Un ancien médecin de Vendée accusé de négligence après la mort d’un patient

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Un ancien médecin ayant longtemps exercé en Vendée, à Chaillé-sous-les-Ormeaux, avant de s’installer à Nesmy, a été convoqué le mercredi 8 avril 2026 à Nantes devant la chambre disciplinaire de première instance (CDPI) de l’Ordre des médecins des Pays de la Loire.

Ce généraliste, absent de l’audience pour raison de « maladie », est accusé de « négligence » par la veuve, la fille et le petit-fils d’un patient, un « retraité hyperactif » décédé le 4 juin 2023 d’un « cancer du poumon avec métastases », diagnostiqué tardivement. Entre janvier et mai 2023, le médecin traitant avait vu son patient en consultation « neuf fois » mais n’avait pas détecté la maladie.

Un diagnostic tardif

La fille du défunt a rapporté que son père, décrit comme « sportif » et « en très bonne forme », avait exprimé son inquiétude lors de consultations, en raison de « fatigue » et de « douleurs importantes ». Le médecin avait attribué la « perte de poids » du patient à la « prise de protéines » et avait également « minimisé les résultats » d’une IRM.

Le conseil départemental de l’ordre des médecins (CDOM) de la Vendée a décidé de se joindre à la plainte de la famille, mettant en avant la « négligence » du médecin. Le « dossier de consultation » du patient était « quasiment vide », ce qui a « retardé considérablement » les mesures d’expertise. Le praticien, retraité depuis les faits, a reconnu au cours de la procédure ne pas être « très à l’aise avec l’outil informatique ».

Des signes d’alerte ignorés

Selon la famille, plusieurs signes auraient dû alerter le médecin, notamment les « 16 kg perdus en 3 mois », la « soif permanente », le « mauvais teint » et l’état général « anxieux » du patient. Malgré cela, le défunt aurait conservé une « grande confiance » en son médecin de longue date.

L’avocate de la famille, Me Laura Nioche, a rapporté que d’autres patients avaient été « effarés » par le comportement du médecin lors des dernières années de sa carrière, le qualifiant de « vulgaire ». Selon elle, « il aurait dû arrêter sa carrière bien plus tôt ». Elle a également critiqué son absence à l’audience, estimant qu’il n’assumait pas ses responsabilités dans cette affaire.

Un suivi médical contesté

La fille du patient a décrit une dégradation rapide de l’état de santé de son père, mentionnant que ce dernier ne pesait plus que « 54 kg » contre « 70 » quelques mois plus tôt. Lors d’une consultation de moins de « cinq minutes », le médecin n’avait pas jugé nécessaire de « prendre la tension » ou de « peser » son patient, et n’avait pas analysé en détail les résultats d’une IRM. « Quand mon père lui a demandé si c’était grave, il lui a répondu : ‘Non, vous avez un truc cassé dans le dos et on va vous mettre des tiges’ », a-t-elle affirmé.

Une prise en charge jugée insuffisante

Grâce à l’intervention d’une « secrétaire empathique », la famille a pu consulter en urgence un chirurgien à Nantes. Ce dernier a opéré le patient « dans la foulée », qualifiant sa pathologie de « très grave » et s’interrogeant sur la prise en charge initiale.

La fille du défunt a également dénoncé le contenu « quasi inexistant » des dossiers médicaux, soulignant l’absence de mention sur le passé de fumeur de son père qui « qui avait arrêté depuis vingt ou trente ans ! S’il avait été mieux pris en charge, on aurait pu se préparer et lui dire au revoir. J’ai aujourd’hui besoin que lumière soit faite pour pouvoir avancer et faire mon deuil » a-t-elle exprimé devant la chambre disciplinaire.

Un médecin défendu par son avocate

Le représentant du conseil départemental de l’ordre des médecins de la Vendée a jugé « un manque de discernement flagrant » du praticien, estimant que son « défaut d’écoute et d’attention » justifiait une sanction disciplinaire.

De son côté, l’avocate du médecin, Me Stéphane Baïkoff, a affirmé que son client avait toujours été « très à l’écoute et attaché à ses patients », citant son choix de recevoir sans rendez-vous comme preuve de son dévouement. Elle a cependant reconnu que son client n’était « pas à l’aise avec l’outil informatique », le qualifiant de « médecin à l’ancienne ».

La chambre disciplinaire de première instance de l’Ordre des médecins des Pays de la Loire a mis sa décision en délibéré. Elle se prononcera sur une éventuelle sanction dans un délai de « cinq à six semaines ».

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