Municipales 2026 en Occitanie : risque RN, maires menacés, duels incertains… dix points chauds en région

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Il n’y a pas que les grandes villes qu’il faudra surveiller ce dimanche 15 mars 2026 en Occitanie, pour le premier tour du scrutin des municipales. Tour d’horizon de communes où l’incertitude règne.

Bien sûr, Montpellier (pour son poids en région), Nîmes (qui pourrait échapper aux héritiers de Fournier), Perpignan et Béziers (pour mesurer la popularité d’Aliot et Ménard) ou Sète (et son chichois à… sept candidats) seront regardés de très près. Mais derrière les grandes villes de la région, il y a aussi une multitude de communes où ce scrutin municipal s’annonce chaud. Tour d’horizon.

1- Agde

Ce n’est pas pour rien si Jordan Bardella a choisi Agde pour lancer la campagne des municipales du Rassemblement national. Parmi les villes qu’il espère conquérir et échafauder cet ancrage local qui lui fait encore défaut, la cité balnéaire est l’une des priorités. Parce que son candidat, le député Aurélien Liguori-Lopez s’y est implanté plus fortement après des législatives où il a réussi de gros scores (58,6 % en 2024), mais aussi parce que cette élection se joue sur les charbons encore ardents de l’affaire D’Ettore. L’ex-premier adjoint du maire déchu, devenu maire à son tour, Sébastien Frey, fait face à six candidats qui veulent profiter de ce contexte ô combien particulier.

2- Frontignan

Un autre cadre du RN, Sébastien Chenu, s’est invité dans la campagne héraultaise, lui pour soutenir Cédric Delapierre, à Frontignan. Dans cette ville de 25 000 habitants, l’élection y est plus lisible avec trois listes en lice, celles du maire sortant Michel Arrouy et de l’opposant divers droite Thibaut Cléret, en plus du candidat RN. L’élection démontrera, ici, si le parti de Marine Le Pen peut traduire localement les bons scores des scrutins nationaux (49,4 % lors des législatives) ou si le bilan et la notoriété d’un maire suffisent encore à faire barrage.

3- Lodève

Si La France Insoumise peut conquérir une ville en région, cela pourrait être la sous-préfecture de l’Hérault, Lodève. L’ancien député Sébastien Rome y mène une liste composée de militants et de personnalités locales, et peut profiter du choix de la maire socialiste, Gaëlle Lévêque, de ne pas briguer un nouveau mandat. L’équipe de celle-ci a choisi l’élue régionale Fadelha Benammar-Koly pour prendre le relais et ce duel à gauche pourrait aussi profiter aux opposants plus à droite, Claude Laateb ou Jean-Michel Salvador.

4- Castelnau-le-Lez

Dans la deuxième ville de la Métropole de Montpellier, le maire Frédéric Lafforgue est mis en difficulté par son ancien adjoint Julien Miro qui s’était très vite émancipé. Si ce jeune quadragénaire mène une liste sans étiquette, sa victoire pourrait être revendiquée par Renaissance dont il est membre du bureau national. Mais à gauche, et notamment Najate Haie soutenue par Michaël Delafosse, on espère tirer profit de cette guerre au centre-droit pour créer la surprise.

5- Vauvert

En 2020, le RN avait raté Vauvert pour 155 voix. Six ans plus tard, après Meizonnet père, c’est le fils, Nicolas, qui va tenter de faire tomber le maire socialiste Jean Denat. La différence, c’est qu’il se présente dans son costume de député, facilement réélu dès le premier tour en 2024.

Chez les voisins : suspense à Toulouse et Avignon

Toulouse comme cas d’école sur la stratégie du PS par rapport à LFI ? "Pas d’accord au plan national", martèle Olivier Faure, ce qui, en creux, laisse la porte ouverte à des discussions au niveau local. À Toulouse notamment, donc, là où toutes les enquêtes indiquent qu’une gauche unie, LFI incluse, gagne au second tour face au maire sortant Jean-Luc Moudenc (ex-LR soutenu par le bloc central). Qui, lui, s’imposerait dans le cadre d’une triangulaire si LFI se maintenait. L’ultime sondage Cluster 17 publié ce 9 mars le confirme : le maire sort en tête avec 33 % des voix, devant François Briançon (PS, allié à la gauche hors LFI, 30 %), et François Piquemal (LFI, 23 %). Pour l’instant, François Briançon maintient que "les conditions d’un accord politique au second tour ne sont pas réunies".

