Municipales 2026 : au Parti socialiste, les accords avec La France insoumise rallument la guerre interne

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Alors que les socialistes semblaient avoir rompu les ponts avec les Insoumis, de nombreuses alliances entre les deux tours des municipales ont rebattu les cartes. Dès lundi, Olivier Faure pourrait, en interne, se voir reprocher ces accords.

Toulouse, Nantes, Clermont-Ferrand, Limoges, Lyon, Strasbourg, Besançon, Tours, Brest, Avignon, Tulle et Grenoble… Depuis dimanche, les alliances se sont succédé comme autant de coups de tonnerre. Dans douze villes, et non des moindres, la gauche modérée a accepté de passer des accords avec La France Insoumise. Douze villes autour desquelles lundi dès l’aube les socialistes pourraient bien se déchirer.

En effet, il y a à peine plus de 15 jours, le 3 mars dernier, le PS publiait un communiqué pour dénoncer « sans réserve » les « caricatures complotistes et propos antisémites intolérables » de Jean-Luc Mélenchon, après que celui-ci a écorché dans ses discours de campagne les patronymes Epstein et Glucksmann pour en rappeler la judéité. Le Bureau national du parti à la rose appelait « localement les militantes et les militants insoumis à se désolidariser clairement et pleinement de ces propos ». Mais un tour de scrutin plus tard, cette même direction dit « comprendre » les candidats s’alliant sans condition à ceux de la France Insoumise.

Il n’est plus question de se désolidariser de propos qui, à en croire les caciques nationaux, n’ont désormais qu’une portée nationale mais pas locale. Il ne faut pas confondre valeurs et programme. Exception qui confirme la règle, les deux candidats qui ont refusé des alliances se sont bien gardés de pointer du doigt la toxicité de la France Insoumise. Benoît Payan à Marseille et Emmanuel Grégoire à Paris ont justifié leur refus de tendre la main à LFI en invoquant uniquement l’agressivité excessive de leur adversaire.

Retour à la case départ

Seuls François Hollande et Raphaël Glucksmann ont fait le lien entre les propos tenus par Jean-Luc Mélenchon et l’attitude à adopter vis-à-vis de LFI. Pour l’ancien Président, « compte tenu des positions exprimées par (les Insoumis) et en particulier le premier d’entre eux, la clarté, c’est de dire : on ne fait pas d’alliance« . Le député européen Place Publique a été encore plus clair : « S’allier à un parti dont on a dénoncé les propos antisémites il y a encore quinze jours, c’est inacceptable« . D’autres leaders restent pour l’instant silencieux afin de ne pas troubler le vote de dimanche, mais n’en pensent pas moins. Ainsi Boris Vallaud nous a-t-il confié : « Je parlerai dès lundi matin« .

Au PS, les adversaires d’Olivier Faure bouillonnent car le coup est rude. Le parti semblait enfin prendre ses distances avec les outrances insoumises. En décidant de ne pas censurer François Bayrou en février 2025 et en faisant de même avec Sébastien Lecornu un an plus tard, les socialistes renouaient avec l’image d’un parti de gouvernement ; parti qui en outre remportait des victoires comme la suspension de la réforme des retraites, la revalorisation de la prime d’activité ou encore la prolongation de la taxe sur les grandes entreprises…

Mais toutes ces victoires sont désormais oubliées… Retour à la case départ, au temps de la NUPES ou du Nouveau Front Populaire. « Après avoir gagné partout grâce à LFI, comment va-t-on pouvoir défendre l’idée d’une candidature autonome à la présidentielle ?« , s’interroge une proche de la direction socialiste.


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Le destin du parti à la rose est à nouveau lié à celui des Insoumis alors même que ceux-ci ne cessent de se radicaliser. Jean-Luc Mélenchon a récemment souhaité l’avènement d’une « nouvelle France » adossée à la validation de la thèse zemmouriste du « grand remplacement« . Il a soutenu la Jeune Garde, ce groupuscule antifasciste impliqué dans la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque. Bien loin des valeurs socialistes… Dès lundi, les éléphants devraient sortir du bois pour dénoncer cet énième piège tendu par LFI. Peut-être un peu tard ?

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