Le patrimoine marin est en fête à partir du mardi 31 mars et jusqu’au 6 avril avec plus de 300 000 visiteurs attendus. Plus de 120 navires à visiter sont attendus mais Escale à Sète c’est aussi de la musique et de la gastronomie à découvrir.
La parade d’Escale à Sète marquera ce mardi 31 mars le début des festivités, la plupart des bateaux ayant rejoint l’île singulière avant le coup de vent qui a balayé la côte ces derniers jours. Que réserve cet événement hors norme où entre 300 000 et 500 000 personnes sont espérées jusqu’à la fin du week-end pascal ? Réponse avec son directeur général, Wolfgang Idiri, qui finalise les derniers préparatifs de la biennale.
1 Escale à Sète célèbre le patrimoine marin
C’est déjà la neuvième édition d’Escale et comment peut-on en résumer sa philosophie ? « C’est la fête des traditions maritimes à la sauce méditerranéenne, c’est le plus grand rassemblement de bateaux de travail d’hier et d’aujourd’hui. C’est aussi un moment où le public est acteur de la manifestation, on n’est pas dans le spectacle, on est vraiment dans le partage, c’est une fête qui a pour but de transmettre », développe-t-il.
Alors, pour arriver à « déplacer des océans », l’événement compte sur son armada de bénévoles : plus de 500 auxquels s’ajoutent les institutions publiques et les entreprises privées.
« C’est un tour de force d’arriver à accueillir près de 500 000 personnes sur une presqu’île de 45 000 habitants, en termes de mobilité, sécurité et stationnement. »
2 Que pourra-t-on y découvrir ?
Escale à Sète, ce sont avant tout des bateaux donc, « 120 navires avec leurs équipages et la transmission de leur savoir, indique le directeur. « On met sur un pied d’égalité les grands voiliers, les voiles latines et aussi les bateaux de travail d’aujourd’hui. On a une attention particulière pour les chalutiers. Notre patrimoine vivant est plus que jamais en danger puisque nos deux piliers, la pêche et la conchyliculture, sont en voie d’extinction. »
À noter, qu’une petite partie des visites est payante (info sur tourisme.sete.com).
3 Le top 5 des bateaux
Le choix est subjectif mais forcément avisé. Que privilégier s’il ne fallait retenir que cinq navires ? Le quinté du directeur. D’abord, « une pépite » : L’Espérance, le dernier bateau bœuf qui a été restauré par la ville d’Agde où il avait coulé et qui fait sa première participation publique à Escale. « C’est l’ancêtre du chalutier et la particularité c’est qu’ils pêchent à deux bateaux, chacun de part et d’autres du filet. »
En deux, parmi la flottille italienne, invitée d’honneur de cette édition, La Pandora, « avec un équipage incroyable, des gens qui font vivre le patrimoine comme peu savent le faire ».
Le troisième coup de cœur est exceptionnel : le majestueux trois-mâts barque indien Sudarshini qui vient pour la première fois à Sète.
« C’est l’année de l’amitié franco-indienne, c’est vraiment un cadeau incroyable que nous fait l’Inde. » Parmi les nouveautés, Wolfgang Idiri cite également Varacruz, caravelle portugaise. « C’est un bateau qui marque et illustre la période des grandes découvertes des navigateurs portugais et qui a deux voiles latines. »
En cinq enfin, il y a certes le Belem, mais le choix se porte sur l’Étoile, le voilier école de la Marine nationale qui fête justement ses 400 ans cette année. « Il n’est jamais venu, c’est une participation inédite qui nous tenait à cœur. »
4 La musique en tête
La musique occupe une place à part à Escale, le directeur étant lui-même hautboïste. « C’est vraiment le moyen de médiation par excellence. On arrive, avec les chants de marins, de travail, à raconter toute la différence, la richesse, la diversité des cultures de gens de mer, de Bretagne ou de Normandie qui n’ont rien à voir avec les chants de Méditerranée ou de l’océan Indien », souligne-t-il.
Soixante groupes internationaux
Des chansons tristes racontent les marins qui partent six mois au large, d’autres enjouées narrent des jours heureux en mer. Au programme : 60 groupes internationaux, sur des scènes ou des scènes en acoustique… Et des improvisations pour les chanceux au détour d’un bistrot.
5 La gastronomie populaire
Consubstantielle à l’événement ! Citons notamment un championnat de soupes de poisson – « c’est universel, partout dans le monde, il y a ce type de préparation, qui tient au corps, facile à préparer, très spécifique » – ou la dégustation de tielles italiennes au poisson, nées avant les Sétoises au poulpe, et de colatura, délicieuse macération d’anchois.
6 L’éthique pas en toc
Enfin, Escale ne vise toujours pas le toujours plus et reste soucieuse de son image.
« Notre manifestation veut rester culturelle, garder une éthique autour des valeurs de culture, transmission, protection de l’environnement et solidarité. Nous avons près de 70 % de financement privé, nous nous interdisons de développer des activités commerciales ou le sponsoring », assure Wolfgang Idiri. Moins de 5 % du budget sont issus « des stands mercantiles ».
Cette année, une brigade est créée pour veiller à ce que la fête ne soit pas « gangrenée par des business en tout genre » : vendeurs à la sauvette, de nougats, de chouchous, brasseurs… « Le jour où tout le monde vient pour l’appât du gain, ça sera le début de la fin. »
Les parades d’arrivée et de départ à ne pas manquer
Ce sont deux moments forts dans l’énorme programme des rendez-vous proposé par le festival des traditions maritimes : les parades d’arrivée et de départ.
La première se déroulera ce mardi 31 mars à partir de 9 h. Normalement les voiliers invités arrivent tous au dernier moment toutes voiles dehors et croisent devant Sète avant d’entrer dans le port. Cette année, la flottille a anticipé son arrivée en raison du fort vent (d’ailleurs en 2024 la parade d’arrivée avait été tout bonnement annulée à cause des bourrasques).
Matutinalement ce mardi, les voiliers quitteront le port pour rejoindre le large et offrir une authentique parade. Si la tramontane venait à être trop forte, une mini-parade sera organisée à l’abri du port. Et puisqu’un jour, il faudra bien partir, la parade de fin d’Escale à Sète est prévue, comme d’habitude, le lundi de Pâques (le 6 avril donc) à partir de 15 h 30. Entre le temps de sortie et le passage au large, le public pourra profiter de trois heures d’évolutions.








