PFAS, frites spéciales "ultratransformées"… Cuisinier avec un air fryer est-il vraiment aussi sain qu’on le pense ?

admin
Par
admin
4 min de lecture

Adopté dans des milliers de foyers, l’air fryer s’est imposé comme une alternative "plus saine" à la friture. Mais cette réputation est-elle vraiment justifiée ?

Présenté comme l’alternative « plus saine » aux friteuses à huile, l’air fryer, ou friteuse à air chaud, s’est imposé dans des millions de cuisines. Mais derrière cette promesse, les données scientifiques invitent à nuancer, explique Patricia Chairopoulos. La journaliste « santé » à 60 millions de consommateurs vient de s’appuyer sur plusieurs études pour « débunker » les idées reçues sur ces friteuses sans huile, également stars des réseaux sociaux.

Est-ce vraiment plus sain qu’une friteuse classique ?

« Ça dépend sur quels critères », prévient-elle d’emblée. L’argument principal, cuisiner « sans gras », est jugé réducteur. « L’objectif n’est pas de manger absolument pas gras », rappelle notre experte, évoquant un apport recommandé de 30 à 35 % de lipides dans l’alimentation par l’Anses. Autre biais : les produits utilisés. Les frites « spécial air fryer », par exemple, sont souvent « plus ultratransformées » que des frites classiques. « Pourquoi aller chercher des frites avec cet enrobage ? », interroge Patricia Chairopoulos. L’appareil ne garantit donc pas, à lui seul, une alimentation plus saine.

Quels risques réels pour la santé ?

L’enquête s’appuie sur plusieurs études pointant la formation d’acrylamide, une substance qui, liée aux cuissons à haute température, est classée possiblement cancérogène pour l’Homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). « Les air fryers peuvent dégager plus d’acrylamide que d’autres modes de cuisson », souligne la journaliste, notamment en cas de températures trop élevées.

Autre point de vigilance : les cuves antiadhésives. Si elles ne sont pas considérées comme nocives dans des conditions normales, elles peuvent contenir des PFAS. « Dès que le revêtement est abîmé, il faut changer », insiste-t-elle, comparant avec les poêles. Les rayures visibles ou un revêtement qui se décolle constituent des signaux d’alerte. Patricia Chairopoulos appelle aussi à la vigilance sur la qualité des appareils : « Les matériaux très bon marché, ce n’est pas toujours bon signe », prévient-elle, déconseillant notamment les achats d’occasion ou sur certaines plateformes chinoises comme AliExpress, où les garanties de conformité aux normes européennes sont plus incertaines.

L’usage et l’entretien changent-ils tout ?

C’est même central. « Tout dépend comment vous l’entretenez », résume Patricia Chairopoulos. Un appareil mal nettoyé, avec des résidus carbonisés, peut « dégager encore plus de polluants » sous l’effet de la chaleur. Le problème est peu perçu par les consommateurs : « On se dit que c’est une cuve fermée, il n’y a pas de raison », note-t-elle. Pourtant, des odeurs anormales ou des fumées peuvent trahir un encrassement. Ventilation, nettoyage régulier et précautions d’usage restent essentiels.

L’air fryer encourage-t-il une forme de « fausse bonne conscience » alimentaire ?

« Oui, tout à fait », tranche Patricia Chairopoulos. L’air fryer peut induire un biais : « On se dit que c’est bon, donc on fait moins attention au reste ». En focalisant sur un mode de cuisson, certains relâchent leur vigilance globale sur l’alimentation. L’appareil n’est donc ni à bannir ni à idéaliser. « Ça dépend de l’usage », résume la journaliste.

Ce qu’il faut éviter de faire

  • Les grosses pièces de viande : elles peuvent sembler bien dorées à l’extérieur mais rester insuffisamment cuites à cœur, avec un risque sanitaire.
  • Les aliments qui coulent ou encrassent (fromages mous, préparations grasses) : ils compliquent le nettoyage et favorisent l’accumulation de résidus.
  • Les cuissons à très haute température ou trop prolongées : elles augmentent la formation de composés indésirables comme l’acrylamide.
  • Un appareil mal entretenu : des résidus carbonisés peuvent, à la longue, entraîner davantage d’émissions de polluants.

Source link

Partager cet article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

parcontre.fr