Vous vous demandez quels sont ces fourgons rouges ou blancs que vous croisez sur les routes de l’Hérault, gyrophares allumés et sirène activées ? Ce sont les démineurs de la sécurité civile basés à Montpellier qui partent sur une intervention urgente.
Le 19 février 2026, quelque 900 personnes ont été évacuées à Castelnau-le-Lez, après la réception d’un mail aux gendarmes annonçant qu’une bombe allait sauter au siège d’Ubisoft. C’était un canular, mais les démineurs ont passé les bâtiments au crible durant six heures. Depuis, une enquête est en cours pour remonter à l’auteur de cette fausse alerte.
« Tic-tac » dans un sac dans la rue
Ce vendredi 13 mars 2026, à 16h30, des riverains inquiets ont signalé à la police municipale un sac rendu plastique abandonné dans une rue du quartier des Constellations, à Juvignac. Ils étaient intrigués par un bruit d’horloge d’un réveil : « tic-tac ». En ces temps de guerre au Moyen-Orient, les gendarmes ont installé illico un périmètre de sécurité et alerté les démineurs. Mais ils n’ont pas eu à se déplacer, car la propriétaire du sac s’est rapidement manifestée : il contenait un jeu de société.
Sur des plages et en gare
Voilà le quotidien des démineurs de la Sécurité civile de Montpellier qui n’ont pas chômé en 2025 et qui multiplient les opérations depuis le début de l’année : ils ont déjà neutralisé, enlevé et détruit des obus et des bombes de la seconde Guerre mondiale, notamment sur des plages à Sète, et fait exploser des valises ou des colis suspects oubliés dans des gares SNCF, après la mise en place de périmètres de sécurité, comme ce fut le cas dernièrement en gare Saint-Roch, à Montpellier.
À l’honneur en préfecture
Les démineurs étaient à l’honneur, d’ailleurs, aux voeux 2026 adressés récemment aux forces de sécurité par Chantal Mauchet, la préfète de l’Hérault. Ils ne sont jamais oubliés, tant leur mobilisation et leur professionnalisme 24h sur 24, tous les jours de l’année sont reconnus.
Le service de déminage de Montpellier existe depuis 1945, année de création d’une direction du déminage rattachée au ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme.
« La première mission du service de déminage a été de déminer les sols et terres agricoles, fortement piégée par l’armée allemande, afin de permettre la reprise économique du pays après guerre. Devant la quantité de travail à effectuer, le 2 mai 1945, un centre de formation d’élèves artificiers est créé à Palavas-les-Flots, afin de fournir un nombre suffisant de personnels qualifiés aux techniques de déminage », explique la préfecture de l’Hérault, sollicitée sur le sujet par Métropolitain.
Pays « déminé » depuis 1947, mais…
À partir de 1947, année à partir de laquelle le pays est considéré « déminé » et totalement sûr pour reprendre les activités agricoles et viticoles normalement, les équipes de déminage vont subir une diminution drastique des effectifs. Toutefois des équipes de sécurité seront maintenues, notamment à Montpellier, afin de continuer à effectuer des interventions ponctuelles sur des zones de compétences beaucoup plus étendue.
Aujourd’hui, le centre de déminage de Montpellier, sous la responsabilité du chef-démineur Yves R., est constitué de onze démineurs. Sa zone de couverture est vaste, puisqu’il est compétent sur sept départements : Pyrénées-Orientales, Aude, Hérault, Gard, Aveyron, Lozère et le Cantal. Dès qu’une alerte est donnée, une équipe d’astreinte prend la route et doit être sur zone au plus vite.
Deux missions principales
« Les deux missions principales d’un centre de déminage sont la lutte anti-terroriste et l’intervention sur les découvertes de munitions et engins de guerre non explosés. S’ajoutent directement à ces missions, l’assistance aux autres services de l’État : police nationale, gendarmerie et douanes dans l’exercice de leurs missions régaliennes, ainsi que l’intervention préventive dans le cadre de déplacements d’autorités ministérielles ou étrangère, et d’évènements de grande ampleur : sportifs, religieux, festifs », ajoute la préfecture.
Le centre de déminage de Montpellier dispose de véhicules équipés de matériels d’intervention dans la lutte anti-terroriste : robot, tenue lourde, matériel d’inspection et de levée de doute, et de véhicules adaptés au transport d’engins de guerre non explosés.
Il est également équipé d’un pool de démineurs plongeurs, afin d’intervenir sur les découvertes de munitions en milieu subaquatique.
709 interventions en 2025
Sur l’année 2025, le centre de déminage de Montpellier a comptabilisé, toutes missions confondues, pas moins de 709 interventions. Sur l’ensemble de l’année, 15 tonnes de munitions et d’explosifs de toutes sortes ont été ramassées sur la zone de compétence du service. La majorité de ces munitions et explosifs ont été détruits sur zone de découverte ou transportés sur le site de stockage dédié en attente de destruction.
343 agents sur le territoire
Au nouveau national, le Groupement d’intervention die déminage -GID- de la Sécurité civile comprend 26 centres de déminage répartis sur le territoire, avec 343 agents spécialisés. Il est reconnu comme une référence européenne en matière de déminage civil, avec une expertise unique dans la neutralisation des munitions historiques (provenant des deux guerres mondiales) et des menaces modernes.
Gares et aéroports
Depuis 1945, pas moins de 700 000 bombes d’aviation ont été désamorcées, 13 millions de mines enlevées et 35 millions d’obus et engins divers neutralisés ou détruits. Ne sont pas communiqués, les chiffres sur les interventions pour neutraliser des objets suspects dans les gares et d’autres lieux publics, comme ce fut le cas dans les hall de l’aéroport de Montpellier Méditerranée à Mauguio.
Conseils utiles
Pour éviter de déranger pour rien ces démineurs, mais aussi les pompiers, les policiers, les gendarmes, c’est simple : n’oubliez pas votre valise dans un coin d’une gare. Et un conseil important : si vous trouvez un petit obus dans du sable ou dans un bois, surtout laissez sur sur place et alertez les forces de l’ordre, ne le transportez pas jusqu’à un commissariat de police, une gendarmerie ou une caserne de pompiers ! C’est déjà arrivé dans l’Hérault, notamment à Frontignan-La Peyrade.
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