Dans le box, une traductrice assiste les prévenus. Originaires d’Europe de l’Est, ils sont en France depuis deux ans tout au plus. Mardi 21 avril 2026, deux hommes de 41 et 46 ans ont été jugés au tribunal de Lille (Nord) pour des faits de vol par effraction et escalade. Les faits remontent au 18 avril 2026 à Houplines (Nord) : à deux reprises, ils ont subtilisé des objets de valeur chez des particuliers. Pour se défendre, ils ont adopté des positions très différentes. Récit.
« Vous faites ça comme un loisir »
Dans la nuit du 18 avril 2026 vers minuit, la police est requise à Houplines pour un vol dans une habitation. Deux individus auraient « enjambé un grillage, puis escaladé le mur » pour atteindre le premier étage et entrer par une fenêtre ouverte. Deux consoles PlayStation et une enceinte connectée ont disparu. Un voisin, témoin de la scène, informe la police : il s’agit de deux hommes avec des casquettes. Les agents patrouillent dans le quartier, et finissent par retrouver les suspects présumés sur un parking. Les objets volés n’ont pas été retrouvés.
Au même moment, les forces de l’ordre sont alertées d’un vol par effraction. Les faits se seraient déroulés quelques minutes avant, dans le même secteur. Les cambrioleurs ont volé des montres et des écouteurs. Sur place, un sac contenant tout « l’attirail du cambrioleur » est retrouvé à proximité « dans les bosquets ». Pied de biche, gants et tournevis auraient servi à fracturer la serrure. L’intégralité du butin n’est pas retrouvé, mais l’un des suspects interpellé précédemment possède sur lui plusieurs montres.
Au tribunal, un seul reconnaît les faits. Celui-ci ne donne pourtant pas beaucoup d’explications. Il raconte s’être baladé après avoir bu un verre avec son ami. Sur le chemin, il aurait trouvé le sac rempli d’outils. Fortement alcoolisé, il aurait sévi seul et choisi la maison de manière spontanée. Il n’a aucun souvenir d’avoir cambriolé la seconde habitation.
Le deuxième prévenu nie l’entièreté des faits. Alors qu’il était « parti chercher un taxi » pour rentrer chez lui, son ami aurait commis le larcin sans qu’il le sache et lui aurait ensuite demandé si une montre « pouvait lui plaire ». Sans poser de questions, il aurait accepté. Le tribunal dénonce une version des faits incohérente avec ses précédentes déclarations : l’homme de 41 ans avait affirmé à la police qu’il avait trouvé les bijoux « au sol au bord de la route ».
« J’ai l’impression que vous faites ça comme un loisir. » s’indigne la présidente. Suite à leur garde à vue, une obligation de quitter le territoire français a été prononcée à leur encontre.
Dubitative, la procureure charge sévèrement les détenus
« C’est compliqué d’entendre que c’était juste une petite promenade », lâche l’avocate des parties civiles. Peu convaincue par les explications des prévenus, elle dénonce « le stress et l’insécurité » causés. Elle demande 820 euros d’indemnisation pour la première victime, et 1 832 euros pour la seconde.
La procureure de la République souligne des « comportements regrettables ». Le premier prévenu « minimise » les faits, tandis que l’autre nie en bloc. Selon elle, il n’y a pas de doute : les descriptions physiques avancées par le témoin sont concordantes. Au regard de « l’immense insécurité ressentie » par les victimes, elle requiert six mois de prison ferme pour le premier, et dix mois de sursis simple pour le second.
Les avocates de la défense sont surprises. Elles considèrent les peines trop élevées, alors que les casiers judiciaires de leurs clients sont vierges. Toutes les deux pointent du doigt les incohérences d’horaires et le manque de précision du témoignage clé. Elles souhaitent du sursis simple et des relaxes.
Finalement, le tribunal condamne les prévenus à huit mois d’emprisonnement intégralement assortis du sursis, et à l’interdiction de paraître sur le territoire français pendant cinq ans. Les deux hommes doivent également indemniser solidairement la première victime à hauteur de 820 euros, et 1 832 euros pour la seconde.
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