Deux mois après l’incendie qui a frappé l’un de ses foyers d’hébergement d’urgence et a fait un mort, les équipes de L’Avitarelle restent marquées par le drame. Hakim, premier sur les lieux, raconte, tandis que l’association travaille sur le retour des pensionnaires et sur son avenir financier.
« Pensionnaires, salariés, bénévoles… Deux mois après, le drame est encore dans toutes les têtes et la famille de L’Avitarelle reste très impactée », confiait ce mercredi 15 avril le président de l’association d’accueil et d’accompagnement des publics en grande précarité, Yves Leglise. Le bâtiment de l’avenue du Docteur-Jacques-Fourcade porte encore les stigmates, bien visibles, de dans ce foyer d’hébergement d’urgence du quartier de La Rauze.
Quatre-vingt-trois résidents avaient pu être évacués à temps grâce à l’action du personnel de l’association. L’un d’entre eux, un octogénaire régulièrement accompagné par les équipes de L’Avitarelle et qui se trouvait dans la chambre d’où sont parties les flammes, n’avait pas pu être sauvé.
« J’ai fait des allers-retours car je ne pouvais pas tenir. Autant que possible pour sortir tout le monde »
Hakim Saidi était le premier sur place. En poste depuis deux ans, il évoque avec pudeur « les cris d’un pensionnaire qui donne l’alerte » et « les fumées qui sortent de l’une des chambres doubles et qui se propagent très rapidement dans le couloir ». Trop rapidement. Avec l’un de ses collègues de travail, il tente en vain de stopper les flammes avec un extincteur. « La chaleur est devenue intenable extrêmement rapidement. Je ne pouvais pas tenir longtemps à l’intérieur alors j’ai fait des allers-retours. Deux ou trois peut-être. Autant que possible pour faire sortir tout le monde.«
L’aide soignant parvient à faire évacuer le rez-de-chaussée et le premier étage. Mais il ne pourra rien pour la victime. « Je le vois. Je vois ses jambes mais je ne parviens pas à l’atteindre. Les flammes sont au-dessus de ma tête. Elles avaient fait exploser les fenêtres. C’était trop tard », confie-t-il sous les câbles électriques fondus, dans un couloir calciné où commenceront bientôt les travaux.
Présente sur place pour qui doit permettre à l’association d’envisager plus sereinement l’avenir, la préfète de l’Hérault Chantal Mauchet a salué ce mardi « un geste héroïque ». « Sans votre intervention, les conséquences de ce drame auraient pu être bien plus funestes… »
Le retour des résidents espéré pour juillet
Un constat partagé par le nouveau directeur de la structure, qui a pris ses fonctions quelques semaines après le drame. Il doit désormais conduire la remise en état du site pour , tous sans domicile fixe. Quarante-huit sont actuellement hébergés de manière provisoire dans le quartier du Millénaire, d’autres ont été accueillis par des associations partenaires.
« On espère la livraison du bâtiment pour la fin du mois de juillet. Il fallait analyser l’impact sur la structure et réfléchir aux améliorations à apporter, détaille Rémi Chetoui, en poste depuis le 19 janvier. Nous avons décidé d’installer des détecteurs incendie directement dans les chambres plutôt que dans le couloir, et qu’ils soient reliés entre eux pour que l’alarme sonne simultanément, pour améliorer encore notre réactivité en cas de sinistre. Nous voulons aussi, et plus globalement, donner un côté plus humain au site. Nos équipes bénévoles travaillent par exemple sur des projets de végétalisation et l’installation de potagers. »









