« Pour 2026, les objectifs du Codaf sont de lutter contre le travail illégal, la fraude sociale et le blanchiment argent. » Voici les grandes idées défendues par le procureur de la République de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), Julien Wattebled, qui a coprésidé la réunion annuelle du Comité opérationnel départemental anti-fraude du mardi 28 avril 2026, aux côtés du préfet des Côtes-d’Armor, François de Keréver.
Cette instance interministérielle a pour chevaux de bataille la lutte contre les fraudes aux prestations sociales, les fraudes fiscales, la contrefaçon, le trafic et le travail illégal.
Le travail illégal dans le viseur
« L’année dernière, un gros effort a été fait sur le contrôle de certains établissements qui ne respectent pas le Code du travail : restauration rapide, épiceries ou barber shop notamment », explique le préfet.
Cette traque du travail dissimulé et de la non-déclaration de revenus a marqué l’année 2025 pour le comité costarmoricain. « Les infractions les plus courantes sont la dissimulation d’activités », complète le procureur en donnant l’exemple de la fermeture d’un barber qui n’avait pas déclaré ses rentrées d’argent. La dissimulation du travail, elle, se retrouve notamment dans les secteurs de l’hôtellerie, du bâtiment et du transport.
L’année dernière, le Codaf a mené 111 opérations de contrôle du travail illégal et a effectué trois fermetures administratives. Le procureur assure que les contrôles et les sanctions continueront en 2026 : « Depuis quatre mois, nous en avons déjà fait six fermetures administratives. »
34 millions d’euros
Le bilan de la fraude aux finances publiques détectées en 2026 à l’échelle du département s’élève à 34 millions d’euros.
Selon le Codaf, 8,7 millions d’euros de fraudes sociales ont été constatés quand 7,7 millions d’euros ont pu être évités.
« Des alternatives pour les gens de bonne foi »
Le Comité qui est constitué de la cellule de lutte contre les fraudes de la préfecture, des parquets de Saint-Brieuc et de Saint-Malo, ainsi que de services de l’État comme la Dreal, la Caf, l’Urssaf, etc., annonce des objectifs similaires à 2025 pour cette année.
Si la lutte contre le blanchiment d’argent, la fraude sociale et le travail illégal reste au cœur des actions, les méthodes, elles, s’affinent.
C’est le partage d’informations entre les partenaires qui fait l’efficacité du dispositif.
« On met en place des alternatives aux poursuites pour les gens de bonne foi. On veut centrer nos actions sur ceux qui ont vraiment de mauvaises intentions », indique Julien Wattebled. « Notre but commun est de restaurer une concurrence loyale et saine pour les entreprises et de réguler le paiement de prestation. Mais, on ne va pas verser de prestations aux gens qui mentent. »
XX XX XX/a>.









