À Viols-le-Fort, près de Montpellier, le festival CHAP, rendez-vous culturel ancré depuis vingt ans, a été la cible de dégradations et d’inscriptions injurieuses dans la nuit de mardi 21 avril 2026 à mercredi. Les organisateurs dénoncent un climat de tensions politiques et maintiennent l’événement.
Le jour devait être celui des derniers préparatifs, des balances et des retrouvailles entre bénévoles. Il s’est ouvert sur la stupeur. Au petit matin de ce jeudi 23 avril, l’un des chapiteaux du festival CHAP, installé à Viols-le-Fort, a été recouvert de tags insultants et à connotation politique. Des inscriptions tracées à la bombe bleue, mêlant injures et slogans, parmi lesquels « Sale gaucho pue la piss » (Sic), « RN 2027 » ou encore « Marine à l’aide », aux références très clairement favorables à Marine Le Pen d’autres figures d’extrême droite comme Eric Zemmour.
L’image, brutale, tranche avec l’esprit revendiqué par ce festival associatif, qui célèbre depuis deux décennies la diversité culturelle et le vivre-ensemble. Théâtre, cirque, musiques du monde ou encore spectacles pour enfants composent une programmation éclectique portée par des bénévoles.
Une plainte déposée, mais un festival maintenu
Dans un communiqué publié le jour même, l’association organisatrice dénonce « des messages violents, racistes et haineux » et pointe un climat politique « délétère ». Une plainte conjointe a été déposée avec la municipalité auprès de la gendarmerie. Les services de l’État ont été informés.
Malgré ce coup dur, les organisateurs se veulent fermes : pas question d’annuler. « Nous ne nous laisserons pas intimider », assurent-ils, rappelant les valeurs fondatrices de CHAP : mixité sociale, engagement citoyen et accès à la culture pour tous.
Sur le terrain, les bénévoles se sont rapidement mobilisés pour effacer les inscriptions et remettre le site en état. À quelques heures de l’inauguration, la détermination semble avoir pris le dessus sur l’indignation.
Dans ce village de l’arrière-pays héraultais, l’incident laisse toutefois des traces. Et pose, en creux, la question de la place des événements culturels engagés dans un contexte national de plus en plus polarisé.








