le conducteur sans permis jugé après la mort de son ami

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Dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 octobre 2024, il était environ minuit et demie, lorsque tout d’un coup, les habitants d’une longère bordant la route des Iles qui mène du bourg de Ravenoville (commune déléguée de Sainte-Mère-Eglise, Manche) à la plage, la D 421, sont réveillés brutalement. Une voiture a fini sa course contre la façade de leur maison, après avoir endommagé le muret de leur cour.

Un week-end dans la maison de famille

La voiture venait de la direction de Quinéville, route D 15, et son conducteur en a perdu le contrôle au carrefour avec la route de la plage. À 100 km/h. Le choc a été si violent, a raconté la seule automobiliste témoin de l’accident, que l’arrière de la voiture s’est élevé jusqu’à la gouttière de la maison : « C’était comme une voiture bélier ».

Dans la voiture, il y avait deux jeunes : Calixte, 18 ans, et un ami, Arnaud, 19 ans. Quand les secours sont arrivés, le conducteur et son passager étaient incarcérés dans la voiture, grièvement blessés. Ils ont été tous deux transportés au CHU de Caen, le plus jeune par la route, le second, plus gravement atteint, à bord de l’hélicoptère de la sécurité civile, Dragon 50.

Arnaud est décédé au CHU des suites de ses blessures le 21 novembre 2024, victime d’un traumatisme crânien grave, à peine un mois après l’accident. Le médecin qui l’avait examiné avait relevé de multiples fractures faciales et au crâne, qualifiant son pronostic vital et son état neurologique particulièrement défavorables. Calixte, quant à lui, était atteint aux vertèbres.

Les parents d’Arnaud ont une maison de famille à Quinéville. Ce dernier week-end d’octobre, en pleines vacances de la Toussaint, était une occasion favorable pour Arnaud de réunir quelques-uns de ses meilleurs amis, tous jeunes adultes de 18-19 ans. Sans parents, sans adultes. Sans contrainte.

Le vendredi, ils partent de la région parisienne à quatre, Arnaud au volant de la voiture que lui a prêtée une tante. Le lendemain, on va chercher le cinquième compère en gare de Valognes, puis le groupe va faire ses courses au Leclerc, route de Montebourg. Des courses pour faire la fête : de quoi manger, mais aussi une liste imposante de boissons alcoolisées : une bouteille de rhum, une bouteille de vodka, deux cubis de vin blanc, des packs de bière.

La maison de Quinéville est près de la plage. Le groupe s’y rend l’après-midi pour une partie de foot. « il n’y a pas d’alcool à la plage » a assuré Calixte. Mais de retour, le soir, dans la salle de jeux de la villa, il y a l’apéro, la bière.

Sans permis, alcoolisé, il prend le volant

Soudain, l’idée d’aller faire un feu sur la plage fuse du groupe. Pas sur Quinéville, mais plus loin, à 2-3 kilomètres. Il est 22 heures. Et les voilà partis à cinq dans la voiture, avec une provision de rhum et de vodka. Sur la plage, ils restent près de deux heures, à s’alcooliser devant leur feu et la mer. On est fin octobre, pas question de passer la nuit à la plage. Il est 23 h 45. Les cinq remontent en voiture, Arnaud au volant. Mais est-ce que l’alcool l’a rendu euphorique ? « À faire le mariole », il inquiète trois de ses copains qui, l’estimant dangereux, le prient de les laisser descendre : ils rentreront à pied. Calixte, à la place avant passager, reste.

C’est alors qu’Arnaud, accusant un coup de fatigue, lui propose de prendre le volant. Calixte n’a pas le permis, il en a le code, et a encore à apprendre en conduite. Arnaud guide Calixte, passe les vitesses. Ils arrivent à bon port à Quinéville. Arnaud descend, ouvre la barrière… La soirée aurait pu s’achever là, une fois les trois piétons rentrés. Il suffisait d’attendre un petit quart d’heure.

Mais il en a été autrement. Calixte a-t-il pris goût à tenir le volant, contre toute attente ? Calixte propose une autre virée plutôt que d’attendre les autres à la villa. Il garde le volant. Euphoriques, satisfaits, bravaches, alcoolisés tous les deux, Arnaud dit comment passer les vitesses, et il filme son pote au volant.

La vidéo a été retrouvée dans la voiture accidentée. On y entend Arnaud demander à Calixte de ne pas aller trop vite… Au carrefour des deux routes à Ravenoville abordé à 100 km/h, la voiture entame le terre-plein central, devient incontrôlable entre les mains de Calixte et s’écrase sur la façade de la maison voisine.

Pour la famille, très soudée, un drame absolu

Mardi 24 mars 2026, le père d’Arnaud est venu parler de son fils, contenant difficilement son émotion. 23 membres de la famille étaient présents, parents, frères et sœurs d’Arnaud, parrain, marraine, cousines et cousins, y compris une tante religieuse en habit de sa communauté, tous parties civiles.

En hommage au garçon qui leur a été arraché, un jeune « exemplaire, rapporte le père, chef scout, protecteur, entraînant, engagé à son âge de 17 ans dans un mouvement de jeunes, appliqué dans ses études de commerce, reconnu pour ses qualités rationnelles ».

C’est pour cette famille très soudée « un drame absolu » a souligné l’avocat qui portait leur douleur et leur plainte devant les juges cherbourgeois, et qui a évoqué discrètement les demandes indemnitaires formulées par les plaignants sans le chiffrer.

Un an ferme requis contre le jeune homme

Calixte, croyant comme l’était son ami perdu, a dit prier pour qu’on lui pardonne les souffrances infligées par sa faute. Et, ses parents étant présents, il a eu ce cri : « J’ai déshonoré ma famille. » Il a changé d’orientation, il a abandonné le droit. Il a arrêté ses cours de conduite. Il ne sait comment « sortir la tête de l’eau ». Il a besoin d’être accompagné, a plaidé son avocate.

La magistrate du parquet a requis contre lui une peine de 2 ans de prison dont 1 an avec sursis, l’année de prison ferme étant aménageable ab initio. Elle suggère qu’il lui soit interdit de présenter les épreuves du permis de conduire avant un an.

Réponse des juges le 28 avril prochain à 13 h 30.

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