un couple condamné dans le Morbihan

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Un couple de Pont-Scorff (Morbihan) a été jugé le mardi 17 mars 2026 au tribunal de Lorient pour des faits de violences conjugales en présence de mineurs. L’autorité parentale du père de deux enfants était en jeu lors de l’audience. De quelles peines écopent les deux anciens partenaires de vie qui avaient tous les deux des antécédents judiciaires ?

Un couple se dispute violemment

Une habitante de Pont-Scorff âgée de 35 ans a été jugée à Lorient pour des faits de violence sur son concubin. Ces violences commises le 16 février 2025, n’ont pas entraîné d’incapacité de travail, à l’inverse de celles ayant été réitérées le 6 octobre 2025, en présence de mineurs cette fois, qui ont entraîné une incapacité de travail de 5 jours.

Œil pour œil, dent pour dent : le concubin victime a également commis des violences à l’encontre de sa compagne, c’est pourquoi lui qui était le seul des deux présents à l’audience du 17 mars est aussi entré en voie de condamnation.

La première dispute du 16 février 2025 est ainsi relatée : les gendarmes sont intervenus à 6 h du matin au domicile du couple à Pont-Scorff, à la suite d’un appel lors duquel des hurlements ont été entendus.

À leur arrivée les gendarmes trouvaient sur place les deux mis en cause et une de leurs amies en pleurs. D’après le témoignage de cette dernière : une violente altercation venait d’avoir lieu entre eux.

Les deux parents alcoolisés

Le mis en cause avait reçu une griffure au nez, leur amie les avait séparés en présence de leurs deux enfants. Les deux parents étaient alcoolisés. « Madame était énervée, Monsieur était calme » a-t-elle relaté.

Chacun a des enfants issus de précédentes unions, au sein de cet ancien ménage recomposé. La concubine a trois enfants et lui deux. Une situation familiale manifestement difficile à assumer à l’époque pour le couple et leurs enfants victimes d’un climat de tension.

D’après le concubin, comme relaté par le juge, « elle lui reprochait depuis un an de ne pas aimer ses enfants. Ce dernier a déclaré qu’il était allé s’allonger dans leur canapé pour mettre fin à la dispute en lui demandant de le laisser tranquille, puis qu’elle est ensuite partie chez sa copine avant de revenir à 5 h en sonnant une dizaine de fois ».

Elle serait rentrée dans la maison en forçant, puis la dispute est repartie, à grands coups de dénigrements et d’insultes. Elle a essayé de le frapper et de le gifler puis il l’a contrée avec son bras pour se protéger. Il a ensuite contré un deuxième coup avant qu’elle lui assème un troisième coup, qu’il n’a pas pu éviter. Des traces de sang ont été constatées sur les deux victimes.

Placée en garde à vue

La femme a déclaré qu’il l’avait poussé fortement. Pour lui la principale source de ces disputes était d’abord l’alcool.

À l’issue de leur dispute et alcoolisée au moment des faits, la mise en cause a été placée en garde à vue.

Lors de sa déclaration elle ne se souvenait pas de tout ce qui s’était passé et a déclaré avoir honte de ce qu’elle avait fait.

Les faits du 6 octobre

À la demande du Procureur de la République, les faits ont été requalifiés en violence sur conjoint en présence de mineurs.

Je n’ai jamais souhaité que mes enfants grandissent dans ce climat-là, je ne suis pas alcoolique et ne buvais pas tous les jours.

Le mis en cause

Les faits du 6 octobre 2025 ont commencé par une plainte de la concubine. D’après elle, cette soirée avait bien commencé mais sur fond d’alcool, puis les choses se sont envenimées sous tension.

Elle a fini par partir avec son oreiller et une couette dormir dans la voiture à 6 h 35, puis après des échanges de SMS, du fait de l’obligation de s’occuper des enfants, elle est rentrée au domicile. De nouveau, chacun ayant la rancune tenace, la dispute a repris.

C’est là qu’elle s’est retrouvée avec son compagnon dans leur chambre. Les enfants étaient réveillés, assistant à la scène sur le pas de la porte. Le fils a vu sa mère recevoir un coup de poing puis a appelé son oncle, lequel a composé le 17. Les grands-parents sont arrivés ensuite pour emmener les enfants à l’école.

Audition des enfants

Vue par un médecin, la mise en cause s’est trouvée dans l’incapacité de travailler pendant 5 jours. D’après leurs enfants, ce genre de violences n’avaient lieu entre eux que lorsque le couple était alcoolisé.

L’ex-conjointe de Monsieur a déclaré que « c’est une personne gentille si elle ne prend pas d’alcool ». Le fils du mis en cause, Enzo (13 ans) a déclaré que c’est l’alcool qui faisait tout dégénérer.

Il était réveillé à 4h20 ce jour-là tout comme son petit frère, il a entendu la compagne de son père dire « il m’a défoncé », ayant raconté qu’elle avait du sang sur la bouche et ses vêtements. D’après lui, elle lui avai, elle aussi donné un coup de poing et son père saignait beaucoup également.

J’ai peur pour mon père, je ne veux pas qu’il ait des problèmes, mais je veux qu’ils se séparent et avoir une famille normale.

Enzo, le fils du mis en cause

Yanis, le frère d’Enzo, a évoqué plusieurs disputes survenues en un an et demi entre eux.

