Municipales 2026 – Midi Libre sur la route à Narbonne (1/3) : "Je demande une chambre de plus, pas plus, pour mes enfants" : Loreleï, 37 ans, réclame de changer d’appartement

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Cette semaine, les reporters de Midi Libre vont à votre rencontre afin d’échanger sur les thématiques fortes de la campagne des élections municipales. Après Châteauneuf-de-Randon, Bagnols-Sur-Cèze ou Ganges, nous sommes, vendredi 6 mars 2026, à Narbonne pour parler logement. Là, Laetitia, 44 ans, deux adolescentes, et Loreleï, 37 ans, trois enfants, habitent dans un logement social. Elles témoignent de leurs difficultés au quotidien.

Elles en sont conscientes : elles ont déjà un toit. Un logement social chacune. « C’est ce qu’on me dit », lâche, fataliste, Loreleï. Fataliste parce que depuis « début 2022, quand j’ai appris que j’étais enceinte de mon dernier », elle ne cesse de demander un logement plus grand à son bailleur social. « Nous sommes quatre à vivre dans 70 m², explique-t-elle. L’appartement comprend deux chambres, avec des enfants de 11 ans, 4 ans et 3 ans. C’est compliqué parce que la grande réclame sa chambre, elle l’a eu, et la plus jeune, la demande aussi ». La plus jeune partage l’autre chambre avec son frère. « Mais elle commence à réclamer d’avoir la sienne ».

Loreleï a laissé les deux chambres à ses enfants, elle dort « dans le salon ». « J’ai fait une demande pour avoir un logement plus grand, avec juste une chambre de plus, je ne demande pas plus, mais on me répond à chaque fois que je ne suis pas prioritaire ». Elle a un loyer de 560 euros, dont « 116 euros à ma charge ».


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Après avoir une multitude de métiers, la jeune femme est aujourd’hui sans emploi. « Pour l’heure, il n’y a pas de logement de disponible correspond à ma demande », glisse-t-elle. « J’ai beau solliciter l’aide des assistantes sociales, ça ne vient pas ». Toujours pas prioritaire, se désole-t-elle.

« Le plafond est entièrement noirci »

Laetitia, elle, doit affronter un tout autre problème. Elle et ses deux filles de 10 ans et 15 ans vivent dans une maison de 82 m², logées par l’un des principaux bailleurs sociaux actifs sur Narbonne. Elle y réside depuis 2018, année où elle a pu obtenir un logement plus grand de la part de son bailleur, alors qu’elle occupait depuis 2010, « dans le même quartier », un logement social. « Le problème, aujourd’hui, c’est l’état du logement, explique-t-elle. Il y a un gros problème d’isolation, le plafond de ma salle de bains est entièrement noirci ». À l’origine, un projet de travaux d’isolation non mené à bien. « En 2020, il y a eu le dispositif de l’État de l’isolation à 1 euro, explique-t-elle. Des ouvriers sont venus pour faire les travaux, mais ils n’ont pas réussi à le faire ».

Le manque de turn-over accentue la crise du logement

C’est un sujet sur lequel Bertrand Malquier ne transige pas. "Il faut requestionner le dimensionnement familial", insiste le maire de Narbonne. Le logement social est surtout concerné. "Le turn-over doit être obligatoire quand c’est nécessaire, explique-t-il. Le logement doit être lié à la situation familiale du moment, tant financière que familiale." Dans son viseur : les personnes qui ont obtenu un logement il y a plusieurs années et dont la taille de la famille n’est plus adaptée. Autrement dit, ceux qui occupent des logements désormais trop grand doivent les libérer et accéder à des logements en adéquation avec le nombre de personnes qui y vivent. Et ce, "afin de permettre d’y loger des familles dont le nombre correspond à la taille du logement concerné".

Le thème est pris en considération par Domitia Habitat, le bailleur social du Grand Narbonne. "Nous sommes en train de travailler sur les surfaces, explique Anne Heckmann, de la Confédération nationale du logement et administratrice de Domitia Habitat. Nous proposons aux locataires d’aller vers des logements plus adaptés au nombre de personnes qui y vivent." Par moments, la démarche trouve cependant ses limites. "Il est difficile néanmoins de demander à une personne âgée qui vit dans un logement depuis de nombreuses années de déménager, ajoute cette dernière. Elle y a ses meubles, elle a toujours vécu dans son appartement, elle n’est pas forcément prête à partir pour un logement plus petit".

La cause ? « Un tuyau qui empêchait de mener à bien les travaux d’isolation. Du coup, cela a été mal fait et l’air passe de partout, faisant entrer l’humidité et empêchant la maison d’être bien chauffée ». Elle a bien saisi son bailleur social, « mais pas de réponse ». « Et ça dure depuis six ans », se désole-t-elle, prenant son mal en patience. « Mais je continue de payer mon loyer de 760 euros », insiste-t-elle. Un « loyer correct », ajoute cette aide ménagère.

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