Résultats des municipales 2026 en Occitanie : qui a gagné, qui a perdu ? "Les Républicains ne pouvaient que perdre des positions"

admin
Par
admin
7 min de lecture
#image_title

Emmanuel Négrier est directeur du centre d’études politiques et sociales (le Cepel), à l’université de Montpellier/CNRS. À partir des principaux enseignements que l’on peut tirer de ce premier tour des élections municipales 2026, il décrypte les enjeux pour chaque famille politique fortement représentée en région, à l’aune de leurs résultats respectifs.

Emmanuel Négrier, directeur du centre d’études politiques et sociales (le Cepel), à l’université de Montpellier/CNRS, revient sur les enseignements de ce premier tour, par famille politique, à l’aune de leurs résultats respectifs en région.

Le chercheur et politologue montpelliérain Emmanuel Négrier. Midi Libre – SYLVIE CAMBON

La France insoumise

La percée de La France insoumise dans les villes de plus de 100 000 habitants a été incontestable ce dimanche. Sauf à Montpellier, où le score de Nathalie Oziol (15,36 %) est resté en deçà de ceux enregistrés par LFI dans la métropole. Selon Emmanuel Négrier, cela tient d’abord à « la division extrême du camp, des camps de gauche. Les listes LFI plus influentes à l’échelle nationale dans d’autres villes sont en général le fruit d’unions plus larges que celle présentée à Montpellier. »

Ensuite, observe-t-il, « cet échec relatif, c’est celui de la mobilisation attendue des quartiers populaires en la faveur des LFI. Or, s’il a plané des accusations de vote communautaire, de mobilisation sur des bases discutables politiquement, en réalité, on observe que Michaël Delafosse est devant Nathalie Oziol dans la quasi-totalité des bureaux de vote des quartiers populaires. Où on est en 2026 à peu près au niveau de faiblesse de participation que l’on avait déjà constaté en 2014. »

Le Rassemblement national

Pourquoi le Rassemblement national, à l’occasion de ce premier tour des municipales, a-t-il engrangé un grand nombre de succès dans le Gard, parfois au-delà de ces attentes, alors qu’il semble en retrait de ce qu’il pouvait espérer dans l’Hérault, Agde excepté ? Le directeur du Cepel s’est lui aussi interrogé : « La progression du RN se fait par spot et par tache d’huile. Par spot, je parle de lieux politiquement extrêmement spécifiques, marqués par les mêmes facteurs qui ont fait triompher, par exemple, Julien Sanchez à Beaucaire, Robert Ménard à Béziers, Louis Aliot à Perpignan. »

Pour Emmanuel Négrier, parmi ces facteurs, figure « une usure marquée d’une droite qui gouverne depuis longtemps. Ou une division du camp de droite. Même quand le sortant se représente, c’est le cas de Carcassonne, a fortiori quand il ne se représente pas ou qu’il n’est pas en position de le faire, comme à Nîmes ou Agde. Et en face, on a souvent une gauche divisée ou d’une extrême faiblesse. » Il complète : « Et il y a une logique de tache d’huile, par une présence relativement enracinée des mêmes élus sur les mêmes territoires, ou symboliquement proches, qui expliquent le succès du RN ici et juste à côté. C’est le cas de Vauvert vis-à-vis de Beaucaire, même si ce n’est pas tout à fait les mêmes territoires, de Bagnols-sur-Cèze pour le Gard rhodanien, de Julien Sanchez à Nîmes. »

Et de cependant relever : « Mais c’est une progression qui a ses limites. Par exemple autour de Beaucaire, à Jonquière-Saint-Vincent ça n’a pas marché, à Beauvoisin ou à Bellegarde non plus », précise le chercheur.
Avant de reconnaître aussi « des effets de fief, c’est valable pour Robert Ménard, ou pour Louis Aliot. En gros, les élus une première fois sur une base RN sont réélus parce qu’ils ont conquis une hégémonie beaucoup plus large, notamment dans l’électorat de droite. »

Les Républicains

Parmi les victimes collatérales des succès du RN, Les Républicains figurent donc au premier rang. Emmanuel Négrier acquiesce : « De toute façon, les Républicains ne pouvaient que perdre des positions lors de ces élections. Auparavant, on a pu penser que c’était surtout le cas après des vagues de remobilisation de la gauche. Mais ce qu’on réalise, là, ce lundi matin, c’est qu’effectivement, c’est presque davantage dû à la position parfois hégémonique ou, en tout cas, dominante du Rassemblement national. »

Il enchaîne : « C’est le cas à Carcassonne où personne n’attendait, d’une part, Christophe Barthès à ce haut niveau et, surtout, la gauche aussi bas. Et c’est effectivement une bonne remarque que de dire que c’est la droite qui en pâtit le plus parce que quand c’est la gauche qui est sortante, le RN a plus de difficultés. L’une des grandes leçons à cet égard, c’est le cas de Limoux, où le RN avait un énorme espoir de conquérir la ville. Et Pierre Durand (PS) a gagné. Donc, ça s’avère un petit peu plus difficile, même là-bas où le RN est particulièrement bien enraciné. »

Le Parti socialiste

En écho, on peut dire que le PS, globalement, résiste mieux, localement, que LR, si l’on considère les trajectoires des deux grands partis qui ont dominé la vie politique française jusqu’à l’élection d’Emmanuel Macron. Emmanuel Négrier abonde : « Certes, il y a, quand même, beaucoup d’élus de gauche réélus, même en présence du RN, même avec un héritier plutôt qu’un sortant, comme à Castelnaudary, par exemple. Donc, effectivement, cette dynamique joue son rôle. Mais, on sent, quand même, globalement, que l’hégémonie des candidats divers gauche sur leur territoire est plus fragile qu’on ne le pensait d’ordinaire. »

À lire aussi : EN IMAGES Municipales 2026 en Occitanie : sourire, déception, attente sans fin… nos plus chouettes photos d’annonces de résultats

À lire aussi : Municipales 2026 en Occitanie : seulement une centaine de seconds tours, des maires sortants en danger… Il se passera quoi dimanche prochain ?

Et de citer « Cyril Meunier à Lattes, Fadilha Benammar à Lodève. Il ne s’agit pas d’une défaite, mais… Du coup, alors que l’on relève aussi le maintien à gauche de Clapiers, ou de Jacou, par exemple, on est fondé à se demander quel est le facteur qui joue le plus : la personnalité et le capital politique personnel accumulé par un sortant, ou son étiquette politique ? »

 

Source link

Partager cet article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

parcontre.fr