Le fils de la compagne a quant à lui décrit sa mère comme étant «  triste » en racontant « qu’une fois elle avait envie de se pendre. Je l’en empêche dès qu’elle essaie de se prendre, j’essaie de l’en dégager pour ne pas que ça parte en couille ».

« Il se cache avec l’aide de Madame »

Avec l’aide de son ex-partenaire, le mis en cause s’était caché pendant plusieurs jours à leur domicile quand il était recherché par les gendarmes : il sera retrouvé trois jours après, caché dans le sous-sol de la maison.

C’est regrettable, on aurait jamais dû en arriver là, en plus en présence des enfants, ça leur montre de mauvaises choses, ce n’est pas bon pour leur éducation. C’est parti sur fond de dispute par rapport à nos enfants et à cause de la jalousie c’est monté crescendo.

Le mis en cause

« Mes enfants sont tout pour moi »

« Je veux retrouver un logement et du travail dans un nouveau cadre de vie » a déclaré le père d’Enzo et Yanis. Aujourd’hui celui-ci est en soins au Centre de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie pour soigner son addiction à l’alcool.

Les deux anciens partenaires, tous deux sous contrôle judiciaire et séparés, se sont depuis excusés mutuellement.

Je vois peu mes enfants, soit un samedi toutes les trois semaines, en arrangement avec Madame. Je leur explique souvent que c’est terminé, que ça n’arrivera plus. Mes enfants sont tout pour moi, je ne veux pas qu’ils restent avec ça en tête.

Le mis en cause

« Il leur demandait de mentir »

D’après la mère des enfants du mis en cause, ils ont très mal vécu ces épisodes de violences : « quand je les ai récupérés, ils étaient dans un état de peur. Tout de suite ils sont venus vers moi en essayant de mentir, en disant qu’elle s’était tapée toute seule. Personne ne m’a prévenu sauf Yanis (12 ans).

Enzo était déjà suivi par un psychologue et il m’a dit que c’était difficile pour lui de vivre un conflit de loyauté avec son père qui lui demandait de mentir, souvent pour cacher le fait qu’il revoyait sa partenaire. Il a fait des petites crises d’angoisse quand il a appris que son père était toujours avec elle. Mais ils aiment leur père, ils sont toujours contents de le voir.

Mère des enfants du mis en cause

Le rapport de la Brigade territoriale de la gendarmerie de Pont-Scorff a fait état de doute sur la reprise de leur vie commune pendant leur contrôle judiciaire, ce que le mis en cause a pourtant démenti, expliquant qu’il était hébergé à Languidic.

Un lourd passif

Le mis en cause est en licenciement économique, hébergé une semaine sur deux chez deux personnes, en recherche de logement et inscrit pour pouvoir vivre dans un logement social. Il perçoit 1 500 par mois de revenus et une pension alimentaire est prélevée sur son compte.

Célibataire actuellement, le juge a pris en compte dans son jugement, les 17 mentions à son casier judiciaire pour : délits de fuite et conduites sans permis en 2003 et 2009, port d’arme en 2010, état alcoolique en 2012, trafic de stupéfiants en 2014, trafic de stupéfiants en 2018, récidive de conduite sous l’empire d’un état alcoolique en 2021 et récidive de conduite avec usage de stupéfiant en 2023.

La mise en cause a quant à elle également été condamnée par le passé pour trafic de stupéfiants, usage illicite de stupéfiants et conduite sans permis.

« C’est pitoyable pour les deux »

Pour le Procureur de la République, le fait de s’alcooliser avec des amis et cinq enfants à la maison, un dimanche soir, la veille d’un jour d’école, est irresponsable.

Même si les enfants aiment leur papa, il a demandé que lui soit retirée l’autorité parentale et de condamner in solidum les deux coupables à payer 800 euros d’amende pour le préjudice moral causé à chaque enfant.

Encore un dossier de violences conjugales, il n’y a pas une audience sans dossier de ce type, à chaque fois les mêmes thématiques sont récurrentes, avec des explications et des retranchements vers la responsabilité des autres. C’est pitoyable pour les deux.

Le Procureur de la République

Pour lui « les deux parents ne s’intéressent pas à un seul moment à leurs enfants. « Est-ce acceptable pour un enfant d’assister à de telles violences et qui plus est d’être mis dans des positions d’adultes à devoir gérer leurs parents, beau-père et belle-mère, en s’adaptant à leur consommation d’alcool ? » a-t-il questionné sans cacher sa colère : « Comment peut-on être un bon père en demandant à ses enfants de mentir ? ».

Retrait de l’autorité parentale

Le tribunal a ordonné la jonction des deux dossiers concernant les faits reprochés à la concubine, ajoutant que pour des mineurs le fait d’avoir assistés à ces faits forme une circonstance aggravante.

Tous deux ont été déclarés coupable in solidum : la mère écope d’une peine de six mois de prison assortis du sursis probatoire pendant deux ans, avec une obligation de soin et l’interdiction d’entrer en contact avec son ancien concubin.

Lui a été condamné à 12 mois de prison dont six mois ferme et six mois assortis du sursis probatoire pendant deux ans. Il a également été condamné à une obligation de soin et de l’interdiction de rentrer en contact avec exécution provisoire.

Pour faire réaménager sa peine en ferme il devra justifier devant le juge d’application des peines d’un effort d’insertion. Enfin, le mis en cause s’est vu retirer son autorité parentale. Le couple est condamné solidairement à verser 600 euros en réparation du préjudice moral à la mère d’Enzo et Yanis.

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