C’est un dossier de 4 483 pages auquel s’ajoutent 166 pages d’écoutes, qui a été jugé pendant plus de six heures par le tribunal du Mans (Sarthe) le vendredi 10 avril 2026.
Dans le box, cinq personnes – dont quatre hommes et une femme – âgées de 29 à 43 ans, toutes originaires du Cameroun. La justice reproche à ces personnes d’avoir organisé l’entrée irrégulière de migrants et leur séjour en France entre le 24 juillet 2024 et le 9 février 2025.
Cinq personnes jugées pour trafic de migrants et de faux papiers au tribunal du Mans
Ce vendredi 10 avril 2026, il était reproché aux prévenus la mise en place d’un réseau d’entrée et de séjour illégaux qui incluait la délivrance de vrais-faux passeports diplomatiques camerounais permettant l’arrivée de leurs titulaires en Suisse ou en Italie.
Autre méthode utilisée : des visas étudiants pour la Biélorussie, avant de faire entrer illégalement ces « étudiants » en Pologne, pays voisin de la Biélorussie mais membre de l’espace Schengen.
Mais ce qui a permis à cette « petite entreprise familiale » – certains membres clés du réseau sont parents – d’être découverte, c’est la falsification de documents de séjour permettant à leurs titulaires de travailler.
L’alerte a été donnée par des agences d’intérim de Sablé-sur-Sarthe, qui ont constaté que les autorisations de travail avaient toutes le même caractère frauduleux.
L’enquête a été menée par des enquêteurs de la Gendarmerie nationale, ainsi que par des policiers de l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (OLTIM).
« Je présente mes excuses à l’État français »
Devant le tribunal, les prévenus ont expliqué qu’ils avaient agi dans une logique d’entraide, bien qu’ayant conscience qu’ils enfreignaient la loi. Tous ont tenu à faire amende honorable.
« Je présente mes excuses à l’État français », a déclaré cet informaticien de 29 ans, réfugié politique en France et vivant à Besançon, dans le Doubs, qui falsifiait les documents de séjour.
un homme de 29 ans, sous le coup d’une OQTF, qui habitait à Sablé-sur-Sarthe avant son interpellation et qui apparaît dans le dossier comme le personnage central, a lui aussi présenté des excuses et s’est défendu de tout objectif lucratif.
À la suite de la procureure de la République, qui a requis des peines allant de 12 mois à 4 ans de prison ferme, Maître Edgard Enyegue, avocat de la seule prévenue, a plaidé la relaxe pour sa cliente et a parlé d’entraide entre personnes de la même communauté.
Pour Yacine Guiddir, avocat de l’informaticien de 29 ans, il faut ramener le dossier à ce qu’il est réellement. Il a demandé une peine adaptée pour son client, dont il a rappelé l’insertion.
Les cinq prévenus reconnus coupables
Reconnus coupables, les prévenus ont été condamnés majoritairement à des peines de prison ferme.
Le principal prévenu a été condamné à trois ans de prison, dont un an avec sursis, et deux ans de prison ferme avec maintien en détention, ainsi qu’à une interdiction du territoire français pendant cinq ans.
« L’informaticien » a été condamné à trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis probatoire et 18 mois de prison ferme avec maintien en détention.
Quant aux trois prévenus restants, ils ont été condamnés à deux ans de prison, dont un an avec sursis et un an de prison ferme. Une peine qu’ils purgeront toutefois sous la forme d’un bracelet électronique.
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