Le maire de Frontignan, Michel Arrouy a réalisé le grand chelem en raflant la mise dès le premier tour. Les électeurs saluent "un élu de proximité et un enfant du village très investi dans sa commune."
« C’est dommage qu’on ait fermé la buvette, autrement on vous aurait payé un coup à boire », regrette ce septuagénaire et dirigeant bouliste pris au dépourvu par la visite impromptue d’un visiteur inattendu. Il ne s’agissait donc pas de sabler une quelconque coupe de victoire électorale. Ce lundi matin, ce retraité était à l’hôpital pour une ponction lombaire. Et là, il jouait à la pétanque avec les copains. Chez les boulistes, la vie quotidienne a repris son cours.
« Terminer ce qu’il a commencé »
« C’est logique que Michel Arrouy soit réélu, ce n’est pas une surprise, déclare cet habitant, ne serait-ce que pour qu’il puisse terminer le travail qu’il a commencé. Il reste par exemple le chantier du prolongement du quai Voltaire à achever. »
Dans les quartiers, la réélection du maire semble déjà loin des esprits. Idem Sur le terrain de la Maison des boulistes Boulodrome Carpentier-Nourrigat. Bénévole du club, François, retraité du bâtiment parle de ses années foot, lorsqu’il encadrait l’équipe de Frontignan qui allait dans le Gard jouer contre Bagnols-sur-Cèze.
Cas d’école
Dimanche le maire de cette localité de 20 000 habitants (Jean-Yves Chapelet pour Bagnols-sur-Cèze) a été largement distancé par la députée Rassemblement national de la 3e circonscription gardoise (Pascale Bordes). C’est peu dire que les électeurs de ces deux contrées héraultaise et gardoise ont connu des soirées électorales aux antipodes l’une de l’autre en termes d’ambiance. Un véritable cas d’école !
Au bar le Central, à l’heure du café crêpe à la chantilly, Le sujet meuble à peine les conversations de comptoirs et les causeries de tablées. Les désormais ex-locaux de campagne des candidats ont baissé les rideaux.
À Frontignan, les électeurs hument visiblement avec retenue le parfum de modestie qui imprègne ces lendemains d’élection. « Michel Arrouy c’est quand même l’enfant du village », commente pour sa part le député Sylvain Carrière. Et ça reste quelqu’un de très investi pour sa part, les Frontignanais. Il connaît la ville par cœur. L’ancrage local est très important. «
Autre connaisseuse de l’édile de la cité muscatière, Céline, militante écologiste en dresse un portrait enthousiaste : Je suis Frontignanaise comme lui. Je suis sa cadette de 15 jours. On se connaît depuis toujours et on a tout les deux un bon caractère », s’amuse-t-elle. « On est de la même génération. Il est né 15 jours avant moi, c’est un peu un grand frère.
Le maire de Frontignan conserve donc son fauteuil, fort d’une légitimité que personne ne lui contestera. Il aura réalisé une campagne efficace et dans la proximité avec ses concitoyens, sa présence affirmée sur le terrain et dans les réunions publiques.
« Quelqu’un de très investi »
Dans le jargon protocolaire, ses pairs et autres interlocuteurs institutionnels lui servent volontiers du « Monsieur le maire, cher Michel… » et lui appelle ses concitoyens par leur prénom.
Municipales 2026 : répartition des sièges
La liste conduite par Michel Arrouy est réélue dès le premier tour face aux deux autres candidats, en obtenant 51,16 % des suffrages, soit 27 sièges au conseil municipal. Le maire sortant arrive en tête dans les 19 bureaux de vote. Le taux de participation s’élève à 61,90 % pour 19 219 inscrits.
La liste Rassemblement national de Cédric Delapierre récolte 35,87 % des voix, ce qui
représente 6 sièges au conseil municipal. Quant à la liste Divers droite de Thibaut Cléret
Villagordo, elle réunit 12,97 % des voix, lui assurant deux sièges au conseil municipal.
Michel Arrouy ? « Il est quand même un enfant du village selon l’expression consacrée », déclare la députée France insoumise de la 8e circonscription de l’Hérault, Sylvain Carrière. Le parlementaire héraultais réagissait ce lundi 16 mars à la réélection du maire. « C’est le candidat qui a grandi à Frontignan. Ça reste quelqu’un de très investi sur la commune. »








