« On veut croire la parole de l’enfant, mais il faut tout vérifier ». Plus de 250 parents se sont rendus à la réunion d’information organisée par la ville de Tours (Indre-et-Loire), lundi 27 avril, quelques jours après la révélation de faits présumés de viols sur une fillette de trois ans, au sein de l’accueil de loisirs Mirabeau, pendant les vacances de février 2026.
Pour répondre aux questions des parents, une douzaine d’intervenants étaient présents : le maire de Tours, Emmanuel Denis, son adjoint à l’éducation, Franck Gagnaire, le procureur adjoint de Tours, Eric Raygasse, ainsi que des représentants de l’Éducation nationale, de Charlotte Loisirs, de la Cellule de Recueil des Informations Préoccupantes d’Indre-et-Loire (CRIP37) et de l’Unité d’Accueil Pédiatrique Enfant en Danger (UAPED) du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Tours.
Une réunion d’information organisée après la révélation de faits présumés de viols sur une fillette de trois ans
La réunion d’information a débuté par un rappel des informations communicables à ce stade de l’enquête, suivi d’une explication du fonctionnement général d’une enquête pour violences sexuelles sur mineurs par le procureur adjoint de Tours, Eric Raygasse.
Celui-ci a par ailleurs précisé qu’à ce stade de l’enquête, il n’y avait aucune certitude. « On veut croire la parole de l’enfant, mais il faut tout vérifier », a-t-il fait savoir, ajoutant que si les faits présumés étaient avérés, la culpabilité de l’animateur soupçonné n’était pas automatique. « Ce n’est peut-être pas lui », a-t-il ajouté.
Pourquoi le juge d’instruction a-t-il placé l’animateur soupçonné sous le statut de témoin assisté ?
Le procureur adjoint a par ailleurs apporté un éclairage aux parents sur le statut de témoin assisté, sous lequel l’animateur soupçonné a été placé. Pour qu’une personne soupçonnée soit mise en examen, le juge d’instruction doit disposer « d’indices graves et concordants ».
Si ce n’est pas le cas, alors la personne soupçonnée peut être placée sous le statut de témoin assisté. Elle peut à tout moment être mise en examen si de nouveaux éléments le justifient.
Pourquoi l’animateur soupçonné a-t-il été suspendu de ses fonctions ?
« La priorité, c’est de protéger les enfants, c’est pourquoi l’animateur a été suspendu, sans présager de sa culpabilité », a expliqué Franck Gagnaire, adjoint délégué à l’éducation de la ville de Tours.
L’animateur soupçonné de violences sexuelles a en effet été mis à pied le 17 avril, après que la ville de Tours a été informée, le 16 avril, qu’une enquête le visait.
« Il a été suspendu dans l’intérêt du service », sans être mis au courant de la raison de la mise à pied, a précisé l’adjoint. Le motif de celle-ci a été porté à sa connaissance lors de son interpellation.
Comment parler à son enfant de violences sexuelles ?
Après les exposés des intervenants, la parole a été donnée aux parents, qui ont manifesté leur inquiétude, pour certains leur perte de confiance envers l’accueil de loisirs Mirabeau, et ont pu poser leurs questions aux professionnels présents.
Plusieurs parents ont ainsi demandé des éléments pour savoir comment parler à leurs enfants des soupçons de viols portés sur un de leurs animateurs, dont l’identité, bien que publiquement anonyme, a été facilement déduite par les parents.
« Si les enfants ne sont pas au courant, je ne sais pas si c’est nécessaire de leur dire. S’ils ont perçu quelque chose, alors il faut être honnête, sans forcément leur donner de réponses », a avancé une professionnelle de l’UAPED.
Les professionnels ont cependant insisté sur l’importante pour les parents de parler avec leurs enfants de l’intimité du corps, des limites, et ainsi créer l’occasion pour les enfants de parler.
Comment repérer si son enfant a été victime ?
Les personnels de l’UAPED ont également fourni des éléments sur les signes qui doivent alerter les parents afin de repérer les jeunes enfants victimes de violences sexuelles.
Parmi ceux-ci, on retrouve : des comportements régressifs, des troubles du sommeil, une peur excessive d’une personne ou d’un lieu, des comportements sexualisés excessifs, etc. « Ces signaux sont inquiétants s’ils sont inhabituels, soudains et cumulés« , précise l’UAPED, qui incite les parents à parler à leur médecin de famille en cas de doute.
Les professionnels ont aussi insisté sur l’importance de ne pas interroger son enfant de manière frontale, avec des questions fermées.
« Il faut faire attention à la suggestibilité des enfants très jeunes. Il faut privilégier des questions ouvertes », explique une psychologue de l’UAPED.
« Si votre enfant est en confiance, il n’y a pas de raison qu’il ne parle pas de ce qui lui est arrivé », ajoute-t-elle, enjoignant les parents à faire attention à ne pas transférer leur angoisse sur leur enfant.
XX XX XX/a>.






