On en sait plus sur le profil de l’individu qui a semé la panique au sein de l’école Danton-Cazelles de Castanet-Tolosan, mercredi 15 avril, en s’introduisant dans l’établissement. Une intrusion qui avait déclenché l’évacuation des enfants et leur confinement dans des points de rassemblement, le temps que l’homme soit interpellé par les gendarmes arrivés très rapidement sur les lieux. L’un des militaires s’était d’ailleurs blessé en escaladant un grillage au cours de l’intervention. Placé en garde à vue, cet habitant de la commune a été déféré devant le Parquet et placé en détention provisoire jusqu’à sa comparution immédiate programmée ce vendredi 17 avril. Une audience qui a permis d’en savoir un peu plus sur la personnalité et le lourd passif judiciaire du mis en cause. Il était d’ailleurs sorti de prison il y a quelques semaines seulement.
Il a déjà 14 condamnations à son actif
Lorsqu’il se présente ce vendredi devant le tribunal, cet homme âgé de 37 ans semble agacé par la situation et ne pas comprendre sa présence dans le box des accusés. « Il est interdit de s’introduire dans une école », lui rappelle la présidente, Gonca Murat. « Ah bon, en tant qu’adulte on ne peut pas ? OK, je ne savais pas », lui répond l’individu, semblant découvrir que son comportement ce jour-là a été problématique. « Je trouve tout ça un peu extrême quand même de me retrouver là », poursuit-il, expliquant ne pas être rentré dans le bâtiment. « Moi je suis venu normal quoi ! Les gendarmes sont arrivés et y a eu un dérapage », lance-t-il encore.
Très rapidement, c’est sur le profil du prévenu que va se focaliser le tribunal. Et celui-ci semble en grande partie expliquer qu’il comparaisse sous le régime de la détention provisoire. L’homme présente en effet un lourd passif judiciaire que va égrener la présidente. Au cours des 20 dernières années, il a ainsi déjà été condamné à 14 reprises et plusieurs fois pour des affaires de violences aggravées ou violences conjugales. La justice le connaît aussi pour des affaires de stupéfiants, recel ou encore des dégradations.
Il était sorti de prison au début du mois de mars
L’homme a par ailleurs fait plusieurs séjours en prison ces dernières années. En 2022, il a été condamné à une peine de quatre ans de prison, dont un an ferme, pour violences conjugales. Sorti de prison en 2024, il y est retourné en mars 2025 pour une affaire de harcèlement et menaces, jugée dans le Gers. Il avait fini d’exécuter cette peine au début du mois de mars 2026 et venait donc de sortir d’incarcération. « Pourquoi vous parlez de tout ça ? Ça m’appartient ça où ça appartient à quelqu’un d’autre ? Quand je viens à l’école je ne viens pas avec tout ça sur moi. Je ne suis pas dans une optique de violences », intervient le mis en cause à l’énoncé de son casier judiciaire, dans des propos pas toujours faciles à comprendre.
La présidente s’arrête aussi sur le profil psychologique du trentenaire, établi par des experts à l’occasion de précédentes affaires. « Dès 2014, on évoque déjà des troubles psychologiques, voire psychiatriques et un trouble dissociatif de l’identité », note-t-elle. Avant de faire référence à des études plus récentes qui mettent en avant un « vécu persécutif et des tendances mégalomaniaques » et des « discours souvent désordonnés, décousus voire incohérents. »
Il avait l’habitude de rôder autour de l’école
Sans rentrer dans le fond de l’affaire, le tribunal tente quand même de faire comprendre à l’individu à quel point son comportement a pu susciter une certaine anxiété chez le personnel et les parents de cette école de Castanet-Tolosan : « Beaucoup disent que votre attitude a inquiété, que vous ne sembliez pas dans votre état normal. Certains vous ont vu parler tout seul autour de l’établissement scolaire. Une agente territoriale attachée aux écoles dit que lorsqu’elle arrive pour travailler elle vous voit régulièrement à l’ouverture de l’école et ça interpelle de voir un adulte qui revient régulièrement sans enfant à amener. Vous avez même été pris en photo devant l’école et celle-ci a été postée sur le groupe WhatsApp de l’école. »
Autant d’éléments qui poussent le tribunal à statuer sur un renvoi du procès dans l’attente d’une expertise psychiatrique plus récente que celles dont le tribunal dispose. D’ici le futur procès, la procureure Mylène Rufin requiert le maintien en détention provisoire de l’individu au regard de ses récentes condamnations et d’un « vrai risque de réitération des faits ».
Il restera en prison jusqu’à son procès en mai
L’avocate du trentenaire plaide quant à elle pour une remise en liberté avec un contrôle judiciaire strict au domicile de sa mère qui habite à Toulouse. « Sa place est dehors avec un contrôle thérapeutique », argumente Maître Marie-Léa Boukoulou. « Moi je ne compte pas y retourner à l’école. Ce que je veux, c’est rentrer chez moi », ajoute le prévenu, qui avait indiqué en début d’audience habiter un appartement à Castanet-Tolosan.
Après une suspension de séance, la présidente Gonca Murat annonce le renvoi du procès à la fin du mois de mai 2025 et se prononce pour le maintien en détention du prévenu d’ici là en raison du risque de réitération des faits. Dans le box, ce dernier semble hagard. « Vous comprenez ce que cela signifie ? », lui lance la présidente. « Non », lui rétorque-t-il. « Vous allez en prison et un expert psychiatrique viendra vous voir », lui explique la juge, sans que ce dernier ne bronche.
XX XX XX/a>.