Hors Occitanie, chez le voisin d’Avignon, suspense également : l’ex-journaliste Olivier Galzi (divers droite) pourrait créer la surprise. Le 4 mars, un sondage Ifop le plaçait en tête au premier tour avec 27 % des intentions de vote, devant la liste de gauche hors LFI menée par David Fournier (24 %), et celle du RN conduite par Rigault (23 %). Deux autres candidats dont celle de LFI (Mathilde Louvain, 16 %) étaient en position de se maintenir au second tour. Et Olivier Galzi de l’emporter dans tous les cas de figure, sauf celui d’une triangulaire où une gauche réunie le battrait.

6- Bagnols-sur-Cèze

Le maire Jean-Yves Chapelet, pourtant soutenu par de nombreux partis (de Place Publique à Horizons), a vu deux candidats venir mordre son espace politique : Michel Cegielski et Philippe Broche. Cela le met en difficulté face à un RN qui réussit de gros scores lors des scrutins nationaux et qui a envoyé sa députée Pascale Bordes pour pilonner son bilan et tenter de rafler la troisième ville du Gard où il performe régulièrement. Le résultat du premier tour, qui déterminera la configuration du second et les dynamiques, sera déterminant.

7- Uzès

C’est pour des raisons moins politiques que la ville d’Uzès sera observée. Dans la cité ducale, le maire Jean-Luc Chapon brigue un… 8e mandat et pourrait atteindre 50 ans de règne s’il est réélu. À 84 ans, il fait face à l’un de ses anciens adjoints, Jacques Caunan, âgé de 79 ans. Un duel étonnant.

8- Mende

En 2008, la victoire du socialiste Alain Bertrand à Mende avait marqué le début de la conquête de la Lozère par la gauche. La droite espère donc inverser le processus en faisant tomber l’équipe de l’héritier de Bertrand, Laurent Suau, qui frappé par le cumul des mandats depuis son choix de présider le Département, laisse la tête de liste à Stéphanie Maurin. Mais il restera premier adjoint en cas de victoire, peut-être même président de l’intercommunalité, un appétit vorace que dénoncent les opposants Patrice Saint-Léger ou Emmanuelle Soulier. Reste à savoir si ces deux listes, la première estampillée « Divers droite », la seconde « Divers » ne vont pas se neutraliser, dans ce match à quatre où une partie de la gauche (PCF, LFI, Ecologistes) mise sur Hermelin Peris.

9- Carcassonne

Le sondage Ifop pour L’Indépendant indique que le maire sortant, Gérard Larrat, 84 ans, est en grande difficulté à Carcassonne où il arriverait 4e. Reste à savoir qui de son ancien directeur de cabinet François Mourad (soutenu par Horizons), du candidat d’union de la gauche Alix Soler-Alcaraz ou du controversé député RN Christophe Barthès, peut prendre la citadelle audoise. Les trois semblent jouer dans un mouchoir de poche.

10- Rodez

C’est inédit, dans la préfecture de l’Aveyron, le maire Christian Teyssèdre fait face à deux de ses anciens adjoints, le député Renaissance Stéphane Mazars et Sarah Vidal – appuyée par Carole Delga malgré la présence d’une quatrième liste tirée par Florian Monteillet et soutenue par le PS. Or, s’il l’avait emporté aisément en 2020, un sondage Ifop/Centre-Presse montre que les deux premiers pourraient être au coude-à-coude et que Christian Teyssèdre serait battu au second tour si une alliance se constituait entre deux des autres listes. Fin du suspense le 22 mars au soir.

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