La Manche connaît un début d’année meurtrier sur ses routes. Six vies perdues depuis janvier, 87 blessés, et une certitude : nombre de ces drames auraient pu être évités.
Face à ce constat, les pouvoirs publics ne veulent plus se contenter de messages de prévention. Ils renforcent leur présence sur les axes les plus exposés avec des opérations visibles et musclées.
Gros déploiement
Jeudi 9 avril 2026, vers 16h30, c’est à Saint-Hilaire-Petitville (Manche), sur la RD974, que la riposte s’est matérialisée. Un point névralgique de circulation où gendarmes et motards de l’escadron départemental de sécurité routière ont déployé un dispositif impressionnant.
Objectif : faire stopper sur-le-champ les comportements à risque : alcool, stupéfiants, téléphone portable au volant, excès de vitesse. Autour du rond-point de la Coquetterie, tout contrevenant savait qu’il jouerait gros.
« 2026 est plutôt moins accidentogène que 2025. Mais l’année dernière a été particulièrement noire. Aujourd’hui, déjà six personnes ont perdu la vie sur les routes », a rappelé le préfet, Marc Chappuis, aux côtés du colonel Yannick Prati, commandant le groupement de gendarmerie, tous deux soucieux de rompre avec la spirale de 2025.
37 excès de vitesse
Le bilan du contrôle parle de lui-même : 37 excès de vitesse (dont neuf entraînant la rétention du permis), deux conduites sous stupéfiants (cocaïne et cannabis), un défaut d’assurance, deux conducteurs sans permis, une immobilisation administrative du véhicule et 8 infractions mineurs. Rien d’exceptionnel, diront certains.
Mais ces chiffres illustrent un relâchement inquiétant.
Il faut marteler les consignes et rappeler que les forces de sécurité sont bien présentes pour réprimer. 585 permis ont déjà été retirés depuis le début de l’année.
Au-delà des chiffres, c’est le signal envoyé qui compte. Celui d’un État qui veut renouer avec la fermeté, dans un contexte où la route redevient le théâtre d’un certain laxisme. L’usage du portable et la banalisation des excès de vitesse traduisent une désinvolture inquiétante.
Marc Chappuis le sait, la pédagogie seule ne suffit plus : « La responsabilité première, c’est celle de tous les conducteurs. Il faut veiller à ce qu’on puisse rouler en toute sécurité et faire particulièrement attention aux autres usagers de l’espace public (piétons, cyclistes, motards et utilisateurs de trottinettes). »
Contrôles renforcés
Les prochaines semaines verront se multiplier les opérations sur les routes de la Manche, grâce notamment à l’arrivée de renforts en gendarmerie et à une présence accrue de la police dans les villes.
Un message clair : celui d’une reprise en main indispensable, avant que d’autres chiffres, plus tragiques encore, ne viennent noircir le bilan de 2026.
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