Face à la montée des discours de haine, les avancées contre le racisme sont aujourd’hui menacées, alerte Volker Turk, le Haut-Comissaire à l’Onu, qui évoque un "point de non-retour" susceptible de remettre en cause des décennies de progrès.
Les progrès dans la lutte contre le racisme atteignent un point critique où ils risquent d’être anéantis, a averti samedi le Haut-Commissaire de l’Onu aux droits de l’homme, déplorant la propagation des discours de haine.
« Nous approchons d’un point de non-retour »
À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, Volker Turk a alerté sur l’ampleur du phénomène, estimant que « ceux qui propagent la haine sont manifestement parvenus à semer la méfiance et le chaos dans nos sociétés ». Le Haut-Commissaire de l’Onu a néanmoins rappelé les avancées enregistrées ces dernières décennies, soulignant que « nous avons progressé sur le long chemin d’une société plus juste », grâce notamment aux cadres internationaux, aux lois antidiscrimination et à la reconnaissance des injustices historiques.
Mais aujourd’hui, ces acquis sont fragilisés : « Nous approchons d’un point de non-retour – un moment où ces progrès sont remis en question, retardés, voire remis en cause. Ce point de non-retour a été instauré par ceux qui prospèrent sur la division et la polarisation. Il est renforcé par des structures discriminatoires et entretenu par la logique corrosive de la déshumanisation », a-t-il mis en garde.
Si certaines formes de ségrégation ont reculé, d’autres persistent. « Si nous ne ségréguons plus les gens dans les bus, trop souvent, nous le faisons encore dans nos pensées et nos modes de vie », a-t-il déploré, rappelant que la discrimination raciale demeure la forme de discrimination la plus courante, « causant de réelles souffrances à des millions de personnes ».
« La quête de justice et de dignité de l’humanité l’emportera toujours sur les idées suprémacistes »
Le Haut-Commissaire de l’Onu s’est également inquiété de la diffusion massive des propos haineux : « Les discours de haine se propagent sans entrave, y compris contre les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile ». Malgré ce constat, Volker Turk a assuré que « la quête de justice et de dignité de l’humanité l’emportera toujours sur les idées suprémacistes délirantes », appelant à « réglementer les activités commerciales et à sécuriser les espaces en ligne ».
Il appelle à une prise de conscience collective : « En remettant en question nos idées reçues, en vérifiant les faits et en nous informant sur l’histoire et les droits humains, nous pouvons déjouer les manœuvres de diversion et reconnaître notre humanité commune ».







