L’actrice Adèle Haenel s’est exprimée pour la première fois depuis après la condamnation en appel du réalisateur Christophe Ruggia à cinq ans de prison, dont deux ferme, pour agressions sexuelles. Elle a confirmé samedi 25 avril qu’elle ne ferait plus de cinéma mais poursuivra son combat pour "un monde où toutes les enfances sont protégées".
La fin d’un parcours judiciaire « lourd et éprouvant ». Invitée de l’émission de France 5 « C dans l’air » samedi 25 avril, Adèle Haenel est revenue sur , Christophe Ruggia, à cinq ans de prison, dont deux ans ferme.
Une intervention publique rare : voilà presque cinq ans qu’elle n’avait quasiment pas pris la parole publiquement, en dehors de ses réseaux sociaux.
« Une profonde injustice »
L’annonce de la condamnation de Christophe Ruggia a été « un soulagement » pour la comédienne de 37 ans, de la part du réalisateur. « C’est la fin d’un parcours judiciaire lourd et éprouvant », a-t-elle indiqué, ravie « d’avoir les termes posés par la justice ».
« C’est un chapitre qui se referme […] Je me sens chanceuse d’avoir eu droit à la justice. Mais comment se fait-il que la manifestation de la vérité ne soit réservée qu’à certains ? ». Adèle Haenel et son avocate Me Anouck Michelin, invitées d’, dans
— C dans l’air (@Cdanslair)
« Je me sens chanceuse d’avoir eu droit à la justice », a confié la comédienne. Un « privilège » qui l’inquiète : « Se sentir chanceuse d’avoir eu droit à la justice ne témoigne-t-il pas d’une profonde injustice ? Comment se fait-il […] que ce soit réservé à certains ? »
« Dans de très nombreux cas, les personnes n’ont pas l’occasion de voir leur affaire traitée en justice », a-t-elle ainsi rappelé. Avant d’ajouter qu’il y a « énormément de choses qui se mettent sur le chemin avant de pouvoir aller jusqu’au procès ».
Un retour dans le monde du cinéma ?
Pour l’actrice du « Portrait de la jeune fille en feu », cette condamnation est non seulement « un chapitre (qui) se ferme » mais également l’opportunité d’en écrire un autre. Car ce parcours judiciaire, qui aura duré six ans, était un « un travail » à plein temps : « C’est beaucoup de temps passé à examiner le dossier, à préparer les auditions, se remémore-t-elle. Du temps que je pourrai consacrer à autre chose désormais ».
Adèle Haenel souhaite désormais partager son temps entre le théâtre et son engagement politique. « Ce parcours pour la justice ne se mène pas uniquement dans le cadre judiciaire, mais aussi dans la société », souligne-t-elle. Questionnée sur son militantisme, elle s’interroge : « On me dit que je suis militante. De quoi ? De vivre dans un monde où toutes les enfances sont protégées, à l’abri des bombes, comme des viols ? »
Lorsqu’Aurélie Casse l’interroge sur un potentiel retour dans le cinéma, Adèle Haenel affirme avoir définitivement fermé la porte à ce monde.« Je ne critique pas le médium mais l’industrie, qui construit des imaginaires qui n’aident pas à sortir de la crise dans laquelle nous sommes. Pour moi, les récits qu’elle propose restent problématiques, véhiculant racisme, sexisme, élabore-t-elle. Avant de conclure : « Je n’ai pas envie de participer à ça ».






