"Shopping pour violeurs et fachos" : qu’est-ce que la marque "Enfants Riches Déprimés", accusée de glorifier les "vêtements SS"

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Après un passage "remarqué" à la Paris Fashion Week début mars, la marque "Enfants Riches Déprimés" se retrouve dans le viseur du collectif NousToutes. Accusée de mobiliser des références au fascisme, à la culture du viol et à des figures controversées, l’enseigne a fait l’objet d’une action coup de poing à Paris le 2 avril.

« Les agresseurs, les violeurs et les fachos, maintenant, c’est fashion ». La formule résume la colère du collectif NousToutes face à la marque de vêtements « Enfants Riches Déprimés », fondée par l’américain Henri Alexander Levy, accusée de mobiliser des références au nazisme, à des figures controversées et à une esthétique violente et malsaine.

Culture du viol, pédophilie et symboles fascistes

Pour NousToutes, « Enfants Riches Déprimés » va « bien au-delà de la provocation ». Le 2 avril, des militantes du collectif ont mené une action coup de poing devant la boutique parisienne de la marque, à Paris. Vitres recouvertes de slogans tels que « Shopping pour violeurs et fachos », peinture rouge sur la façade, pochoirs au sol : l’objectif était de dénoncer « la culture du viol promue par la marque » et « l’utilisation de symboles fascistes », explique le collectif.

NousToutes a mené une action coup de poing ce 2 avril devant la boutique de la marque à Paris. COLLECTIF NOUSTOUTES

Dans le viseur ? Des pièces inspirées « très directement des vêtements SS » avec des croix associées à l’extrême droite telles que la croix pattée ou la croix celtique. Le créateur de la marque semble aussi apprécier l’esthétique de la croix gammée, en témoigne ses stories Instagram, désormais supprimées.

Mais aussi des visuels comme le portrait de , « pédocriminel assez célèbre », affiché sur des tee-shirts et des badges qui, dans les publicités sont souvent portés par des mannequins dénudées et d’apparence très juvénile : « Le comble du cynisme, lance NousToutes. Il y a vraiment une valorisation de la pédocriminalité vraiment complètement assumée ».

Marylin Manson défile pour le 8 mars

Et la marque est allée encore plus loin le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, en faisant défiler le chanteur Marylin Manson « accusé de violences sexuelles », rappelle NousToutes. Sur le podium, se trouvait aussi une femme à moitié nue gisant au sol : une scénographie loin d’être « anodine ».

Des collaborations avec le photographe américain Terry Richardson, lui aussi accusé d’agressions sexuelles, sont aussi pointées du doigt.

Les stories du créateur ont été supprimées. CAPTURE ECRAN INSTAGRAM NOUSTOUTES

Reprendre des références fascistes ou nazies revient à « rendre cool et luxueux les génocides »

Au-delà de la marque, le collectif dénonce un phénomène plus large : « la normalisation des symboles fascistes et de la culture du viol pour les rendre vendables », estime NousToutes. Et quand ces symboles sont vendables, ils se normalisent.

Reprendre des références fascistes ou nazies revient à « rendre cool et luxueux les génocides » et à banaliser « l’idée d’une suprématie blanche », explique le collectif. Un message « qui n’est pas anodin », envoyé en premier lieu aux femmes et aux minorités, « toujours les premières victimes des idéologies fascistes ».

Loin du côté punk et subversif vanté par la marque, ces représentations dans la mode participent à une forme de normalisation où les violences ne sont plus dénoncées, mais « glamourisées, fashionisées ». Dans un contexte où les néonazis défilent de plus en plus dans les rues en France et où l’Assemblée nationale « réalise une minute de silence en hommage à l’un d’entre eux », NousToutes appelle à « prendre ses responsabilités » et au boycott total de la marque.

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