« Cette relation, sans la drogue, ce serait une belle relation » soupire le prévenu à la barre du tribunal correctionnel de Dieppe (Seine-Maritime). Lundi 20 avril 2026, ce jeune homme de 23 ans est poursuivi pour des faits de violences conjugales. Depuis un an et demi, il est en couple avec la victime. Il y a six mois, ils ont emménagé ensemble, sa compagne avait d’ailleurs quitté son travail sur le ferry pour se rapprocher de son conjoint. Mais voilà, après cette installation, l’idylle a viré au cauchemar. La relation est devenue toxique de l’aveu même du prévenu et de la victime. Les épisodes de violences réciproques sont nombreux, le tout sur fond d’une consommation de drogue forte et régulière. Le 17 avril 2026, les violences atteignent leurs paroxysmes quand le prévenu se rend au domicile de la mère de la victime. Sa conjointe est en train de prendre une douche.
« C’était un verre, ça s’est fini à 5 h du matin »
La veille, elle a passé la soirée avec sa sœur et un ami de celle-ci pour boire un verre. « À la base, c’était un verre mais ça s’est fini à 5 h du matin. Une connaissance à moi me dit même qu’ils sont partis s’acheter un demi-gramme de cocaïne » détaille le prévenu.
Sa petite amie ne répond à aucun de ses messages alors qu’il lui en envoie régulièrement tout au long de la soirée. Excédé, le prévenu crée une story privée sur le réseau social Snapchat avec sa copine dans laquelle il diffuse des photos à caractères sexuels réalisés en début de relation.
Au bout de sa colère, il se rend donc au matin au domicile de sa belle-mère pour retrouver sa compagne. Une maison qui se trouve à Saint-Nicolas-d’Aliermont, commune sur laquelle il n’a plus droit de se rendre après avoir été condamné pour des incendies de voitures.
« Je l’aime toujours »
Une fois dans la maison, il crie, insulte et frappe. Il prend même un couteau et menace la victime. « Je l’ai juste levé et posé, ça a duré une fraction de seconde » se défend-il à la barre. En partant, il brise le téléphone de sa compagne. Il sera interpellé par les gendarmes.
À la barre du tribunal correctionnel, il s’effondre : « Je l’aime énormément, je l’aime toujours. Dans dix ans je l’aimerai encore, 98 % des faits de violences, c’est à cause de la drogue » affirme le jeune homme. Le prévenu dit qu’auparavant, il n’était pas comme ça. Sa vie a été détruite après viol subi il y a sept ans.
« On est toxique l’un pour l’autre »
Cette épreuve, il n’a pas encore pu la surmonter car le procès aux assises se fait toujours attendre. « Je ne voulais pas que ça se passe comme ça, moi aussi je l’aime mais je pense que l’on est toxique l’un pour l’autre. Il doit avoir des soins dans un centre spécialisé, je ne pense pas que la prison soit une solution » explique la victime qui indique vouloir retirer sa plainte et ne pas se constituer partie civile.
Malgré les réquisitions du procureur, qui réclame huit mois de prison ferme avec maintien en détention, le prévenu est finalement condamné à 12 mois de prison qu’il effectuera chez lui équipé d’un bracelet électronique. Il n’a plus le droit de paraître au domicile de la victime ni d’entrer en contact avec elle pour les trois prochaines années.
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