« Je ne l’ai pas vu », se défend la prévenue

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Raconté à la barre du tribunal correctionnel de Melun, en Seine-et-Marne, par la prévenue elle-même, l’accident mortel semblait inévitable : « Je ne l’ai pas vu, j’ai juste entendu le choc et mon pare-brise a éclaté. Je n’ai pas compris ce qu’il se passait. J’ai pensé à un animal qui traversait… » Le soir du 9 décembre 2025, à 18 h 15, en rentrant du travail, elle percutait par l’arrière un cycliste qui roulait devant elle, à l’entrée de Boissise-la-Bertrand. Pouvait-elle le voir ? C’est la question primordiale qui hantera les deux heures l’audience de ce jeudi 26 mars 2026.

Le cycliste projeté à une vingtaine de mètres

La malheureuse victime – un ressortissant moldave d’une cinquantaine d’années -, roulait dans le sens Ponthierry – Le Mée sans gilet réfléchissant sur son VTT sans éclairage, dans l’obscurité de cette zone très sombre de la RD 39. À cet endroit (au niveau du n° 41 de la rue de Seine), la chaussée, sans éclairage public, est très étroite et se faufile entre les premières maisons et la Seine qui borde le côté droit. De plus, le quinquagénaire fortement alcoolisé, avec 2,33 grammes d’alcool par litre de sang. Et selon des témoins, il roulait au milieu de la chaussée.

Alors, comment éviter le drame ? Sous la violence du choc, le cycliste avait été projeté à une vingtaine de mètres. Il était décédé sur place de traumatismes au niveau du crânien et du thorax.

Le défunt était père de quatre enfants et grand-père de six petits-enfants. Il était marié depuis 33 ans et vivait à 800 mètres de l’endroit où il a trouvé la mort. Sa veuve, présente au procès, témoigne en sanglots du drame qui a anéanti sa famille entière. « Le soir de la disparition de son mari, ma vie s’est arrêtée », témoigne-t-elle devant les magistrats.

À quelle vitesse ?

Ce « choc à haute cinétique », selon le jargon des experts, sera au cœur des débats. « Un témoin circulant derrière vous affirme que vous rouliez à près de 80 km/h en cet endroit limité à 70 et il déclare avoir vu le cycliste dans vos phares avant le choc », souligne la présidente. À la barre, la prévenue, âgée d’une trentaine d’années, semble perplexe face à cette version mais maintient sa thèse : « Je roulais à 60-70 km/h. C’est un endroit dangereux et étroit que j’emprunte tous les jours. Le trafic était dense avec des véhicules venant en face qui ont pu m’éblouir. »

L’avocate de la défense vient à son secours en précisant que cet unique témoin était en conversation téléphonique au moment du choc. Elle indique également que l’airbag avant du véhicule Mercedes de sa cliente ne s’est pas déclenché, « ce qui indique une vitesse moyenne ».

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La jeune femme, en larmes, est effondrée : « Je suis anéantie depuis le drame. Je ne conduis, plus et je n’ai pas pu reprendre le travail pour cause de dépression. Je demande pardon à la famille, je sais ce qu’ils doivent ressentir ». Son avocate précise alors que « ce drame la ramène dans le traumatisme personnel de la mort de son propre frère, sur la route ».

Coupable d’homicide involontaire

Dans ses réquisitions, la procureure maintient l’accusation : « Vous rouliez trop vite pour respecter les distances », tout en admettant « qu’il reste une part d’ombre sur cette prétendue vitesse ». Elle requiert douze mois de prison avec sursis.

Au final, l’automobiliste, qui avait tous ses points, a été reconnue coupable d’homicide involontaire par conducteur d’un véhicule à moteur terrestre. Elle écope de 12 mois de prison avec sursis, 12 mois de suspension de permis et à un volume de dommages et intérêts de plus de 25 000 € à verser aux onze parties civiles.

Jean-François CALTOT

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