Le 18 mai 2026, une proposition de loi déposée par la députée Sophie Pantel concernant le statut des louvetiers sera examinée devant l’Hémicycle. Explications.
Mardi 14 avril 2026, la députée de la Lozère Sophie Pantel a eu rendez-vous avec le ministre de l’Écologie pour évoquer le sujet. Une rencontre satisfaisante pour l’élue, qui est parvenue à convaincre le ministère de déposer son texte sur la modification du statut des louvetiers sous forme d’amendement dans le cadre du projet de loi agricole. Il passera en commission la dernière semaine d’avril puis sera présenté à l’Hémicycle le 18 mai.
Qui sont les louvetiers ?
Nommés par la préfecture, les lieutenants de louveterie interviennent bénévolement dans le cadre de missions de gestion de la faune et de régulation des animaux pouvant causer des dégâts. Il peut par exemple s’agir de sangliers, de renards, de corvidés ou de loups. Ces chasseurs expérimentés agissent sur ordre préfectoral. En Lozère, ils sont au nombre de vingt.
L’objectif ? « Créer un statut d’auxiliaire de l’État pour les louvetiers qui interviennent pour le compte de l’État« , précise Sophie Pantel. Si leur mission de régulation des prédateurs est bien connue dans le département, les louvetiers interviennent également pour des sociétés privées. Prélever des grands ongulés pour assurer la sécurité sur les autoroutes, s’occuper de missions urbaines au sujet d’espèces invasives qui peuvent causer des problèmes sanitaires… leurs missions sont multiples.
Une protection fonctionnelle
Mais il n’existe pas d’harmonisation en ce qui concerne leurs interventions pour l’État. En effet, « chaque préfet, en fonction de ce qu’il peut trouver comme ligne budgétaire, va parfois leur donner quelque chose pour les frais de déplacement« , souligne la députée. Mais ce n’est pas le cas dans tous les départements.
Les louvetiers sont aussi contraints de prendre une assurance. Si la loi est votée, « ils vont toujours continuer à engager leur responsabilité individuelle si c’est une faute personnelle. Mais quand ils interviennent pour l’État, ils doivent être protégés« . Sophie Pantel propose ainsi que les louvetiers aient droit « à la protection fonctionnelle, si jamais il y avait un souci dans le cadre de l’exercice de leur mission« .
Autre point important, la possibilité de signer des conventions avec les employeurs, un peu sur le modèle des sapeurs-pompiers volontaires. « Quand ils sont envoyés en urgence et qu’il faut passer plusieurs jours et nuits sur une intervention, ils ne sont pas au boulot. Mais aujourd’hui, ils sont obligés de prendre sur leurs congés pour le faire« , détaille Sophie Pantel.
Fournir des équipements
Le texte comprend aussi la fourniture d’équipements de sécurité pour les louvetiers, ainsi que de tout ce dont ils peuvent avoir besoin tels que du matériel de tir ou des jumelles. « Ce qu’on propose, c’est un pool d’équipement départemental. » Dans la proposition de loi figure aussi la prise en charge des soins vétérinaires. « Si leurs chiens sont blessés, aujourd’hui, c’est à leur charge« , précise la députée de la Lozère.
Enfin, le texte a vocation à assouplir les conditions d’accès à la fonction de louvetier en supprimant l’obligation pour ces derniers d’être propriétaires de quatre chiens, ce qui peut par exemple dissuader certains jeunes chasseurs de s’engager. « Il faut avoir deux chiens pour chasser et deux chiens pour trouver les animaux morts. On souhaite qu’ils puissent utiliser des chiens d’autres collègues sans en être forcément propriétaires. »
Une proposition de loi transpartisane
La proposition de loi est transpartisane et a été signée par 108 députés issus de tous les partis, à l’exception du RN, de l’UDR et de LFI. Elle est même soutenue par quelques élus écologistes, comme Marie Pochon. « Dans les rapporteurs, j’ai proposé qu’il y ait à chaque fois un rapporteur par massif« , explique Sophie Pantel. Elle est en charge du Massif Central. « Ça permet qu’il y ait à la fois une logique par rapport au territoire et, politiquement, d’avoir l’appui de suffisamment de députés. »
« On n’en a pas fait un sujet clivant, en fait. Le sujet, ce n’est pas pour ou contre le loup, insiste la parlementaire. Le sujet, c’est réguler et doter celles et ceux qui travaillent pour l’État pour le faire dans de bonnes conditions. »










