L’Histoire. Quand la presse américaine nous avait dans le collimateur…

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Alors que les Etats-Unis sont engagés dans un conflit avec Israël contre l’Iran, retour sur un épisode qui remonte à 23 ans…

Le 18 mars 2003, en direct dans les journaux télévisés de 20 h, Jacques Chirac déclare :  » L’Irak ne représente pas aujourd’hui une menace telle qu’elle justifie une guerre immédiate. « 

Contrairement aux Américains, qui entreront dans le conflit deux jours plus tard, la France ne partira donc pas à la conquête de Bagdad. De l’autre côté de la Manche et de l’océan Atlantique, les journaux anglais et américains se déchaînent, reprochant aux Français leur manque de courage.

Jusqu’en mars 2003, Steve Dunleavy, journaliste américain du New York Post, quotidien qui tirait à plus d’un million d’exemplaires il y a 25 ans, était inconnu au bataillon dans notre bon vieux pays. Jusqu’à ce qu’il signe, dans son édition qui suit l’annonce de Jacques Chirac, un article au vitriol.

En pleine page de une, une photo des croix blanches du cimetière américain de Colleville-sur-Mer, était barrée d’un  » sacrifice, ils sont morts pour la France, mais la France les a oubliés. « 

Etait-ce l’air vivifiant du bord de mer calvadosien au début de l’année 2003 ? Toujours est-il que Steve Dunleavy a été visiblement très inspiré au cours de son séjour en Normandie et notamment pendant son passage par la nécropole militaire américaine de Colleville-sur-Mer. En rentrant dans son bureau new-yorkais pour envoyer son papier il n’y est pas allé avec le dos de la cuillère…

 » Les Français pètent de trouille… « 

 » L’air est glacé, mais la rage me submerge « , avait-il écrit. Et de poursuivre :  » Je voudrais botter toutes les fesses de France. Ces garçons sont morts pour sauver les Français d’un tyran nommé Hitler. Et maintenant d’autres garçons américains sont prêts à combattre et à mourir pour sauver le monde d’un tyran aussi vil, Saddam Hussein. Où sont les Français ? Ils se cachent, pètent de trouille… « 

Autant dire tout de suite que les réactions n’ont pas traîné pour dénoncer ce pitoyable amalgame entre la crise international au début des années 2000 et la libération de la Normandie, où le devoir de mémoire est très présent. Une région qui ne rate jamais une occasion de rappeler les sacrifices des alliés (et des Américains) sur son sol au cours du printemps et de l’été 1944.

Guillaume Mercader, grand résistant er ancien patron de La Renaissance, avait été profondément attristé.  » Cela me fait beaucoup de peine « , nous avait-il confié. Pensant notamment au  » 6 juin 1944 et au sacrifice des Américains. La preuve est à Colleville-sur-Mer avec toutes ces croix blanches. Du 15 juin à la fin août 1944, je faisais partie du service de renseignement aux armées. J’ai eu des contacts formidables avec les Américains. Certains avaient une grande notoriété et se sont montrés d’une extrême amabilité avec moi, alors qu’à l’époque je n’étais qu’un simple marchand de vélo.  » Guillaume Mercader avait d’ailleurs souhaité qu’il n’y ait pas d’intervention militaire en Irak. Il trouvait d’ailleurs déplacé  » de mettre en avant les croix de Colleville dans cette affaire… « 

 » L’habitude d’être contre tout… « 

Histoire d’en rajouter un plus Steve Dunleavy s’était fendu de quelques commentaires peu amènes sur l’hygiène corporelle des Françaises et des Français :  » Ils ont l’habitude d’être contre tout, y compris cette curieuse habitude américaine de se doucher chaque jour.  » Il a même qualifié les Français de  » mauviettes « .

Si cela lui faisait plaisir… Pendant qu’on y est, on peut aussi lui rafraichir la mémoire. Lafayette et Rochambeau, qui ont donné un sacré coup de main aux Américains pour obtenir leur indépendance en 1776, c’étaient des mauviettes, eux ?

Frédéric LETERREUX

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