Un habitant du quartier de Rochebelle, à Alès, a été jugé en comparution immédiate pour un comportement qu’il qualifie lui-même de "déplorable".
« Je n’ai aucun souvenir de ce qu’il s’est passé et je tiens à m’excuser, une fois de plus, auprès du policier. » En détention depuis l’avant-veille, cet habitant du quartier alésien de Rochebelle est jugé en comparution immédiate, lundi 30 mars, au tribunal d’Alès, dans le Gard, après avoir outragé un policier national et lui avoir craché au visage.
Les faits remontent au 26 mars, lorsque les forces de l’ordre sont alertées, dans la soirée, de violences conjugales. Elles trouvent alors cet homme de 54 ans, ivre et allongé au sol de son appartement. Il s’en serait pris à sa compagne qui l’aurait empêché de se défenestrer. Son comportement, qu’il qualifie lui-même de « déplorable » même s’il invoque un « black-out » pour ne pas s’appesantir sur les faits, vire ensuite à l’outrage et aux violences lorsqu’il est conduit jusqu’aux urgences.
Ne pas se souvenir, le parquet s’agace d’entendre toujours la même chose dans ce type de dossier : « Des mots pour tout, trop faciles à utiliser pour épiloguer. » Pour ce récidiviste qui « n’a tiré aucun enseignement de ses condamnations passées », dix mois de prison, dont six avec sursis probatoire, plus un maintien en détention et une obligation de soins sont requis.
Un rapport favorable du JAP mis en évidence
Me Camille Monestier est « abasourdie par des réquisitions disproportionnées par rapport à ce qu’il lui est reproché ». Elle rappelle que son client est en souffrance, qu’il « se réfugie dans l’alcool », qu’il tente de s’en sortir et que le black-out « est une réalité pathologique ». L’avocate de la défense estime qu’« il faut remettre les faits dans leur contexte » et met en avant un rapport favorable du juge d’application des peines (JAP). Pour ce conseil qui mise sur un sursis probatoire, « cet incident est un faux pas sur le chemin de la rédemption […] Sa place n’est pas en prison. »
Les juges donnent une chance à ce quinquagénaire. Ils le condamnent à la peine requise, mais en écartant le maintien en détention. La peine ferme est, donc, potentiellement aménageable.






