La fréquentation de Escale à Sète 2026 atteint 342 000 visiteurs du début jusqu’à dimanche, selon l’Office de tourisme, avec un pic de 75 000 personnes ce jour-là. Wolfgang Idiri, le créateur du festival salue une affluence maîtrisée, privilégiant la qualité culturelle, les 120 animations quotidiennes et 1 000 ateliers gratuits, ainsi que le respect des valeurs et de l’esprit du festival.
Parlons tout d’abord chiffres. Avez-vous ceux de la fréquentation de cette édition 2026 d’Escale à Sète ?
Il y a deux ans nous avions accueilli 280 000 visiteurs. Il y a quatre ans 438 000. Selon les derniers chiffres communiqués par l’Office de tourisme qui a accès aux données des relais téléphoniques, nous en sommes à 342 000 du début du festival à dimanche. Dimanche, il y a eu 75 000 personnes sur site. Il nous manque les chiffres de lundi. Nous sommes vraiment contents de cette affluence. Mais nous restons dans notre ligne de conduite de ne pas trop grossir pour que les personnes puissent circuler et profiter des ateliers et des villages.
La fréquentation et les retombées économiques, c’est très bien mais ce qui nous importe le plus ce sont les retombées en termes de quantité de stands et de qualité de ce qu’ils ont proposé. Escale à Sète, c’est 120 animations gratuites tous les jours et 1 000 ateliers gratuits sur la semaine. On offre au public un maximum d’activités autour de la transmission. C’est dans la lignée du patronage de l’Unesco. La qualité du contenu du festival est notre fil conducteur. Et on est en train d’y rajouter la démarche pour obtenir le label RSE.
« Ce n’est jamais facile mais il faut savoir dire non »
Justement, pour cette année, les villages étaient particulièrement intéressants en termes d’informations culturelles et d’échanges. C’était le but recherché ?
C’est le principal moteur de nos bénévoles. Remplir une sorte de mission d’intérêt général. Nous sommes aux antipodes d’une manifestation mercantile. Nous avons énormément travaillé pour nous conformer à cette ambition. Nous avons augmenté le nombre de délégations locales et internationales et nous avons demandé à tout le monde d’augmenter leurs valeurs culturelles. Nous avons été plus fermes sur nos convictions. Pour cela, nous avons pris le temps d’expliquer en prévention. On a envoyé des courriers. On a multiplié les échanges. Ce n’est jamais facile, mais il faut savoir dire non. Et on a même monté une brigade qui passait contrôler les stands. Elle faisait remonter ce qu’il n’allait pas. Et supprimer même ce qui ne convenait pas. Mais c’est pour la bonne cause. C’est pour le respect de l’esprit du festival et de ses valeurs.
La nouveauté de cette édition, c’est l’appropriation du quai Herber. Quel bilan en tirez-vous ?
Il a permis de mieux diriger le public. Il a permis de tout fixer dès le mardi pour éviter les déplacements que l’on avait avant des bateaux durant le festival. C’est beaucoup plus pratique en termes d’organisation. Et il a permis de tourner la manifestation vers le cœur de ville.
En préparation de cette édition, les pêcheurs nous avaient demandé de pouvoir rester à leurs places, quai de la Marine, et de ne pas bloquer le parking de la criée avant le samedi. Escale à Sète a pour vocation de défendre avant tout les gens de mer. Accepter leurs demandes, surtout dans le contexte actuel, c’était la priorité qui passait avant tout le reste. Les pêcheurs nous ont d’ailleurs aidés à trouver des solutions. Ils ont libéré le quai Herbert. Et cela a bien marché avec la participation des riverains qui ont été bienveillants. Entre la construction et le démontage des villages, ils ont subi des contraintes mais cela s’est bien passé.
« C’est plus facile de venir de Libourne que de Brest »
L’Italie était le pays invité d’honneur. Finalement, il n’y a pas eu de gros bateaux. Quel est votre sentiment ?
Oui nous sommes déçus. On avait tellement travaillé pour cela. On a fait des voyages, des visites, des courriers appuyés par des ambassadeurs, des chefs d’Etat major… On avait également construit un village italien conséquent, il n’était pas comme les autres. Je remercie l’équipage du Corsaro II qui s’est impliqué à 300 % mais il n’y avait pas ces bateaux dont on rêve depuis seize ans. Le capitaine du Nave Italia, en panne, en était très malheureux. Il a même essayé de venir au dernier moment. J’espère qu’un jour ce ne sera pas impossible d’accueillir ici les plus grands navires de la marine italienne. En tout cas, on a montré qu’on pouvait les recevoir et que nous sommes opérationnels. Escale à Sète 2028 aura lieu du 11 au 18 avril. Il suffit de pouvoir s’organiser en conséquence. La Marine nationale française y parvient. Et à mon avis, c’est plus facile de venir de Libourne que de Brest…
Avez-vous déjà des pistes pour l’invité d’honneur de 2028 ?
À Escale à Sète, on ne se repose jamais même si après la parade on a tous un petit baby blues. Pendant le festival, on a rencontré sur site ou dans le bureau du maire plusieurs représentants de délégations internationales. Du Portugal, de la Roumanie, de la Colombie, du Japon, de l’Espagne, de Slovénie. Concrètement, le plan stratégique pour 2028 devra être réglé d’ici la fin de l’année.
Bref, celui qui dégainera le premier sera invité d’honneur…
Oui. Mais on veut le savoir le plus tôt possible pour pouvoir construire avec lui ses conditions d’accueil et surtout comment valoriser son village dédié. Que mettre dedans… Ce ne sont pas les bateaux qui font les invités d’honneur, c’est le fond. Et puis si deux délégations se présentent avec de belles unités et des ambitions culturelles et de transmissions élevées, on peut imaginer avoir deux invités d’honneur.






