

Le visage de votre fille a suscité un immense élan de solidarité. Qu’avez-vous gardé de ce soutien ?

Cela nous a énormément touchés. Cette surmédiatisation nous a même fait un peu peur. D’autant plus que Cyane n’avait pas son mot à dire sur tout ça. Je crois que beaucoup de personnes se sont identifiées à sa jeunesse. Mais Cyane était tellement plus que ça. Elle était solaire, joyeuse, pleine de vie. Je veux que la vie continue à travers elle. Et à travers tous ces jeunes. Je pense à l’avenir de toutes les victimes, quelles qu’elles soient, de Crans-Montana et d’ailleurs.

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