Le drame s’est joué en quelques minutes, au cœur de la nuit. Dimanche 19 avril 2026, vers 4h30 du matin, un violent incendie s’est déclaré dans un appartement de l’avenue du Général-Henri-Noguès, dans le quartier Saint-Roch à Toulon (Var). Piégée par les flammes au dernier étage, une jeune femme de 19 ans s’est jetée dans le vide pour tenter de survivre. Elle a succombé à ses blessures. Son compagnon, un jeune marin de 20 ans affecté à la base navale, est toujours hospitalisé dans un état très préoccupant. Son pronostic vital est engagé, révèle Var-Matin, qui s’est rendu sur place dimanche.
Réveillés par des cris « d’arrachement »
Dans l’immeuble et les bâtiments voisins, les habitants ont été tirés de leur sommeil par une odeur âcre, puis par des hurlements. Plusieurs riverains interrogés par le quotidien régional disent avoir d’abord été incommodés par une fumée épaisse, avant d’apercevoir, depuis leurs balcons, les flammes s’échapper de l’appartement situé dans les étages supérieurs. Une voisine, dont le compagnon est également militaire, confie à Var-Matin son effroi : les cris de la jeune victime, qu’elle décrit comme insoutenables, l’ont réveillée en pleine nuit.
Le couple était bien connu dans ce quartier où résident de nombreuses familles de marins, l’arsenal de Toulon n’étant qu’à quelques minutes.
36 pompiers mobilisés, un immeuble sauvé de justesse
Alertés à 4h24, les sapeurs-pompiers du Var ont dépêché d’importants moyens sur les lieux. Au total, 36 sapeurs-pompiers ont été engagés, accompagnés de trois engins incendie, d’une grande échelle, de trois ambulances, de cinq véhicules de commandement et d’un véhicule léger infirmier, selon les informations communiquées par le Sdis 83. L’intervention rapide a permis d’éviter la propagation du feu aux appartements voisins. Cinq habitants du bâtiment, incommodés par les fumées, ont été pris en charge sur place sans nécessiter d’hospitalisation. Aucun relogement n’a été nécessaire, indique la municipalité toulonnaise.
L’appartement du jeune couple, lui, a été entièrement détruit.
Une trottinette électrique dans le viseur des enquêteurs
Très vite, un détail a attiré l’attention des premiers intervenants et des voisins : la présence d’une trottinette électrique dans le logement sinistré. Sa batterie était-elle branchée au moment des faits ? C’est l’une des principales hypothèses explorées par les enquêteurs. Selon Var-Matin, la piste d’une défaillance de la batterie lithium-ion est désormais au cœur des investigations.
Une enquête pour « recherche des causes de la mort » a été ouverte et confiée au commissariat de Toulon. Des experts en incendie du Laboratoire d’investigations et prélèvements scientifiques (LIPS) de Marseille ont été dépêchés en renfort pour passer l’appartement au peigne fin, précise France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le procureur de la République de Toulon, Raphaël Balland, confirme qu’une autopsie sera réalisée dans les prochains jours. À ce stade, il appelle à la prudence : les causes exactes du sinistre ne sont pas encore établies.
Phénomène inquiétant
Si la piste de la trottinette électrique se confirmait, ce drame viendrait s’ajouter à une longue liste d’accidents. Entre 2017 et 2024, les incendies liés aux batteries lithium-ion ont été multipliés par six en France, selon une étude de la Fondation Maif pour la Recherche citée par France 3 Bretagne. En juin 2025, un incendie provoqué par une trottinette en charge avait coûté la vie à quatre personnes à Reims, dont deux adolescents. Les pompiers alertent régulièrement : ces batteries, qualifiées « d’objets instables », peuvent s’embraser sans prévenir, particulièrement lors de la recharge.
Dans le quartier Saint-Roch, l’émotion reste vive ce lundi matin. Les services de la sécurité civile sont restés présents sur place tout le week-end pour répondre aux inquiétudes des riverains.
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