Un homme de 37 ans devait être jugé pour trafic de drogue au sein de la prison de Béziers. Son procès a été renvoyé au 24 avril. Il est incarcéré dans le cadre d’une affaire de violence conjugale.
Dans le box, le prévenu semble accablé en entrant dans la salle d’audience. Mains dans le dos, il se présente voûté devant les magistrats. On lui demande son nom et sa date de naissance, il répond. Ce seront ses seuls mots. Il ne veut pas parler. Il est poursuivi pour avoir détenu de la drogue alors qu’il est en détention à la maison d’arrêt de Béziers. C’est son avocat, Me Samuel Tallon, qui va prendre la parole. Son client demande que son affaire soit renvoyée à une date ultérieure.
En danger en prison
« Il peut être détenu sous bracelet électronique à son domicile. Cet homme vit un cauchemar en prison. Non, ce n’est pas sa peine qui pose problème. Ce son ses codétenus. Il est victime d’actes de tortures. On ne peut pas le laisser ainsi. Il risque sa vie. Il faut l’exfiltrer de cette prison qui est dangereuse pour lui, martèle l’avocat. C’est une victime dans cette histoire. Il est crucial de le sortir de là. Il peut être mis dehors immédiatement. »
Le parquet a requis le maintien en détention de cet homme de 37 ans pour s’assurer qu’il se présentera à l’audience. Le tribunal a suivi les réquisitions de ministère public. Le prévenu sera donc jugé le 23 avril pour avoir détenu des stupéfiants dans sa cellule.
Un quartier où les détenus ont la clé de leur cellule
Selon les informations recueillies par Midi Libre, une fouille de la cellule du prévenu a été organisée à la prison de Béziers. Une importante quantité de cannabis a été retrouvée au milieu des affaires de ce prisonnier. Et en détention, la drogue a une valeur bien plus importante qu’à l’extérieur. Elle représente non seulement un danger pour la sécurité, la santé, mais peut aussi être un levier de pression.
Petit problème, lors de cette fouille, le détenu est à l’extérieur de sa cellule et cette dernière est fermée à clé. Oui, un quartier de la prison de Béziers offre la possibilité, à chaque détenu, de fermer sa porte selon sa convenance. Et il a la clé de sa cellule. Le prévenu, lui, n’avait pas de quoi ouvrir sa pièce de vie. C’est un autre détenu qui était en possession de la clé. Cette dernière ne sera retrouvée, comme par enchantement, que le lendemain. « Mon client ne se drogue pas, insiste Me Tallon. C’est une mule, il refuse de participer à ce trafic et on le lui fait payer très cher. »




