La chute d’une branche d’arbre sur deux véhicules, sur l’espace public, en juin 2025, a causé d’importants dégâts matériels pour un riverain et sa fille, dans le quartier des Aubes. Malgré les constats effectués sur place, la Métropole a refusé toute indemnisation, estimant ne pas être responsable.
C’était un jour de juin 2025, sans vent ni tempête, un jour comme un autre. Et pourtant, dans la torpeur de cette douce journée d’été, Philippe Hivet, depuis son appartement de la résidence du Parc Saint-Maur, dans le quartier des Aubes, entend un énorme fracas. Il passe la tête sur sa terrasse et aperçoit, en contrebas, une énorme branche qui vient de s’abattre sur sa voiture et celle de sa fille, garées dans l’enceinte de la propriété.
Il descend rapidement et constate les dégâts : une lunette arrière brisée, un phare cassé, de nombreuses rayures sur la carrosserie des deux véhicules, ainsi qu’une partie de la clôture longeant l’avenue Saint-André de Novigens endommagée. « C’était très impressionnant, se remémore Philippe Hivet, d’autant qu’une demi-heure plus tôt, je bricolais sur la voiture. Si j’avais été là, je ne serais plus là pour témoigner. » Philosophe, il relativise : « Cela aurait pu être plus grave. » En effet…
Une intervention rapide, mais des frais à la charge des victimes
Plus de peur que de mal, en somme. Première étape : la visite d’un responsable des espaces verts de la Ville, qui lui assure qu’une équipe interviendra dès le lendemain pour dégager l’arbre. En attendant, la scène reste en l’état. Le lendemain, feuilles et branches sont débitées, les deux voitures libérées, tout comme les autres véhicules restés bloqués dans la résidence.
Les démarches sont engagées dès le jour des dommages : déclaration auprès de l’assurance, constitution d’un dossier avec photos et constats. Sur place, le responsable des espaces verts reconnaît que « la branche était pourrie » et que l’arbre présentait des signes de maladie. De quoi expliquer l’incident. Et de quoi laisser penser que l’indemnisation ne poserait pas de difficulté. Et pourtant.
Philippe Hivet, assuré en tiers collision, doit finalement débourser 1 000 euros pour réparer son véhicule, son contrat ne couvrant pas ce type de sinistre. Sa fille, assurée tous risques, est indemnisée à hauteur de 2 000 euros, mais doit régler 290 euros de franchise. Quant à la clôture, sa remise en état reste à la charge de la copropriété.
La Métropole décline toute responsabilité
Pensant que la Métropole indemniserait les riverains, la collectivité fait finalement savoir, après plusieurs mois, qu’aucune prise en charge ne sera effectuée. Elle estime, par courrier recommandé, que l’arbre ne présentait « aucun signe extérieur de maladie » et qu’aucun défaut d’entretien ne pouvait être retenu. S’appuyant sur la jurisprudence, elle considère, in fine, que sa responsabilité ne peut être engagée en l’absence de faute ou d’anomalie apparente.
Un arbre « sain » pour la Métropole
Contactée sur ce cas précis, la Métropole de Montpellier a apporté une réponse en fournissant un déroulé des interventions. Elle assure que l’arbre à l’origine de la chute faisait l’objet d’un suivi régulier. Une taille de bois mort avait été réalisée en juin 2024 et aucune anomalie n’avait été détectée : l’arbre était jugé "sain", sans signe extérieur de dépérissement. La collectivité rappelle que ces opérations sont menées tous les deux ans, la prochaine intervention étant prévue en 2026. Faute de négligence avérée, elle estime ne pas pouvoir être tenue responsable et a notifié un refus en décembre 2025. Reste à savoir comment un arbre considéré comme sain peut-il céder sans vent ? Une situation qui soulève la question du risque potentiel pour les usagers.
Irrité par cette réponse, Philippe Hivet multiplie les démarches : déplacements dans les services, courriers, tentatives d’interpellation. Il ira même jusqu’à frapper à la porte de la permanence d’Antigone du candidat Michaël Delafosse pour défendre son dossier… en vain. Désormais, on lui propose de saisir le tribunal administratif pour faire valoir ses droits. « Pour de telles sommes, cela me coûtera plus cher au final », assure, dépité, le riverain en colère, qui regrette : « On n’a pas demandé qu’un arbre nous tombe dessus. Aujourd’hui, on nous dit que tout est normal. Mais le jour où ça tombera sur quelqu’un, on dira quoi ? Qui sera responsable, la faute à pas de chance ? »
Car au-delà de son cas personnel, l’habitant s’interroge sur la prévention et l’entretien du patrimoine arboré en ville. Car derrière cet incident, c’est toute la question de la responsabilité et de la sécurité des riverains qui reste, pour lui, en suspens.




