Toulouse. À quelles peines ont été condamnés les « boss » des Izards ? Voici leurs derniers mots et le délibéré

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Le procès des « boss » des Izards et leurs petites mains, qui occupe les Assises de Toulouse depuis lundi 23 mars, vient de se clôturer. Après les derniers mots des accusés, le verdict est tombé (très) tard ce vendredi 3 avril pour les 11 accusés – le dernier étant en fuite. Ils étaient tous jugés pour leur participation dans le meurtre en bande organisée de Djilali A., un guetteur qui avait été recruté récemment et se trouvait sur un point de deal très convoité, le soir du 24 août 2020. Cet été-là, le quartier avait été secoué par de nombreuses fusillades mortelles liées à une guerre entre deux équipes, autour d’un point de deal qui rapportait alors 40 000 euros par jour. Fait rare, les commanditaires du meurtre et boss du quartier se trouvent aux côtés des exécutants, dans le box des accusés. Sur les onze accusés, un seul a été acquitté. Tous les autres ont écopé de lourdes peines, à commencer par Mohamed Z., le « chef » du réseau, condamné à 27 ans de réclusion. Voici les derniers mots des accusés présents au verdict, et leurs condamnations.

Les commanditaires présumés

Mohamed Z., 45 ans, considéré comme le « boss » des Izards contre qui l’avocat général avait requis 30 ans, a été lourdement condamné. Absent au moment où les accusés étaient invités à exprimer leurs derniers mots – il a refusé de comparaître après une tentative de suicide dans sa cellule -, il est considéré comme l’un des commanditaires du meurtre de Djilali A. 

Bien qu’il n’ait cessé de clamer son innocence, le chef des Izards a donc écopé d’une peine de 27 ans de réclusion criminelle, assortis d’une peine de sûreté de 20 ans.

Samir N., armoire à glace de 42 ans à la voix grave, considéré comme l’un des autres chefs du réseau, n’a cessé de clamer qu’il n’avait rien à voir avec cette affaire. A l’issue de l’audience, il a insisté : « Je compatis avec la douleur de la famille, je sais ce que c’est de perdre un proche. Moi je suis innocent dans cette affaire, je suis concerné dans d’autres affaires, pour lesquelles je serai jugé… J’espère que vous serez juste dans votre décision. »

Il a finalement été condamné à 18 ans de prison, alors que son avocate Me Dupoux avait plaidé l’acquittement.

Les membres présumés du commando mortel

Imed M., trentenaire qui faisait partie du commando mortel le soir du meurtre, a lui aussi assuré qu’il n’avait rien à voir avec l’affaire. Il a pourtant été retrouvé dans la voiture pourchassée par les policiers juste après la fusillade et des résidus de tir se trouvaient sur ses vêtements suite aux faits. Il est considéré comme l’un des trois tireurs potentiels qui pourrait avoir directement ôté la vie à Djilali A., étant donné que l’auteur du tir mortel n’a pas pu être formellement identifié. Ses dernières paroles ? « Je tiens à dire que je suis innocent et cette histoire me dépasse. » Il a finalement été condamné à 20 années de réclusion alors que les avocates générales en avaient requis 30.

Mohamed M., le plus jeunes des accusés âgé de 25 ans, faisait partie du commando aux côtés d’Imed M. et Claudio S.M. Il pourrait être le tireur, confondu par son ADN et des résidus de tirs. Ses derniers mots : « Je présente mes excuses à la famille. C’est une tragédie que je porte avec moi jusqu’à la fin de ma vie. Je prends toutes mes responsabilités et je sais quelle part je porte. J’accepterai ma peine sans interjeter appel. » 22 ans de prison avaient été requis contre lui, et il a finalement été condamné à 18 ans de réclusion.

Claudio S.M., le conducteur du véhicule qui a servi le soir du meurtre, âgé de 30 ans, était en fuite pendant 6 mois au Portugal avant son interpellation. Il a tenu à souligner : « Je m’excuse auprès des familles. Je suis sincèrement navré. Je le redis et ça ne sera jamais assez… J’ai changé, je suis plus la même personne. » Il a été condamné à 22 ans de réclusion criminelle

Les logisticiens présumés

Yanis M., âgé de 29 ans et logisticien présumé du meurtre en bande organisée de Djilali A., avait été cible lors d’une fusillade deux semaines avant, organisée par l’équipe qui avait récupéré le fameux point de deal. De quoi expliquer les représailles mortelles pour lesquelles il est jugé. Il a clamé son innocence et n’avait « rien à ajouter » à la fin de l’audience. Il a écopé de 16 années de réclusion criminelle.

Charef K.B., l’un des accusés qui gérait le point de deal, aujourd’hui âgé de 29 ans, avait reconnu précisément son rôle dans le trafic de drogue et dans l’organisation de la fusillade mortelle du 24 août 2020. Il s’était occupé de la logistique depuis sa cellule. À la fin du procès, il a déclaré : « J’ai dit toute la vérité, sur tout ce que j’ai fait, et je vous demande sincèrement de croire à ma rédemption. Je présente mes excuses aux habitants des Izards, certains sont dans la salle, qui n’ont rien demandé et à qui on a pourri la vie, à qui j’ai pourri la vie ; et pour finir je tiens à demander pardon pour l’impardonnable, à la famille, pour ce qu’elle a subi. J’accepterai ma peine et je l’exécuterai en montrant que j’ai changé tous les jours que Dieu fait. » Il a été condamné à 16 ans de réclusion.

Hakim B., vu comme « l’homme de main » de Mohamed Z., âgé de 35 ans, était lui aussi considéré comme un des organisateurs du meurtre, à distance. Il n’a rien voulu ajouter au fait qu’il clamait son innocence, et a été condamné à 15 ans de réclusion.

Nabil N., âgé de 35 ans et lui aussi soupçonné d’avoir participé à la logistique du meurtre en bande organisée, a sobrement déclaré : « Je ne suis pas impliqué dans les faits du 24 août 2020. » Il a écopé de 12 ans de prison.

Ayoub Badr, grand absent du procès, en fuite, a écopé de 20 ans de réclusion.

Un des logisticiens présumés acquitté

Amir B., le trentenaire soupçonné d’être un des organisateurs du crime, qui s’était évadé de prison, a lui aussi assuré qu’il était innocent dans cette affaire, lors de sa dernière prise de parole. Face à un dossier « vide d’éléments », selon les mots de son avocate Me Cambla, il a été acquitté.

La plupart des hommes condamnés devraient faire appel, d’autant que bon nombre d’entre eux sont inquiétés dans d’autres procès avenirs, tristement surnommés Izards 3 et Izards 4, en référence aux épisodes de fusillades mortelles suivants de l’été 2020.

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