l’ex-CRS condamné, sort de prison

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Le 3 juillet 2018, vers 20 h 30, R. Hadjadji et plusieurs de ses collègues de la compagnie républicaine de sécurité (CRS) nᵒ 17 patrouillaient dans le secteur « sous tension » du Breil quand ils avaient voulu contrôler le conducteur d’un Nissan Juke noir dans l’allée Henri-Chrétien. Ce véhicule était en fait placé « sous surveillance avec demande d’informations pour stupéfiants ». Les policiers avaient alors reçu l’ordre de ramener au commissariat Aboubacar Fofana – qui leur avait donné une fausse identité – et l’avaient invité à se garer à proximité.

Brusquement, le conducteur avait enclenché la marche arrière et reculé en direction d’un fonctionnaire et d’enfants présents à ses côtés, avant de percuter une Renault Mégane verte en stationnement. Le SUV avait ensuite rebondi vers les policiers positionnés à l’avant, avant de repartir en arrière. Le brigadier-chef R. Hadjadji avait alors sorti son arme et tiré.

Blessé à la carotide, Aboubacar Fofana avait dévalé l’allée au volant de son véhicule avant de s’encastrer dans un muret d’habitation dans la rue des Plantes. Il était décédé peu après 21 h 30 à cause d’un « traumatisme cervical », d’après l’autopsie. Le drame avait alors déclenché des émeutes dans tous les quartiers de Nantes et fait la Une des médias nationaux.

Après « huit ans de contrôle judiciaire », R. Hadjadji avait été condamné par la cour criminelle départementale de Loire-Atlantique à sept ans de prison pour « violence avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner », une décision dont il a fait appel.

Ce vendredi 27 mars 2026, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes a remis en liberté le CRS avant son procès en appel. Il a également été placé sous contrôle judiciaire.

« Je commence à avoir des idées noires »

En garde à vue, le policier avait dit s’être « précipité dans l’habitacle pour tourner le volant » lorsqu’il avait « entendu une détonation », sans avoir eu « la sensation de presser la détente » de son Sig-Sauer de calibre « 9 mm ». Le policier avait invoqué la « légitime défense », avant de changer de version 48 heures plus tard et de parler finalement d’un tir « accidentel ».

Ce jeudi 26 mars 2026, Me Estelle Vairevese, collaboratrice de « l’avocat des flics », Me Laurent-Franck Lienard, est donc venue solliciter la remise en liberté sous contrôle judiciaire de ce policier de 60 ans, désormais « retraité », et donc la femme est restée « handicapée à 80 % » après avoir subi « un grave accident de la route ».

« En presque huit ans de contrôle judiciaire, il n’y a eu aucun incident, aucune difficulté », a rappelé l’avocate parisienne de ce policier qui exerçait « depuis vingt-sept ans » au moment du drame et qui était décrit comme « volontaire, rigoureux, moteur et professionnel ». Son client est « particulièrement vulnérable » en détention et se retrouve « à l’isolement » car il est « la cible évidente pour les délinquants et les criminels qui l’entourent »… 

«Il n’y a au dossier aucun élément inquiétant en termes de personnalité », a acquiescé l’avocate générale : le policier réside d’ailleurs désormais en Dordogne, dans un lieu « très éloigné de l’affaire ». Et « le parquet avait requis en première instance quatre ans de prison dont deux fermes aménageables sous la forme d’un bracelet électronique », soit bien moins que la peine prononcée, a aussi rappelé la représentante du parquet général.

« Je me considère comme quelqu’un de très fort, mais le milieu carcéral, c’est très très difficile… Je commence à avoir des idées noires », a indiqué R. Hadjadji aux magistrats de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes.

« C’est très difficile d’être un poids pour ma femme, celle que je devrais aider au quotidien », a-t-il ajouté. Au final, et alors que les parties civiles n’étaient ni présentes ni représentées, la cour a fait droit à sa demande ce vendredi.

CB et RB (PressPepper)

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