Dans une vidéo publiée le 13 février, le Catalan et naturopathe Thierry Casasnovas, soupçonné de dérives sectaires, indique qu’il va réintégrer son centre de "régénération". Les parties civiles rappellent qu’il a l’interdiction de participer à des rassemblements liés à la santé.
Le gourou catalan Thierry Casasnovas, apôtre du crudivorisme et du jeûne, soupçonné de graves dérives sectaires et toujours mis en examen depuis mars 2023 à Perpignan pour huit délits (exercice illégal de la médecine et de la pharmacie, abus de faiblesse, abus de confiance, pratiques commerciales trompeuses, faux et usage de faux), a-t-il une nouvelle fois enfreint son contrôle judiciaire ? Ou peut-il effectivement reprendre ses formations et stages payants auprès de ses fans ?
La question se pose après une nouvelle vidéo postée vendredi 13 février sur les réseaux sociaux, dont il est un grand spécialiste et qui l’ont fait connaître, notamment pendant le Covid. Dans ce nouvel épisode intitulé « remettre les pendules à l’heure », il se félicite en ces termes : « Je vais enfin pouvoir participer au séjour au centre de la régénération et là je vais pouvoir être avec l’équipe. »
Et ce, alors qu’il avait initialement, dans son contrôle judiciaire, « interdiction de participer ou d’organiser des stages ou formations en lien avec la naturopathie, l’hygiénisme, la santé ou le bien-être » lui avait indiqué le juge d’instruction. Mais selon nos informations, il a effectivement obtenu en janvier, un allègement de ses obligations. La raison ? Parce qu’il entend toujours se présenter à la présidence de la République, « mais peut-on imaginer un candidat qui ne parle pas de santé, sujet majeur ? » nous soutient son avocat Me Di Vizio qui a ainsi argumenté devant le juge. « La seule interdiction qui lui reste c’est de ne plus parler d’hygiénisme, de crudivorisme et de compléments alimentaires ».
Pourtant, Me Jean-Baptiste Cesbron, partie civile dans ce dossier, n’a pas du tout la même analyse de cet étau qui s’est certes desserré, mais ne lui permet pas de reprendre comme si de rien n’était ses prédications sur la santé à l’origine de ses ennuis judiciaires.
« Il veut rassurer sa communauté »
« Il n’a pas sollicité la levée de l’interdiction de dispenser des formations ou organiser des stages, il a interdiction de participer à tout rassemblement lié à la santé » dénonce l’avocat, rappelant qu’il s’est déjà fait « taper sur les doigts. Il avait déjà fait l’objet de rappels à ses obligations de contrôle judiciaire en avril 2023 et juillet 2024, ce qui souligne le caractère réitéré de tels manquements. Il veut rassurer sa communauté et réécrire son histoire d’un homme injustement poursuivi par la justice. »
L’avocat s’est fendu ce mardi 17 février d’un courrier au juge d’instruction pour lui signaler. Comment l’interprétera-t-il ? Si le contrôle judiciaire est révoqué, c’est la prison.
Mais défense et parties civiles s’entendent sur un point, la nécessité d’en finir avec cette instruction : « soit vous le jugez au tribunal, soit il y a non-lieu, mais il n’y a pas besoin de dix ans d’enquête » lance Me Di Vizio.



