L’homme, âgé de 33 ans, qui se présente devant le tribunal correctionnel de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) semble sûr de lui. Pour son avocat à ses côtés, aucun doute non plus, la justice doit le relaxer. D’ailleurs, les deux hommes ont refusé l’ordonnance pénale (procédure simplifiée) qui était proposée pour se présenter en audience publique. Au risque d’une condamnation plus salée.
En sortant du festival No Logo
Les faits qui sont reprochés au trentenaire sont simples et limpides. Il a été contrôlé positif au volant de sa voiture en sortant du festival No Logo, organisé au fort Saint-Père, près de Saint-Malo. Positif au cannabis.
D’ailleurs, cet homme inconnu de la justice et parfaitement inséré le reconnaît sans sourciller. « Oui, j’avais fumé ce soir-là. C’est de l’histoire ancienne ».
« C’est le conducteur qui doit prélever sa salive »
Pour démontrer sa bonne foi au tribunal, il se fait dépister tous les mois, à tous les stupéfiants. Analyses sanguines et urinaires n’ont rien relevé depuis cette soirée reggae à No Logo, qui remonte à bientôt trois ans. Mais là n’est pas l’essentiel de la discussion devant le tribunal malouin. « L’écouvillon qui sert au dépistage doit être transmis au conducteur par l’officier de police judiciaire (OPJ). C’est la personne contrôlée qui doit prélever sa salive sous le contrôle de l’OPJ. Ce dernier n’a pas compétence à effectuer lui-même le prélèvement », explique l’avocat du prévenu.
« Plus personne n’est censé faire l’erreur »
Or ce soir-là, c’est le gendarme qui a manipulé lui-même le long « coton-tige » en le glissant sous la langue du conducteur. « Les consignes sont claires, afin justement d’éviter que les écouvillons soient contaminés. Plus personne n’est censé faire l’erreur ». Pour l’avocat, le prélèvement est entaché d’irrégularité et son client doit donc être relaxé. Point final.
« Les prélèvements s’enchaînaient cette nuit-là » et si le Parquet admet que le contrôle n’a pas été mené dans les règles de l’art, il réclame tout de même quatre mois de suspension de permis et l’obligation pour le prévenu d’effectuer un stage de sensibilisation à la sécurité routière.
6 mois de suspension et un stage
Le tribunal de Saint-Malo, qui a rendu sa décision le 3 avril 2026, a finalement suivi ces réquisitions, ajoutant même deux mois supplémentaires de suspension du permis de conduire. La peine, en revanche, ne sera pas inscrite au casier judiciaire du prévenu.
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