Nouvelle sous-préfète de Lodève, Célia Pouget a pris ses fonctions ce lundi 13 avril. Elle succède à Éric Suzanne parti récemment à la retraite. Parcours atypique, ancrage territorial et priorités : elle détaille sa méthode et les enjeux à venir.
Comment s’est déroulée votre prise de fonction ?
J’ai effectivement pris mes fonctions ce matin, cela a été une belle cérémonie. Pour les sous-préfets d’arrondissement, c’est un moment assez fort. Cela marque le rattachement aux fonctions régaliennes de l’État, on rend hommage aux soldats morts pour la France. Tant que nous n’avons pas déposé la gerbe, nous ne sommes pas en fonction. Il faut un décret présidentiel et un dépôt de gerbe, c’est une tradition. C’est un moment solennel mais aussi une belle occasion de rencontrer tout le monde : les 122 maires ou leurs représentants, des conseillers départementaux, régionaux, les parlementaires… Cela fait beaucoup de visages à découvrir mais les propos sont plutôt encourageants. C’est une matinée importante pour un sous-préfet.
Votre parcours est atypique. Pourriez-vous nous le présenter ?
Oui, je fais partie de ces parcours un peu diversifiés. J’ai commencé ma carrière comme assistante sociale en secteur hospitalier, j’étais en poste en sud Aveyron, à Millau où je suis née. C’est une belle expérience dans le secteur social et le secteur hospitalier qui font partie des sujets importants, notamment dans l’arrondissement de Lodève, cela fera écho à mes débuts. J’ai ensuite repris mes études, passé des concours et suis devenue directrice de service pénitentiaire pendant presque 15 ans. C’est une belle institution très formatrice car il y faut toujours essayer de trouver un équilibre entre la sécurité et l’humain, l’insertion, l’exécution de la peine…. C’est une belle institution au cœur de laquelle on apprend aussi à gérer les volets administratifs, financiers, budgétaires… Puis, troisième ministère, j’ai été recrutée par celui de l’Intérieur. Lodève est mon second poste de sous-préfet, je viens du Cantal où j’ai exercé pendant 2 ans et demi, à Mauriac dans le nord du département, un arrondissement très rural, très agricole. Mes compétences sont un mélange de ces trois choses : une sensibilité sur les sujets sociaux ; la gestion de structures, de crises, la sécurité sont des sujets qui ne me font pas peur. Et c’est mon deuxième poste de sous-préfet, je commence à avoir bien à l’esprit le fonctionnement de l’état, ici à l’Intérieur.
Référente Ruralité dans le département
L’arrondissement de Lodève s’inscrit donc dans la continuité de votre parcours…
Oui, il regroupe ces fonctions. C’est un bel arrondissement avec 122 communes, 5 communautés de communes et de nombreux et riches sujets : problématiques urbaines, sociales, des sujets de sécurité mais aussi des sujets agricoles : viticulture, élevage… Je conserve la casquette de référente départementale ruralité qu’avait Eric Suzanne, mon prédécesseur. C’est aussi dans la continuité de ce que j’ai fait dans le Cantal : il n’y a pas de petite commune, il y a des communes qui ont besoin des services de l’État. Je garde aussi la compétence Loup, principalement sur le secteur du Larzac. C’est aussi un arrondissement avec de magnifiques Grands Sites de France, des communes touristiques, il y a tout. Ma façon de fonctionner, c’est d’être au contact, sur le terrain. Je fonctionne comme cela, c’est mon ADN. Je suis en sous-préfecture pour gérer les dossiers, pour les réunions, mais tout le reste du temps il faut que je sois dehors. Ce n’est pas pour me promener. Quand on va voir les sujets sur place, quand on est au contact des élus et des acteurs du territoire, on est beaucoup plus efficace, on cerne mieux les sujets, cela du sens… Ensuite on gère à distance.
Avez-vous déjà identifié des sujets urgents, à traiter en priorité ?
Il y a forcément des dossiers en cours. Quand on part, on aime en clôturer au maximum mais il y en a toujours quelques-uns encore en cours. Il y a forcément des enjeux à traiter les dotations de l’État, c’est l’exercice annuel. Je dirai aussi que l’on ouvre le mandat : j’arrive en même temps que les nouveaux élus, qu’ils soient reconduits ou nouveaux, cela fait partie des objectifs importants que de les accompagner. Et puis il s’agit aussi de faire vivre ce lieu, la sous-préfecture, avec ses agents dynamiques et de qualité, très impliqués. Je suis ravie d’être là. Nous allons prendre les sujets les uns après les autres.
Les enjeux liés à l’eau et à l’environnement sont particulièrement sensibles sur le territoire. Quelle approche avez-vous sur ces sujets ?
Les sujets eau et assainissement ne sont pas seulement héraultais. Ces sujets concernent à peu près tous les secteurs avec, effectivement, des contraintes soit de ressource soit de structuration et de réseau. Ce sont des sujets techniques qui peuvent aussi mettre en difficulté les élus. Structurer ou adhérer à des syndicats, ce n’est pas toujours simple. Cela fait partie des sujets prioritaires. Il faut construire la gouvernance avec les élus et les accompagner pour que les divers blocages d’urbanisme, qu’ils soient liés à des problèmes d’assainissement ou de ressource en eau, via l’ARS, puissent être résolus. C’est un travail de fond et constant. Cela fait partie des sujets qu’il ne faut jamais lâcher car les enjeux pour les territoires sont forts. S’il n’y a pas de ressource en cas de sécheresse, c’est catastrophique. Et s’il y a des blocages d’urbanisme, on ne peut se développer. J’ai retenu des transmissions de monsieur Suzanne, qu’il y a aussi un fort enjeu d’attractivité, notamment sur Lodève. […] Montpellier grossit, il y a des possibilités d’installations quand les centres urbains sont complètement saturés. Mais pour cela il faut continuer à travailler tous les jours ces sujets, c’est une partie invisible mais très importante. Eau, assainissement, environnement, agriculture, urbanisme… Ce sont des dossiers qui ne quittent pas le bureau !








