Des tirs nourris ont retenti ce dimanche 26 avril à Kati, près de Bamako, au lendemain d’une offensive coordonnée d’envergure au Mali. Le ministre de la Défense, Sadio Camara, a été tué lors de ces assauts revendiqués par les rebelles touaregs du FLA et les djihadistes du JNIM. On vous explique.
Ce qu’il faut retenir
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Des tirs ont retenti ce dimanche à Kati, près de Bamako, au lendemain d’attaques coordonnées menées par Al Qaïda (JNIM) et les rebelles touaregs (FLA) à Bamako, Mopti, Sévaré et Gao, contredisant les affirmations de contrôle de l’armée.
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Le ministre de la Défense, Sadio Camara, a été tué samedi lors de l’assaut contre la garnison de Kati. Un couvre-feu nocturne de trois jours a été instauré sur le territoire alors que le bilan humain global de cette offensive reste incertain.
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Les rebelles du FLA affirment avoir repris la ville de Kidal ce dimanche et négocié le départ des mercenaires russes d’un camp assiégé. Face à cette escalade de violence au Sahel, l’ONU a fermement condamné ces actes et appelé à une réponse mondiale.
Des tirs soutenus ont retenti ce dimanche à Kati, ville de garnison située près de la capitale malienne, au lendemain d’une des plus importantes attaques coordonnées menées ces dernières années dans ce pays par une branche d’Al Qaïda et des rebelles touaregs.
Ces nouveaux tirs laissent présager la poursuite de combats après que des insurgés ont lancé samedi des attaques sur plusieurs positions militaires à Bamako et autour de la capitale, ainsi que dans d’autres localités du pays, alors que l’armée affirmait la veille que la situation était sous contrôle.
Le ministre malien de la Défense a, lui, été tué dans l’attaque menée hier. « Dans l’attaque de Kati, le ministre (Sadio) Camara a été tué ainsi que sa seconde femme », a dit à l’AFP un membre de sa famille. « Nous avons perdu un être très cher, le ministre de la Défense. Il est tombé sur le champ d’honneur », a déclaré une source gouvernementale.
Les Nations unies ont appelé à une réponse internationale face à la violence et au terrorisme dans cette région du Sahel. « Le secrétaire général (de l’Onu) est profondément préoccupé par les informations faisant état d’attaques dans plusieurs localités du Mali. Il condamne fermement ces actes de violence », a écrit un porte-parole de l’Onu sur le réseau social X.
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\ud83d\udd38 Des forces appartenant au JNIM, groupe djihadiste affilié à Al‑Qaïda, seraient à l’origine des attaques contre Bamako et chercheraient à « renverser le gouvernement », selon des sources militaires citées par Al Jazeera.
\ud83d\udd38 Ces mêmes sources indiquent que des… https://t.co/EpaErZMjRl— Little Think Tank (@L_ThinkTank) April 25, 2026
Vague d’attaques coordonnées
Le Mali, où l’armée a pris le pouvoir après deux coups d’État en 2020 et 2021, est aux prises depuis plus d’une décennie avec une insurrection armée de groupes djihadistes liés à Al Qaïda et l’État islamique. Le pays fait également face à une rébellion touarègue dans le nord.
Une branche d’Al Qaïda et des rebelles touaregs ont revendiqué les attaques de samedi, dont le bilan définitif en termes de morts et de blessés reste incertain dimanche, tout comme le sort de la ville de Kidal, théâtre d’affrontements, que les insurgés ont affirmé avoir reprise aux forces gouvernementales lors de cet assaut. Le porte-parole du gouvernement, Issa Ousmane Coulibaly, a déclaré samedi que 16 personnes avaient été blessées et que la situation était complètement maîtrisée dans toutes les zones attaquées.
Video reportedly showing Russian Africa Corps forces leaving Kidal, Mali. This follows yesterday’s ultimatum to Russian forces in-country put out by Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM). pic.twitter.com/4LjxI2yqMz
— OSINTdefender (@sentdefender) April 26, 2026
Couvre-feu de trois jours
Un couvre-feu nocturne d’une durée de trois jours a également été instauré. Mais le Front de libération de l’Azawad (FLA), une alliance rebelle à dominante touarègue, a déclaré dimanche avoir repris le contrôle de Kidal. Un porte-parole du FLA a déclaré, dans un message publié sur X, qu’un accord avait été conclu pour permettre aux mercenaires russes de quitter un camp assiégé situé à l’extérieur de la ville, où les forces armées maliennes étaient toujours retranchées.
Revendiquant la responsabilité des attaques de samedi, le FLA a déclaré avoir mené cette opération de grande envergure aux côtés du Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), un autre groupe lié à Al Qaïda. Le JNIM a également publié samedi un communiqué, relayé par l’organisation Site Intelligence Group, revendiquant la responsabilité des attaques à Kati, à l’aéroport de Bamako et dans des zones plus au nord, notamment à Mopti, Sévaré et Gao. Reuters n’a pas pu vérifier de manière indépendante les revendications du JNIM et de la FLA.








