Cheveux rasés, l’homme qui s’avance à la barre a le visage taillé à la serpe et des paluches de bûcheron. Les deux pieds ancrés dans le sol, il fait face à la présidente du tribunal.
Ce Vendéen de 58 ans, chef d’équipe dans une entreprise, est poursuivi pour des violences commises sur sa compagne les 8 et 10 novembre 2025, à son domicile de la commune de Rives-du-Fougerais.
« Addict au sexe et aux sites de rencontres », l’homme est entré dans une colère noire après que sa compagne lui a fait des remarques sur son téléphone qui bipait pour la énième fois.
Il a vrillé lorsqu’elle a prétexté vouloir débrancher son frigo pour quitter la maison. « Vous lui avez craché dessus puis léché le visage comme un animal », a lu la présidente du tribunal lors de l’audience du 19 mars 2026.
« Ils m’ont tendu un traquenard »
Lorsqu’elle a passé son visage sous le robinet, il lui a maintenu la tête sous l’eau en appuyant sur sa nuque avec son avant-bras. Un coup de pommeau a permis à la victime de se libérer. Les violences se sont reproduites deux jours plus tard. Alors qu’elle rentrait du travail, le prévenu lui a attrapé le pied pour la faire chuter dans les escaliers.
Après le premier épisode, la victime, apeurée, est allée se réfugier dans un supermarché. Alertés, les gendarmes de La Châtaigneraie ont procédé à l’interpellation de son conjoint. « Ils m’ont tendu un traquenard », s’est-il indigné à la barre. « Ils avaient la main sur l’arme comme si j’étais un forcené. »
La victime a abondé dans sons sens. « Son passage à la gendarmerie a été très traumatisant. Il n’a pas mangé pendant quinze jours après cela. »
« N’avez-vous jamais perdu vos nerfs »
Pour se dédouaner, l’homme violent a évoqué « le travail de nuit » de sa compagne qui « l’a fragilisée » et « ses excès de jalousie ». « Pour cela, je n’ai jamais porté plainte contre elle », a-t-il osé.
« C’est vous qui êtes là devant le tribunal, pas elle », a recadré la présidente. « Madame, n’avez-vous jamais perdu vos nerfs face à quelqu’un en colère ? » La juge, sèchement : « Ici, c’est moi qui pose les questions. »
Le prévenu a alors opté pour une autre approche. « On trouve notre attitude profondément stupide. » Hochement de tête de la victime. L’homme reprend : « On est venu ici main dans la main. On est allé au restaurant à La Roche-sur-Yon avant de venir au tribunal. » Elle insiste : « Franchement, c’est le jour et la nuit. Cet épisode l’a traumatisé. Il a fallu ça, ce déclic. »
Un épisode de strangulation inquiétant
Les propos n’ont pas rassuré le procureur de la République. « Il a fallu ça. C’est une expression qui inquiète particulièrement le ministère public », a-t-il insisté, avant de relever « une absence de remise en question » et « une inversion systématique des rôles ».
Pire, « il y a eu un épisode de strangulation. Ce qui veut dire 750 % de risques supplémentaires de passage à l’acte d’un féminicide ».
Le procureur a requis trois mois de prison avec sursis. « Je vois que M. le procureur fait de moi un coupable idéal », a tancé le prévenu. Le réquisitoire a été suivi à la lettre par la présidente qui a confirmé les trois mois de prison, assortis d’un sursis simple pendant cinq ans.
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