mystère depuis 12 ans sur la mort d’un ado, Gérald Darmanin alerté

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L’essentiel

  • Le 23 novembre 2013, Sylvie Kellens découvre son fils Louis, 14 ans, pendu dans la ferme de ses grands-parents, près de chez elle, à Pontpoint. Le 3 décembre 2013, une enquête en « recherche des causes de la mort » est ouverte.
  • Le 4 avril 2018, le dossier est classé sans suite pour infraction insuffisamment caractérisée. En novembre 2021, le dossier est de nouveau ouvert pour homicide volontaire, après une plainte avec constitution de partie civile déposée par Sylvie Kellens.
  • En novembre 2023, Sylvie Kellens organise une troisième marche blanche, dix ans après le drame, pour demander le transfert du dossier au pôle cold cases de Nanterre. Début 2026, le transfert du dossier est de nouveau rejeté par le parquet de Senlis, après un premier refus en 2023.

« Aujourd’hui, soit plus de 12 ans après les faits, la mère de la victime, Madame Sylvie Kellens, se bat toujours sans relâche pour que l’enquête sur le dossier de son fils unique soit élucidée ». Voilà comment débute la lettre écrite par le maire sortant de Pontpoint (Oise), Bruno Dauguet, au ministre de la Justice Gérald Darmanin. Dans cette commune, le 23 novembre 2013, un ado de 14 ans était retrouvé pendu à deux pas de chez lui. Une enquête est toujours en cours auprès du parquet de Senlis pour déterminer ce qu’il s’est passé ce jour-là, alors que sa mère ne croit pas en un suicide. Depuis un an, elle réclame le transfert du dossier au pôle cold cases de Nanterre (Île-de-France), dédié aux affaires criminelles non élucidées. Ces derniers jours, le Garde des Sceaux en a été alerté.

Par courrier en date du 6 mars 2026, un coup de main a été demandée à Gérald Darmanin en personne par le maire. 

Le procureur de Senlis s’oppose au transfert du dossier

« Sauf erreur de ma part, pour rappel, vous avez déjà eu connaissance de cette douloureuse affaire par le biais de Messieurs Éric Woerth, ancien député de l’Oise, et Arnaud Dumontier, maire de Pont-Sainte-Maxence qui soutiennent Mme Kellens dans sa démarche. En effet, cette dernière rencontre de grosses difficultés dans le cadre de l’enquête ouverte pour homicide volontaire au tribunal judiciaire de Senlis concernant le meurtre de son fils », écrit Bruno Dauguet.

Une sollicitation qui intervient quelques jours après que la seconde demande de transfert du dossier a été rejetée. « Pour la deuxième fois, Monsieur Abrial, procureur de la République de Senlis, s’est opposé au transfert et ce malgré l’aval de Madame la Procureure Lawrysz du pôle cold cases (d’ailleurs ancienne procureure de Compiègne, ndlr), rencontrée le 22 janvier dernier par Mme Kellens et son avocate », déplore le maire de Pontpoint.

De nombreuses pièces du dossier, dont certaines primordiales, ne sont toujours pas exploitées et ce depuis 2014. J’estime par conséquent, que ce motif de refus, seul, est insuffisant. Cela est d’autant plus surprenant s’agissant d’une enquête ouverte pour homicide volontaire sur mineur de moins de quinze ans.

Bruno Dauguet
Maire sortant de Pontpoint
Depuis la mort de son fils, Sylvie Kellens se bat sans relâche pour faire avancer l’enquête judicaire et connaître la vérité. (©Adrien Deschepper / actu Oise)

« Un meurtrier est dans la nature »

Dans son courrier, le maire de Pontpoint liste plusieurs éléments présents au dossier qui n’auraient pas été pris en compte par les enquêteurs. Comme une la liste des véhicules correspondants au véhicule identifié sur les lieux au moment des faits, qualifiée « d’inexploitable » ou encore les listes téléphoniques. Mais surtout en novembre 2018, un ADN trouvé sur le lien ayant servi à étrangler Louis découvert dans une toute autre affaire, de vol à la roulotte, commis à moins de dix kilomètres. 

« Mon administrée a donc fait rouvrir par plainte avec constitution de partie civile en novembre 2021 du chef d’homicide volontaire. Le code de procédure pénale impose au juge saisi par ce type de plainte d’investiguer toutes les pistes y mentionnées ; pourtant elle n’en a pas tenu compte », dénonce encore Bruno Dauguet.

« Aussi, je m’interroge comme beaucoup sur le fait que les pistes, pourtant fondées, ne soient toujours pas investiguées. Je suis fortement convaincu que l’étude de ces éléments pourrait mener à la résolution de cette enquête, voir au moins de la faire progresser. Malheureusement, dans l’attente, un meurtrier est dans la nature. Soucieux d’assurer la sécurité de mes administrés, je vous remercie donc de faire ce qui est en votre pouvoir pour que le traitement de ce drame donne enfin lieu au traitement qu’il mérite ». 

« Le dossier ne rentre pas dans les critères », selon le procureur

Sollicitée, la mère de Louis Greth, Sylvie Kellens, se dit toujours « dépitée par la justice ». « Je veux à tout prix rencontrer la juge d’instruction et le procureur de Senlis. Ils ne veulent pas que le dossier soit délocalisé car il y a trop de boulettes dedans ! ».

On est en 2026 et des investigations demandées en 2013 n’ont toujours pas été réalisées ! Tout est fait pour que l’affaire ne sorte pas. Mais moi, je veux absolument que le dossier parte de Senlis. Ça suffit, il y a longtemps que ça suffit !

Sylvie Kellens
Mère de Louis Greth

De son côté, Loïc Abrial, procureur de la République de Senlis, confirme à actu Oise que l’information judiciaire se poursuit « activement » au sein du pôle criminel de Senlis.

« D’après l’analyse conjointe de cette affaire, en son état actuel, tant par le pôle spécialisé du parquet de Nanterre avec lequel des échanges ont lieu, que par moi-même, le dossier ne rentre pas dans les critères habituels de saisine du pôle », ajoute-t-il sans donné davantage de précisions. Ce que réfute la mère de Louis, qui assure que la procureure de Nanterre souhaitait récupérer l’affaire…

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